|
| |
Prières
Editoriaux parus dans le journal paroissial Chemin Faisant
Textes divers
PRIERES
Dire la foi(mai 2012)
"Lire la prière"
Et voici Pâques(avril 2012)
"Lire la prière"
Je me rends(mars 2012)
"Lire la prière"
Tendresse et bénédiction(novembre 2011)
"Lire la prière"
Résister à la violence(septembre 2011)
"Lire la prière"
Pour ouvrir le monde à ta Parole....(mai 2011)
"Lire la prière"
Seigneur, qu'est-ce qui peut nous faire changer ?(avril 2011)
"Lire la prière"
Donne.(mars 2011)
"Lire la prière"
On fait le ménage.(février 2011)
"Lire la prière"
Vis le jour d'aujourd'hui...(janvier 2011)
"Lire la prière"
Mon Jésus; beaucoup de gens se sont réjouis...(décembre 2010)
"Lire la prière"
Loué sois-tu, Seigneur,... (novembre 2010)
"Lire la prière"
La prière du défi Michée
"Lire la prière"
Prière devant un billet de cent Euros (octobre 2010)
"Lire la prière"
Prenez le temps de jouer... (septembre 2010)
"Lire la prière"
Partir (juin-juillet-août 2010)
"Lire la prière"
J'ai dit à Dieu ... mai 2010
S'asseoir pour oser risquer ... avril 2010
Rire, c'est prendre le risque de ... mars 2010
Apprends-moi, Seigneur,... février 2010
Prière pour un mouvement oecuménique janvier 2010
Comme un phare dans la nuit décembre 2009
Prière pour la paix lors de la célébration oecuménique du 11 novembre 2009 à Deuil la Barre
La vie à partager novembre 2009
Aimer octobre 2009
Seigneur, chaque jour... septembre 2009
Prière pour l'église juin-juillet-août 2009
PENTECÔTE mai 2009
Il meurt lentement celui qui ... avril 2009
Mon Père et mon Sauveur, prière de Jean Calvin mars 2009
Savez-vous que la présence d'un prochain... février 2009
L'union des chrétiens janvier 2009
Hymne à la vie décembre 2008
envoi du culte du 2 novembre 2008 animé par Marie Draghi
Ce que je crois novembre 2008
Pour aujourd'hui seulement octobre 2008
Seigneur, excuse-moi si je te dérange... septembre 2008
Prière de louange juin 2008
Une prière à l'Esprit Saint mai 2008
Au cœoeur de la terre avril 2008
Où es-tu Seigneur ? mars 2008
D'où viens-tu, ma sœur, mon frère ?... février 2008
Accueillir l’an nouveau janvier 2008
Toi, l'enfant de Bethléem, ... décembre 2007
Seigneur, tu me dis : confiance ! novembre 2007
Si la note disait... Chemin Faisant, octobre 2007
Silence... car Dieu a parlé Chemin Faisant, septembre 2007
Cueille le temps Chemin Faisant, juin 2007
Si un enfant ... Chemin Faisant, mai 2007
Il faut se lever avec Lui,... Chemin Faisant, avril 2007
Que ta volonté soit faite Chemin Faisant, mars 2007
Seigneur, nous rêvons toujours ... Chemin Faisant, février 2007
Le vitrail de ma vie Chemin Faisant, janvier 2007
NOËL Chemin Faisant, décembre 2006
Reprendre haleine Chemin Faisant, novembre 2006
La parabole des musiciens Chemin Faisant, octobre 2006
Les deux souris Chemin Faisant, septembre 2006
Carte postale Chemin Faisant, juin-juillet-août 2006
Ne dis pas... Chemin Faisant, mai 2006
Je n'ai plus peur de la mort Chemin Faisant, avril 2006
Aimer les hommes Chemin Faisant, mars 2006
Accorde-nous la paix Chemin Faisant, février 2006
Dieu du temps et de l'histoire Chemin Faisant, janvier 2006
Peut-être fallait-il que l'enfant naisse de nuit Chemin Faisant, décembre 2005
L'Église comme une très grande famille Chemin Faisant, novembre 2005
Prière pour la paix Chemin Faisant, octobre 2005
Graine d'espérance Chemin Faisant, juin 2005
Seigneur... Chemin Faisant, mai 2005
Ne vis pas sur cette terre... Chemin Faisant, avril 2005
Résurrection Chemin Faisant, mars 2005
De Dos Chemin Faisant, février 2005
L'usage des temps Chemin Faisant, janvier 2005
Gloire à toi, ô Christ ! Chemin Faisant, décembre 2004
Joie Chemin Faisant, novembre 2004
Homonymie - Crois/Croix Chemin Faisant, octobre 2004
Voyage extraordinaire Chemin Faisant, septembre 2004
O grand esprit Chemin Faisant, juin 2004
"Mission impossible, possible", Expressions de foi de l'Eglise universelle. DEFAP Chemin Faisant, mai 2004
"Pâques", Paroles liturgiques pour aujourd'hui. Genève, 1997" Chemin Faisant, avril 2004
Prière d'intercession de la Journée Mondiale de Prière 2004 (Panama) 5 mars 2004
Petite veille sur le monde Prière des Diaconnesses lors du culte du 11 janvier 2004
Seigneur, je suis comme une arbre, ... Chemin Faisant, février 2004
Pour commencer, ... Chemin Faisant, janvier 2004
Dieu cachéChemin Faisant, décembre 2003
Aller vers ... Chemin Faisant, novembre 2003
Prière que la Bible s'ouvre Chemin Faisant, octobre 2003
Prière de Michel Quoist Chemin Faisant, septembre 2003
Il y a la mer…..Chemin Faisant, juin 2003
Fais Seigneur, ... Chemin Faisant, mai 2003
Dire Dieu
La danse du semeur
EDITORIAUX de CHEMIN FAISANT
Résurrection ou apparitions (mai 2012)
"Lire l'éditorial"
Pâques (avril 2012)
"Lire l'éditorial"
Engagez vous ! (mars 2012)
"Lire l'éditorial"
Quelques réflexions sur la Cration, de la Bible au Coran (novembre 2011)
"Lire l'éditorial"
L'instant T (septembre 2011)
"Lire l'éditorial"
Le courage de changer ses habitudes (mai 2011)
"Lire l'éditorial"
La compassion d'abord (avril 2011)
"Lire l'éditorial"
Ouverture (mars 2011)
"Lire l'éditorial"
Venez prendre votre place ! (février 2011)
"Lire l'éditorial"
Interdit de se retourner ? (janvier 2011)
"Lire l'éditorial"
Apprendre l'humilité (décembre 2010)
"Lire l'éditorial"
"La seconde chance." (novembre 2010)
"Lire l'éditorial"
"Le grâce n'a pas de prix. L'Eglise a un coût." (octobre 2010)
"Lire l'éditorial"
"Choisis la vie" (septembre 2010)
"Lire l'éditorial"
Eté, joies et soucis (juin-juillet-août septembre 2010)
"Lire l'éditorial"
Pentecôte : nous ne sommes pas propriétaires de l'Evangile mai 2010
La cause de l'humanité avril 2010
La joie de créer du nouveau mars 2010
"Rachetez le temps, car les jours sont comptés" février 2010
C'est vous qui êtes témoins janvier 2010
A Noël réchauffons nos coeurs... pas la planète ! décembre 2009
Le message chrétien à la recherche d'une nouvelle créativité novembre 2009
Être jeune, chrétien et bien dans sa peau - c'est possible ?! octobre 2009
Papa Dieu - Maman Eglise ? juin-juillet-aôut 2009
Fidélité et renouveau mai 2009
Des miettes d'éternité avril 2009
Mini-démocratie mars 2009
Désespérer de l'humanité ? Ou espérer quand même ? février2009
Plusieurs Eglises, une même espérance janvier 2009
Noël : courage et joie de la découverte décembre 2008
La crise, la solidarité, la fête novembre 2008
Le temps qui blesse et le temps qui guérit octobre 2008
Autour d'une table… septembre 2008
En été nos routes s'éloignent... et se rejoignent juin 2008
Pentecôte, la fête de l’Etincelle ! mai 2008
Protestants en débat avril 2008
Pâques : l'espérance s'est faite chair mars 2008
Nous habituer les uns aux autres février 2008
Les chrétiens s'associent janvier 2008
Libérez Noël ! décémbre 2007
Conte chinois novembre 2007
Êtes-vous important ? octobre 2007
Garder l'essentiel septembre 2007
La louange de la création juin 2007
Le dialogue, encore et toujours mai 2007
La terre tremble avril 2007
Remerciements cordiaux ! mars 2007
Proclamer la Bonne Nouvelle par le service février 2007
Souhaitons-nous une bonne année – proclamons la Bonne Nouvelle janvier 2007
Noël, un signe d'espérance décembre 2006
Ressourcer novembre 2006
La musique, langage universel ou marqueur d'identité ? octobre 2006
Parole, parentalité, espérance –Quels repères pour les familles ? septembre 2006
Dieu n'a pas de petits-enfants.Il n'a que des fils et des filles. juin-juillet-août 2006
Des vies jetables ? "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce"… mai 2006
D'où venons-nous ? Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? Le Sauveur nous précède … avril 2006
Est-ce que ça vaut la peine de s'engager ? mars 2006
Surmonter la violence ? février 2006
Notre temps et notre prière janvier 2006
Bienveillance et bonne volonté décembre 2005
Quelle tuile ! novembre 2005
De quelle couleur est le visage de mon prochain ? octobre 2005
Confie à Dieu ta route septembre 2005
La vitalité des Églises juin 2005
Relire son histoire pour y lire les traces de Dieu mai 2005
Croyez-vous à la grâce de Dieu ? avril 2005
La résurrection, une simplicité déconcertante mars 2005
Réflexion de Carême : Dieu aussi fait l'expérience de l'anéantissement février 2005
Regarder vers le passé, ou vers l'avenir ? janvier 2005
Il naît dans le dénuement décembre 2004
La porte est ouverte novembre 2004
Christ, notre médiateur - Christ, notre paix octobre 2004
La route vers notre prochain deviendra-t-elle un voyage extraordinaire ? septembre 2004
Les deux visages de l'été Juin 2004
Pourquoi le Christ devait-il souffrir pour entrer dans sa gloire ? Mai 2004
Pâques, la protestation contre la mort Avril 2004
Le don, engagement pour l'avenir ? Mars 2004
Tout change – changerons-nous ? Février 2004
Prière pour l'unité des chrétiens : une conviction ? une lassitude ? une exaspération ?" Janvier 2004
Noël - cadeaux Décembre 2003
Sais-tu ce qui vieillit le plus vite chez les humains ? Novembre 2003
Quelle distance y-a-t-il entre la Bible et nous ? Octobre 2003
"Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis,
pour la gloire de Dieu." (Romains 15,7) Septembre 2003
L'été : vacances, repos et engagement Juin 2003
Nous rencontrer malgré nos différences,ou grâce à elles ? Mai 2003
La résurrection contrastée et contestée Avril 2003
La Bible, «Ancien» et «Nouveau» Testament Octobre 2002
S’engager à long terme ? Septembre 2002
Reconnaissance Juin 2002
"L'œil ne peut pas dire à la main : "Je n'ai pas besoin de toi", ni la tête dire aux pieds : "Je n'ai pas besoin de vous." (I Corinthiens 12, 21) Février 2002
TEXTES DIVERS
Prière de la 9ème assemblée du Conseil œcuménique des Églises Porto Alegre (Brésil) février 2006
Une rencontre bien difficile Michaël Schloesing
La violence produite par certains jeunes a-t-elle du sens ? Edith Tartar-Godet
Réforme Entretien avec le président de la FPF
Sourire Chemin Faisant, septembre 2005
Thème biblique : "Le peuple élu – un privilège exclusif ?" Chemin Faisant, juin 2005
Mémoire et actions de grâce CONTACT, bulletin de la paroisse d'Annemasse (Haute Savoie), N°5/2004
Dialogue sur le baptême entre Églises protestantes Chemin Faisant, décembre 2004
Baptême et Cène dans les Eglises de la FPF Chemin Faisant, septembre 2003
J'ai dit à Dieu... Chemin Faisant, mai 2010
J'ai dit à Dieu
Que sa Pentecôte ne valait pas grand-chose
Et que son Esprit n'était pas efficace,
Que toutes ces guerres, ces gens qui meurent de faim
Cette drogue et tous ces assassins...
Dieu m'a répondu :
C'est à toi que l'ai remis mon Esprit,
Qu'en as-tu fait ?
Qui fera la justice
Si tu ne commences pas à être juste ?
Qui fera la vérité
Si tu n'es pas, toi, sincère ?
Qui fera la paix
Si tu n'es pas en paix avec toi-même et avec tes frères ?
C'est toi que j'ai envoyé porter la Bonne Nouvelle !
Le Souffle, qui a mis en route au jour de la Pentecôte
une poignée d'hommes et de femmes pour en faire
les témoins d'une Bonne Nouvelle, peut encore aujourd'hui
inspirer nos paroles et nos actions.
Pour autant que nous restions disponibles à sa présence.
Pentecôte : nous ne sommes pas propriétaires de l'Evangile Chemin Faisant, mai 2010
Les miracles dans la Bible peuvent - et doivent se lire sur plusieurs niveaux. La compréhension au pied de la lettre n'est pas à dédaigner Beaoucoup de croyants font, à travers un vécu qualifié de miraculeux, une exoérience authentique de libération offerte par Dieu. Dans ce cas, le miracle biblique correspond au message de Pâques : Dieu refuse la fatalité et se montre vainqueur des forces de la mort. Mais la compréhension métaphorique, la recherhce du sens figuré, ouvrent à un horizon de dialogue plus large. Ce que le récit du miracle biblique peut nous dire, de manière renouvelée dans chauqe génération, s'avère ainsi infiniment plus riche que ce que le miracle a fait en son temps.
Je me pose cette question à propos du miracle de la Pentecôte.Que nous disent ces langues de feu qui descendent du ciel, ces autres langues dans lesquelles parlent les apôtres, et enfin ces langues maternelles et ces dialectes dans lesquelles les auditeurs entendent le message, chacun dans sa langue, et pourtant, tous ensemble ? Pour moi, ce récit nous dit: un couvercle a sauté. Enfin. Voilà une foule qui n'est plus enfermée dans les ségrégations et les nationalismes, dans les préjugés et les incompréhensions religieuses. Voilà des gens, juxtaposés, qui se découvrent partie prenante d'une unité. Voilà aussi des disciples de Jésus, si souvent obtus et craintifs dans le passé, qui comprennent et qui osent. Ils transmettent le message de l'Evangile. Ils le transmettent à toutes les langues, toutes les cultures. Ils prennent ce risque. Ce sera souvent très peu confortable. Mais c'est le projet de Dieu : la Bonne Nouvelle doit être confiée aux autres. Elle ne "sonnera" pas pareil. Mais elle se sera d'autant plus incarnée.
Nous faisons cette expérience quand nous sommes interpellés au sujet de notre foi et de notre vie d'Eglise par les chrétiens venus d'autres pays et continents. La découverte de l'Evangile avec d'autres accents, et puis le chemin que nous parcourons ensemble nous fait dire :
Nous ne sommes pas les propriétaires de l'Evangile. Nous en sommes les passeurs. C'est beaucoup plus heureux !
Joyeuse Pentecôte
Bettina Cottin
S'asseoir pour oser risquer... Chemin Faisant, avril 2010
S'asseoir pour oser risquer
Seigneur Jésus,
Pour révéler le mystère du Royaume de Dieu,
Tu as pris beaucoup de risques !
Tu as risqué l'éternité dans le temps,
Tu as risqué l'invisible dans un visage d'homme,
Tu as risqué le divin dans un corps humain.
Tu as risqué la Parole dans la fragilité de nos mots,
Tu as risqué la bonté de Dieu
Dans la banalité de gestes quotidiens.
Tu as même pris le risque
D'être récupéré, mal interprété, défiguré.
Seigneur, depuis ton incarnation,
Comment te suivre sans prendre des risques ? Donne-moi le goût du risque
Et le courage de le prendre en toute lucidité. Donne-moi de risquer mon coeur,
Mon intelligence et ma raison,
De risquer mes biens, mon avenir
Et ma réputation,
De risquer l'hostilité, l'indifférence et même la croix.
Mais
Tant de risques,
Tu le comprends bien,
Demandent réflexion,
Tant de risques
Méritent que je prenne le temps de m'asseoir
Pour accueillir,
Dans le silence de la prière,
Ton Esprit,
Source et force de mes choix,
Pour en vérifier les fondations.
Accorde-moi la grâce
De bâtir ma vie
sur le roc de ta Parole, De durer en ta Présence,
De commencer et d'achever
L'ouvrage de ma vie
Avec Toi.
Michel Hubaut, Franciscain
La cause de l'humanité Chemin Faisant, avril 2010
Peut-on avoir confiance dans les réligions ? Ces derniers temps, plusieurs nouvelles nous ont atteintes qui remettent très fortement cette confiance en doute. Les violences intercommunautaires au Nigéria entre chrétiens et musulmans, les cas de pédophilie de plus en plus nombreux dénoncés dans les institutions catholiques, les attaques contre l'imam de Drancy depuis qu'il s'est prononcé contre le voile intégral - comment ne pas comprendre les personnes qui sont sceptiques vis-à-vis de toute religion, quelle qu'elle soit ? Comment ne pas réfléchir à leur point de vue, qui ne voit pas dans les religions qu'un fatras d'affirmations idéoligiques, destinées à mainteneir l'humanité dans la peur, l'obscurantisme et la soumission ?
En tant que protestants, nous devons prendre ces doutes et ces remises en question très au sérieux. Notre foi doit se confronter aux questions de la raison, et surtout à l'exigznce des droits humains. Notre théologie, notre message doit pouvoir donner des réponses honnêtes, réfléchies, responsables. Et nous tous, en tant que croyants, nous devons témoigner de nos convictions à travers notre vie.
Le message de la Bible nous présente un Dieu dont le souci principal est le salut de l'humanité. Ce souci le conduit, en Jésus Christ, à devenir l'un de nous, à partager notre humanité, de la naissance à la mort. La vie, les actes et les paroles de Jésus Christ, incarnent encore et toujours le message de salut et de libération de la part de Dieu ; c'est pourquoi il est dit que le "Règne de Dieu" commence parmi les humains avec la venue de Jésus Christ.
Ce mois-ci, nous fêtons Pâques. Nous célèbrons la réssurection de Jésus Christ comme victoire sur la mort, et sur toutes les puissances mortifères présentes dans notre monde et notre humanité. Cette célébration ne doit pas rester sans lendemain. Elle doit déboucher sur des actes concrets, témoignant de notre engagement pour la vie et l'intégrité des plus faibles. Je panse à l'ACAT, Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture. Je pense au témoignage de paix venant du Nigéria et racontée dans le film "L'imam et le pasteur", que nous verrons prochainement avec les catéchumènes. Je pense qux initiatives interreligieuses contre la violence dans nos banlieues. L'espoir est incarné dans ces multiples initiatives. Rejoignons-les, au nom de notre Dieu qui se soucie avant tout de l'humanité.
Avec tous mes voeux de Pâques pour vous. Bettina Cottin
Rire, c'est prendre le risque de... Chemin Faisant, mars 2010
Rire, c'est prendre le risque de passer pour un fou.
Pleurer, c'est risquer de paraître sentimental.
Aller vers l'autre, c'est risquer d'être repoussé.
Exprimer ses sentiments c'est se mettre à nu.
Exposer ses idées, ses rêves devant une foule,
c'est risquer de les perdre.
Aimer, c'est prendre le risque de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c'est risquer la mort.
Espérer, c'est risquer le désespoir.
Essayer, c'est risquer d'échouer.
Mais le plus grand des risques,
c'est de ne rien risquer.
Celui qui ne risque rien,
ne fait rien, n'a rien et n'est rien.
Seul l'homme qui risque est vraiment libre.
Pastorale de la rue, Lausanne
La joie de créer du nouveau Chemin Faisant, mars 2010
Ce mois-ci, Chemin Faisant vous apporte beaucoup d'informations au sujet de l'animation de jeunesse, et en particulier une présentation du scoutisme unioniste. L'épanouissement de l'enfant et du jeune, et son éducation pour qu'il devienne une personne responsable, tiennent une place centrale dans le projet de vie de ce mouvement.
Au niveau de la vie d'Église, les différentes activités de la catéchèse (éveil à la foi, école du dimanche, catéchisme) participent de ce même idéal éducatif. Nous ne voulons pas offrir une école parrallèle, mais un espace plus ouvert, plus récréatif aussi puisque lié à la communauté, et enfin un espace de recherche personnelle et de découverte.
Ces enfants et ces jeunes vont alors créer par eux-mêmes quelque chose de nouveau. Une expérience de foi, une compréhension de la Bible, des orientations dans la vie qui sont le propre de leur âge, qui appartiennent à leur génération. Et c'est alors pour ceux qui les animent, les encadrent, les enseignent, une expérience passionnante que d'accompagner cette création. C'est en même temps un privilège de les soutenir et les inspirer dans leur recherche.
Trouverons-nous, dans notre paroisse, suffisamment d'adultes (jeunes et moins jeunes) pour s'engager dans l'animation et la catéchèse, pour prendre part à l'aventure de la création de quelque chose de nouveau ?
Avec vous, je crois que c'est possible !
Bettina Cottin
Apprends-moi, Seigneur,... Chemin Faisant, février 2010
Apprends-moi, Seigneur,
à bien user du temps
que tu mes donnes pour travailler
et à bien l'employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées,
sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir sans me tourmenter,
à imaginer l'oeuvre sans me désoler, si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide-moi au départ de l'ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au coeur du labeur, à tenir bien serré le fil de l'attention.
Et surtout, comble toi-même les vides de mon oeuvre :
Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
laisse une grâce de toi pour parler aux autres,
et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
(Prière monastique du XIIe siècle)
"Rachetez le temps, car les jours sont mauvais." Chemin Faisant, février 2010
Cette phrase de l'épître aux Ephésiens (5, 16) s'explique à l'origine par la situation des premiers chrétiens : ils étaient souvent persécutés à cause de leur foi et ils espéraient le retour de Jésus et la fin du monde pour bientôt. A leur sentiment de fragilité et d'impuissance répondait l'espérance. Elle leur donnait le courage de s'engager dans le monde. "Racheter le temps, c'est le réclamer pour Dieu. C'est dire haut et fort - et le montrer par ses actes - que le temps n'appartient pas aux puissants de ce monde, mais qu'il appartient à ceux qui aiment leur prochain!
Aujourd'hui, la partie semble perdue pour Dieu ! Le verset biblique a été coupé en deux, et on a gardé la première moitié : Time is money - le temps, c'est de l'argent. Une pression insupportable pèse sur beaucoup de personnes qui travaillent. La rentabilité financière à très court terme, l'exdercice du pourvoir dans l'entreprise, la peur du chomâge cassent littéralement le salarié. "Les jours sont mauvais". Mais comment "racheter le temps" ? On se sent si impuissant - si pauvre ! Et si seul.
Je crois en effet qu'en dehors d'une communauté, il est très difficile de retrouver son temps. Cette communauté peut être la famille, les amis, une association, un groupe d'action - et aussi l'Eglise. Ensemble, nous pouvons être plus forts, plus courageux, plus imaginatifs aussi. Rachetons le temps, en négociant de toutes nos forces - pour Dieu, pour l'amour du prochain, pour la solidarité, pour nous.
.
Dans votre Eglise, on ne veut pas vous prendre du temps - mais au contraire, vous en donner ! Venez le partager, et, ensemble, rendons au temps son humanité.
Bettina Cottin
C'est vous qui êtes témoins Chemin Faisant, janvier 2010
C'est une parole d'envoi de Jésus le Ressuscité à ses disciples (Luc 24, 28). C'est aussi le mot d'ordre de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2010. Etre témoins, cela peut être une charge, un engagemetn, uen source d'anxiété, aussi.
Etre témoin pour Jésus Christ, c'est avant tout une joie. Nous témoignons pas de nous-mêmes, mais de ce que nous avons vu, expérimenté, de ce qui nourrit notre vie. Comme la petite lumière "témoin" sur les appareils électriques, qui indiquent qu'ici, il y a du courant. Mais une chose est certaine : nous ne pouvons plus être témoins seuls dans notre coin. Les jeunes d'aujourd'hui exigent une ouverture à chaque instant. Ils veulent voir nos engagements en réseau, nos contacts interreligieux, nos initiatives conjointes entre Eglises, oeuvres et mouvements.
Le chacun pour soi n'est plus toléré. Et c'est tant mieux !
Au niveau des collaborations oecuméniques aussi, être témoins ensemble s'impose. Notre paroisse est bien placée pour le savoir, et pour l'expérimenter en permanence. Nos nouvelles activités, le groupe de maison et Jeunesse et musique, se nourrissent résolument de l'ouverture d'horizon oecuménique. Alors, la célébration du 21 janvier sera l'occasion de remercier Dieu pour cette ouverture qu'il nous donne, ici dans notre secteur, en vue de la proclamation plus efficace de la Bonne Nouvelle.
Chers amis paroissiens et lecteurs, recevez pour cette année 2010, les voeux fraternels de la part des responsables de la paroisse, du conseil presbytéral et de moi-même.
Bettina Cottin
A Noël, réchauffons nos coeurs...pas la planète ! Chemin Faisant, janvier 2010
Paradoxalement, la fête de Noël n'apporte pas la joie et la paix à tout le monde. Et en particulier, elle crée un pic de pollution et de dépense d'énergie qui contribue à mettre en péril l'équilibre de notre planète. Comment témoigner, en tant que chrétiens, de notre vraie joie de Noël, face à ce défi climatique ? C'est la question que se pose, depuis maintenant cinq ans, un collectif d'associations et mouvements chrétiens, réuni dans l'initiative "Noël autrement".
Le kit d'animation propose pllein de questions, de réflexion et d'idées d'action pour ce temps de Noël. A tous est commun le souci de ne pas faire dépendre la joie de Noël d'une consommation exagérée d'énergie, de marchandises, de viande..., de donner priorité au commerce équitable, de restreindre l'usage des matières plastiques, ainsi que de privilégier la qualité des cadeaux par rapport à la quantité.
Ces campagnes de sensibilisation ont le don d'exaspérer bon nombre de personnes, même chrétiennes. Car elles considèrent justement le temps de la fête comme un moment où il ne devrait y avoir d'interdictions, fussent-elles bien intentionnées, et où on devrait oublier les soucis. Et puis, on doute : est-ce que nos petits gestes ont vraiment un sens et un impact ? Il me semble, d'une part, que cette exaspération réagit à un type de spiritualité ("tu dois" - tu ne dois pas) qui est depuis longtemps dépassée dans le protestantisme ! La grâce de Dieu nous rend véritablement libres - libres pour agir en responsabilité, sans complexes.
D'autre part, demandons-nous ce qui se serait passé si, en son tmeps, le Christ avait fait part de ses doutes à son Père : "Papa, faut-il vraiment que j'aille naître à Bethléem ? Ne crois-tu pas que ton idée de salut est d'avance condamnée à l'échec ? Tu connais les humains - vraiment Papa, ça ne peut pas marcher, non ?" Heureusement pour nous qu'Il n'a pas cédé à tous les doutes possibles à notre sujet et qu'Il est venu parmi nous - pour nous - pour notre joie et notre salut !
Prière pour un mouvement oecuménique Chemin Faisant, janvier 2010
Dieu tout puissant nous te prions pour
Les rencontres inter-églises en Vallée de Montmorency, l'animation oecuménique d'Epinay, la pastorale du Val d'Oise, le conseil des Eglises chrétiennes en France,le conseil oecuménique des Eglises....
vase de terre, fragile, défectueux, incomplet...
mais ayant pourtant la vision de l'unité.
Nous luttons pour devenir tout ce que nous pourrions être.
Nous prions pour le don de l'amour,
afin de nour faire mutuellement confiance
et d'avoir le souci les uns des autres.
Nous prions pour le don de la patience,
afin de nous entendre et de nous répondre les uns aux autres.
Nous te prions pour le don du courage,
afin d'être audacieux dans notre travail et dans notre témoignage.
Nous te prions pour le don de l'humilité,
afin d'accepter ce qui ne peut être changé.
Nous te prions pour le don de la grâce,
afin de nous réjouir de notre commune humanité.
Nous te prions pour le don de la foi,
afin de croire que nous deviendrons un.
Nous te prions pour que Tu veilles sur le mouvement oecuménique
et que Tu nous rendes pleinement tiens.
Amen
d'après Célébrer la communauté publication de la commission Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Eglises.
Comme un phare dans la nuit Chemin Faisant, décembre 2009
Seigneur notre Dieu, nous voici devant toi,
Hommes et femmes souvent perdus dans la pénombre
Des à peu près, de l'incertain et de l'éphémère.
L'obscurité nous entoure toujours,
Dissimulant l'espoir possible, masquant la rencontre
Qui nous relèverait. Et pourtant, Seigneur, tu es là.
Comme un phare dans la nuit,
Ta lumière guide notre route,
Mais nous ne voyons souvent que la lueur passagère.
Fais grandir en nous la confiance,
Celle qui met le cap sur la clarté,
A l'horizon de nos existences.
Alors nous serons ensemble face à toi,
Et non plus isolés dans nos ténèbres ;
La nuit sera complice de notre espérance,
Et non plus prison de nos échecs.
La clarté parsemée de nos bougies répondra
En miroir au ciel étoilé de Noël.
Nos vies d'illumineront pour les autres,
Pour ceux qui sont loin, ceux qui sont seuls,
Ceux qui ploient sous leurs fardeaux (...).
Seigneur, comme une phare dans la nuit,
Tu fais naître en nous la joie du chemin retrouvé.
Que ta promesse soit notre force,
Pour que nous portions au monde
L'éclat de ton amour et la lumière de ta paix.
Due à Geoffroy Perrin-Willm (Eglise réformée de France) cette prière nous rappelle que notre vie s'apparente à une traversée de la nuit où demeure, parfois cachée, la lueur Espérance. Puiss-t-elle tout illuminer, tout réchauffer en ce temps de Noël !
Prière pour la paix lors de la célébration oecuménique du 11 novembre à Deuil la Barre le 11 novembre 2009 2009
Dieu notre Père, tu nous a confié la terre, tu as envoyé ton Fils pour nous délivrer, nous guérir et nous annoncer ta paix avec l’humanité. Et pourtant, Seigneur, en regardant autour de nous, nous réalisons que l’état de guerre domine : guerre avec nous-mêmes, avec nos frères, avec notre planète.
Seigneur, si nous disons que nous sommes tes enfants, nous devons te suivre, suivre ton enseignement et tes commandements, alors nous aurons la force nécessaire qui ne peut venir que de toi, Seigneur Jésus.
Pour ce monde qui a besoin d’artisans de paix et de justice, fais surgir parmi nous ceux qui oseront prendre des risques, grands et petits.
Pour les défenseurs des droits de l’homme qui dénoncent les exactions commises dans les pays en guerre, pour les journalistes qui au péril de leur vie s’insurgent contre la violence souvent planifiée, nous te prions Seigneur.
Pour ce monde qui a besoin de lieux d’accueil et d’écoute, ouvre notre cœur. Pour ceux qui contribuent à la réconciliation dans une démarche de paix et de pardon, nous te prions Seigneur.
Pour les membres des associations qui aident les femmes violées, les personnes torturées ou les enfants soldats, à reconstruire leur vie, nous te prions Seigneur.
Nous voulons aussi te prier malgré nos réticences pour les criminels de guerre, les fanatiques : à l’exemple de Jésus sur la croix, Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.
Change leur cœur, Seigneur, change notre cœur par la puissance de ton Esprit.
Esprit Saint, inspire-nous pour accomplir ta volonté, pour être des artisans de Paix, aide-nous à renoncer à nos égoïsmes et à toute violence, donne nous un esprit de générosité et d’amour pour aider nos frères et nos sœurs.
Amen
La vie à partager Chemin Faisant, novembre 2009
La mort n'est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
Un désir à combler,
Une faim à satisfaire,
Une main tendue,
Une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à partager.
Paul Eluard
Le message chrétien à la recherche d'une nouvelle créativité Chemin Faisant, novembre 2009
Pour le week-end des catéchumènes de la Rentrée, le mois dernier, nous avons choisi comme thème "La Bible et la bande dessinée". Les travaux de lecture des textes bibliques en regard des leur version BD ont été suivis de créations de bandes dessinées originales à partir d'un récit des évangiles. Je me suis rendu compte, alors, de la grande variété d'expressions nouvelles qui existent maintenant, y compris pour interpréter des messages anciens, comme ceux de la Bible. Les auteurs contemporains s'approprient ces textes, les retravaillent, en donnent leur version personnelle.
Pour des croyants habitués à un langage traditionnel, il y a alors un effort à faire. Car les nouvelles expressions bousculent nos habitudes, nos codes iconographiques, se montrent volontiers irrévérencieux, humoristiques ou même caricaturaux. Mais cela vaut la peine d'aller à la découverte, de trier aussi entre les créations de qualité et les productions d'une plate facilité, pour à la fin gagner un regard neuf sur les contenus que nous croyions si bien connaître. Le christianisme ne peut pas se passer de la créativité des artistes.
Un autre langage toujours à actualiser est l'engagement diaconal, le service de notre prochain. Suivant l'évolution de la société et de ses maux, mais aussi suivant la capacité des personnes en difficulté à faire face à leur problème, l'entraide-diaconat est appelé à évoluer aussi. Le synode régional prendra un temps conséquent de réflexion sur le sujet Solidaires au nom de Jésus Christ - Quand l'Église reconnaît sa vocation diaconale. Vous serez tenus au courant des fruits de cette réflexion. Chaque mois, vous pouvez suivre dans nos colonnes l'actualité de notre entraide protestante-diaconat. Et vous pouvez vous y engager, dans la mesure de vos possibilités.
Bettina Cottin
Aimer Chemin Faisant, octobre 2009
Vous voulez savoir quand un amour devient adulte ?
C'est quand il ne dit plus je t'aime parce que…
Parce que tu es jeune
Parce que tu sens bon
Parce que tu as de beaux yeux
Parce que… parce que…
C'est quand il dit seulement
Je t'aime parce que c'est toi !
C'est aussi comme ça que Dieu nous aime.
Être jeune, chrétien et bien dans sa peau - c'est possible ?! Chemin Faisant, octobre 2009
Il n'est pas évident de parler de sa foi, et de la vivre, quand on est jeune. En famille, les moments partagés (prière, chant, histoires bibliques…) appartiennent au temps de l'enfance. Quand on grandit, on veut s'affranchir de l'influence des parents et s'affirmer comme une personne à part entière. Alors, on laisse tomber les habitudes de l'enfance. Et puis, la figure de Dieu est peut-être trop proche de l'autorité parentale ?
L'envie d'aller au catéchisme n'est pas très forte. Quand on est jeune, on a besoin de temps pour soi. Mais on a aussi besoin d'une vie de groupe. Peut-être que le catéchisme sera alors une chance : offrir une vie de groupe et une discussion autour des questions nouvelles de la foi, que l'on découvre au fur et à mesure que l'on évolue.
Mais après le catéchisme (le baptême, la confirmation), c'est à nouveau l'incertitude. Comment partager ma foi, qui est sincère, mais aussi très personnelle, qui ne rentre pas dans un schéma ? Avec mes amis de classe, ou dans mon club de sport… Non, là, la foi n'est vraiment pas un sujet. Au groupe de jeunes ? Oh non, je n'ai pas le temps d'y aller, j'ai des devoirs par-dessus la tête. A la paroisse, au culte ? N'y a-t-il pas majoritairement des personnes âgées ? Bon, il y a aussi quelques bébés avec leurs mamans. Mais pas, ou trop peu, de jeunes ! Et puis, est-ce qu'on me prendra vraiment au sérieux ? Est-ce que je suis attendu, ou bien, si je n'étais pas là, ce serait pareil ?
Les interrogations des jeunes ne tombent pas dans le vide. Dans notre paroisse, elles sont entendues, et elles nous interrogent à notre tour. Nous avons commencé une réflexion "Jeunesse, quel est notre cap ?", menée en commun avec la paroisse d'Ermont-Taverny. Mais dès à présent, sans attendre de fixer des grandes orientations, notre paroisse souhaiterait offrir une activité et un accueil spécifiques aux jeunes. L'activité, c'est le projet Jeunesse & musique (voir p …). L'accueil, ce sera l'invitation à participer activement au culte, par des lectures, par la collecte de l'offrande, ou la distribution de la Cène. Ce sera spontané, tout simple, pour dire aux jeunes : votre place est ici , et nous vous attendons !
Bettina Cottin
Seigneur, chaque jour... Chemin Faisant, septembre 2009
Seigneur,
chaque jour, des milliers de noms font appel à moi.
Les noms des "grands" qui dirigent le monde
et qui me renvoient à ma propre responsabilité.
Les noms des marques qui essayent de me séduire
et qui me réfèrent à mes véritables désirs.
Les noms de ceux qui sont décédés
et qui m'interrogent sur ce que je fais de ma vie.
Les noms de mes bien-aimés
qui me portent à travers ma vie.
Et ton nom, dans tout cela ?
Suis-je assez attentive à ton appel ?
Seigneur, que ton nom ne cesse de diriger mon écoute,
de transformer mon regard, de toucher mes paroles
et de marquer mes actes.
Amen
Alexandra Breukink
Prière pour l'église Chemin Faisant, juin-juillet-aôut 2009
Quand je pense à l'Eglise, je la voudrais telle qu'elle n'est pas :
attirante, engageante, percutante, militante,
sans doute aussi variée et universelle, secrète et évidente,
riche et nourricière, pauvre et véridique, surprenante et solide.
Bref, j'aimerais, mon Dieu, que ton Eglise, qui est notre Eglise,
m'offre tout ce que je ne lui donne pas.
Tu la connais aussi bien et mieux que moi cette Eglise
qui fume souvent à peine comme une bougie épuisée.
tu la connais trop petite pour ta grandeur
et trop grande pour notre petitesse,
une église mal aimée et du coup mal aimante,
une Eglise dont la fidélité devient répétitive et l'infidélité habituelle,
une Eglise qui se paie de mots et qui contribue à enténébrer
la vie de bons sentiments inutiles et d'accusations décourageantes.
Alors, mon Dieu, fais que je cesse de blâmer l'Eglise
pour me dispenser moi-même d'y travailler.
Fais que je cesse de lorgner ses déficiences, par le trou de la serrure,
pour me protéger moi-même de franchir la porte.
Fais que je quitte le banc des spectateurs et des moqueurs
pour m'asseoir moi-même au banc des acteurs et des célébrants.
Car ainsi seulement je m'arrêterai de regarder ton Eglise
qui est notre Eglise, pour y vivre avec les autres.
André Dumas
Papa Dieu - Maman Église ? Chemin Faisant, juin-juillet-aôut 2009
Les chrétiens ont le privilège de pouvoir s'adresser à Dieu sans cérémonies. Jésus l'appelait "Abba" = Papa . C'est un nom à la fois tendre et respectueux. Prier ce Dieu tout proche, se réfugier dans son amour, s'appuyer sur lui, c'est réconfortant. C'est étonnant aussi : Penser qu'il se fait proche de tout un chacun, malgré toutes nos différences, malgré les écarts de culture et d'histoire !
Quand on pense ensuite à l'Église, la communauté chrétienne, il nous semble naturel de la voir comme une mère ! Toujours accueillante, dévouée, souriante, comme une maman qui comprend tout, pardonne tout et trouve toujours une solution, même dans les situations difficiles ou embrouillées. Maman Église, une image qui nous réchauffe le cœur !
Je me demande parfois si cette image ne nous immobilise pas, comme on s'assoupit dans un fauteuil après un (trop) bon repas. Et qui va débarrasser la table et faire la vaisselle ? Ce sera encore maman…
Mais, me dites-vous, on l'aide, notre maman, on ne va quand même pas la laisser seule ! Et c'est vrai, surtout dans notre paroisse.
Ce que je propose, c'est de voir plus grand ! C'est de nous voir, non pas comme des enfants (même sages), mais comme des adultes, frères et sœurs, qui prennent des responsabilités et des initiatives. Des sœurs et frères qui sachent aussi mobiliser leurs qualités maternelles ou paternelles, quand un membre plus fragile de la communauté en a besoin !
Enfants, nous le sommes, mais de Dieu, et Jésus Christ est notre grand frère. Dans le Nouveau Testament, d'ailleurs, notre mère, ce n'est pas l'Église, mais c'est la "nouvelle Jérusalem" , c'est-à-dire le Royaume de Dieu.
Au seuil de l'été, je nous souhaite de construire notre communion fraternelle les uns pour les autres, et ensemble avec le Christ, pour le monde.
Bettina Cottin
Fidélité et renouveau Chemin Faisant, mai 2009
Régulièrement, notre Église hésite sur la priorité à adopter : faut-il plutôt rester fidèle aux valeurs et à l'identité héritée du passé, ou faut-il résolument aller avec son temps, inventer du nouveau, surprendre, étonner? Facile, me répondrez-vous, on n'a qu'à faire les deux ! Cette vue pragmatique des choses rencontre pourtant des problèmes délicats, car on risque fort de mécontenter chaque fois une partie de son public ! Il nous faut une articulation organique entre les deux dynamiques que j'appelle ici fidélité et renouveau.
La fidélité aux racines qui nous portent nous donne de la stabilité et dessine notre identité. Le passé se prête aussi à la communication et à la pédagogie, comme le montre cette année Calvin, qui rencontre partout un intérêt soutenu.
Le renouveau, c'est la vie au présent, dans le monde tel qu'il est. Une Église n'est pas un musée, mais une communauté de personnes vivantes. L'origine de plus en plus diversifiée de nos paroissiens est un signe de ce renouveau.
Mais comment articuler les deux, comment mettre en une relation vivante cette fidélité et ce renouveau ? La Pentecôte, fête du Saint Esprit, nous donne une première indication. Quand l'apôtre Pierre explique à la foule, lors de la première Pentecôte, le don de l'Esprit qui fait parler les disciples et entendre les pèlerins, chacun dans sa langue maternelle, il se réfère à la Bible, donc au passé. Il cite le prophète Joël . Celui-ci avait prédit le don de l'Esprit sur toute personne du peuple, même les jeunes, même les filles, pas seulement les prophètes. Et, conclut Pierre, cette prophétie se réalise aujourd'hui.
Dans le passé, la foi trouve une promesse, ainsi que l'intuition que des choses importantes doivent encore venir. Dans le présent et dans la nouveauté, la foi intègre un critère de véracité né de la parole des générations. C'est dans ce renvoi de l'un à l'autre que Dieu nous donne, et la promesse, et l'accomplissement - qui s'ouvre à son tour sur une nouvelle promesse.
Dans notre Église, nous essayons d'avancer résolument vers une ouverture réciproque entre les générations, une écoute, un encouragement, la solidarité, la compréhension. Nous sommes convaincus que c'est là le lien organique entre les deux dynamiques qui ne s'excluront plus mutuellement.
Bettina Cottin
PENTECÔTE Chemin Faisant, mai 2009
Seigneur,
Comment par nous-mêmes,
nous confier en toi ?
Tant d'obscurités voilent ta présence,
tant de souffrances et d'injustices
paraissent démentir la bonne nouvelle
de ton amour vainqueur…
Donne-nous l'Esprit, qui seul fait naître
et nourrit la foi, qui seul peut nous ouvrir
à l'espérance qui ne trompe pas
et nous engage à ton service.
Renouvelle sans cesse, ce Don
à chacun d'entre nous,
et à ton Eglise tout entière
de sorte que nous rendions
grâce pour ta fidélité et puissions proclamer,
par nos existences,
la nouveauté radicale
de ton Royaume qui vient.
J.P. Monsarrat
Prière œcuménique
Pour tous ceux qui, dans le monde, invoquent le nom de Dieu.
Il meurt lentement celui qui ... Chemin Faisant, avril 2009
Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas,
Celui, qui ne lit pas,
Celui qui n'écoute pas la musique,
Celui qui ne sait pas trouver
Grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
Celui qui détruit son amour-propre,
Celui qui ne se laisse pas aider.
Il meurt lentement
Celui qui devient esclave de l'habitude,
Refaisant tous les jours les mêmes chemins, Celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
De ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
Celui qui évite la passion
Et son tourbillon d'émotions,
Celles qui redonnent la lumière dans ses yeux
Et réparent les cœurs blessés.
Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Lorsqu'il est malheureux
Au travail, en amour,
Celui qui ne prend pas de risques
Pour réaliser ses rêves,
Celui qui, pas une seule fois dans sa vie
N'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd'hui !
Agis tout de suite
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d'être heureux !
Pablo Neruda, Poète chilien né en 1904
Des miettes d'éternité Chemin Faisant, avril 2009
Notre besoin de manger et de boire nous dit la fragilité et la dépendance de notre vie sur la terre. Ce besoin dit très clairement nos limites. Ce n'est que dans le cadre du repas, au sein d'une communauté, que la conscience de notre fragilité peut être apaisée. Elle s'ouvre, symboliquement, à la dimension de l'univers, et pour les croyants, à la communion avec Dieu. Toutes les religions considèrent d'ailleurs la nourriture d'abord comme un don de Dieu, et préconisent des actions de grâces avant de commencer à manger. Dès lors, même celui qui mange seul, sait qu'il appartient à une communauté, à travers son action de grâces. Et même celui qui jeûne ! Car le jeûne ne marque qu'un temps d'interruption dans la prise de nourriture ; il n'est pas un but en soi mais veut souligner notre dépendance et notre confiance en Dieu, le Créateur de la vie.
Jésus a exprimé une partie très importante de son message à travers les repas qu'il a partagés. Souvent, Il provoque ses contemporains en se mettant à table avec des personnes en marge de la société ou exclues de la communauté religieuse. Ainsi, Jésus affirme que Dieu ne veut pas qu'un seul de ceux qu'il a créés ne se perde. Et il annonce l'irruption du Royaume de Dieu dès maintenant.
L'irruption du Royaume de Dieu se manifeste définitivement par la croix et la résurrection de Jésus. Avant sa mort, il mange avec ses disciples. A travers ce repas, il leur confie le don de sa vie pour le pardon de tous. Et après sa résurrection, Jésus va à nouveau manger avec les disciples. Il reste solidaire de la nature humaine ; mais elle est transfigurée par la résurrection.
Le repas que nous partageons dans nos cultes, la "Sainte Cène", résume tout cela : l'accueil audacieux de Jésus à ceux qui risquent de se perdre, le don de sa vie pour tous, la promesse de la résurrection à ceux qui l'accueillent. Et la communion des uns avec les autres.
L'action de manger et de boire avec Jésus Christ dit à la fois notre fragilité humaine, notre faiblesse, et notre ouverture au partage et à la plus grande des espérances.
Dans ce sens, je vous salue dans la joie de Pâques !
Bettina Cottin
Prière de Jean Calvin
Mini-démocratie Chemin Faisant, mars 2009
Depuis ses origines, le protestantisme a tenu à se donner une organisation dans laquelle la voix du peuple de l'Église puisse être entendue. Même si ce n'était pas vraiment la démocratie au sens où nous l'entendons aujourd'hui, il y avait toujours une dynamique qui allait de la base vers le haut. Une hiérarchie pure, où tout serait décidé au somment, est impensable dans les Églises protestantes.
Mais cela ne veut pas pour autant dire que l'Église fait simplement ce que la majorité désire ! Non, en-dessous de la "base" des membres de l'Église, il y a encore une autre base, fondamentale : c'est la Bible. Toutes les décisions et toutes les ….., tous les développements théologiques, doivent être mesurés au critère de l'Écriture Sainte. C'est-à-dire qu'il ne doit pas se trouver d'obstacle fondamental dans la Bible à une pensée que l'on développe ou une action que l'on entreprend dans nos Églises.
Ceci n'est pas très facile, vu la distance qui nous sépare des auteurs de la Bible, de leur culture, de leur société et même de leurs connaissances scientifiques. Mais le protestantisme est justement le mouvement où l'on étudie la Bible, encore et toujours, en de multiples approfondissements. Cette étude de la Bible n'est pas limitée à la théologie dogmatique, mais ouverte à toutes les sciences historiques et humaines. Petit à petit, les critères de la Bible se dégagent de l'étude, et avant tout celui de Jésus-Christ : nous devons lire et comprendre les Écritures à la lumière de l'amour de Dieu manifestée pour nous dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ.
Tout ceci pour vous dire, chers amis, que vous êtes, en tant que membres de notre Église, non seulement partie prenante de ce qui s'y passe, mais vous en êtes l'élément constitutif. Votre opinion est demandée et nécessaire. Votre implication fait l'Église. Votre lecture de la Bible soutient, oriente ou critique les décisions qui y sont prises. Et votre bon sens peut éclairer tout le monde.
La mise en œuvre concrète de cette mini-démocratie que nous formons, c'est l'assemblée générale, cette année fixée au 15 mars. Venez pour prendre part aux décisions, voter, débattre … venez construire notre Église !
Bettina Cottin
Savez-vous que la présence d'un prochain... Chemin Faisant, février2009
Savez-vous que la présence d'un prochain peut faire vivre
et que son absence peut faire mourir?
Savez-vous que la parole d'un prochain peut guérir
et que son silence peut rendre malade?
Savez-vous que le sourire d'un prochain peut rendre heureux
et que sa colère peut apporter le malheur?
Savez-vous que la tendresse d'un prochain peut calmer la douleur
et que sa dureté peut ouvrir des blessures?
Savez-vous que l'attente d'un prochain peut faire battre un cœur
et que son départ peut le glacer?
Savez-vous que l'amitié d'un prochain peut faire chanter
et que son indifférence peut faire couler des larmes?
Le saviez-vous?
Willem Wilms
Cité d'après Liturgie de l'ERF
Désespérer de l'humanité ? Ou espérer quand même ? Chemin Faisant, janvier 2009
Au vu de l'actualité politique, on se dit qu'il est heureux que les Droits de l'homme existent déjà, car aujourd'hui, on n'aurait peut-être pas le courage de les proclamer. Trop d'exemples de cynisme financier, de violences d'État, de persécutions des minorités, de destructions massives des ressources naturelles, nous font presque perdre courage, sinon l'optimisme. Nous aurons l'occasion d’échanger autour de la question "Que deviennent les Droits de l'homme dans un monde en crise ?" le dimanche 8 février, lors de notre déjeuner du deuxième dimanche,
Les chrétiens sont en principe bien placés pour résister au désespoir. Notre foi s'enracine dans l'amour de Dieu qui s'est donné pour nous en Jésus Christ. Nous nous sentons attirés par les témoins courageux de l'espérance chrétienne et nous admirons leur engagement. Mais il ne suffit pas de s'enthousiasmer, par exemple, pour les spectacles autour de Martin Luther King. Souvenons-nous qu'il était, à l'époque, très controversé, mais qu'il en a pris le risque. Si nous n'osons pas prendre de risque aujourd'hui, si nous avons déjà peur du ridicule avant d'avoir peur de choses plus graves, notre espérance ne vivra pas. Elle n'existera pas aux yeux du monde, et elle n'existera pas aux yeux des jeunes qui grandissent dans nos familles, dans notre Église.
Les chrétiens sont aussi bien placés, en principe, pour collaborer avec des partenaires d'autres bords, non croyants, membres d'autres cultures, d'autres religions même. Cela demande parfois un immense effort, mais l'espérance est à ce prix. Pour le Proche Orient, la paix passe aussi par un dialogue, voire une prière conjointe des religions. Le congrès mondial des imams et rabbins pour la paix déclare même la sacralité de la paix . Pour faire vivre l'espérance, chaque membre de la communauté est irremplaçable. Car chacun peut contribuer, avec sa sensibilité, ses dons et ses compétences, à ce que l'espérance prenne corps au milieu de notre monde.
Bettina Cottin
Plusieurs Églises, une même espérance Chemin Faisant, janvier 2009
L'œcuménisme, du moins ce que le grand public entend par là, est presque un effet de mode. J'ai parfois l'impression qu'en paroisse, on ne peut pas organiser une soirée à thème biblique ou théologique sans que quelqu'un demande : "Est-ce que c'est avec toutes les religions ?" On ne peut pas commencer une année de catéchisme sans que les jeunes demandent : "Est-ce qu'on parlera de toutes les religions ?" J’aurais été tentée de féliciter tout le monde pour son niveau élevé de connaissances théologiques … jusqu'à ce que je découvre que les personnes qui parlent ainsi n'ont souvent qu'une très vague idée ne serait-ce que du contenu de la Bible, ou encore du sens de la Sainte Cène. Je commence alors à soupçonner notre société d'avoir moins soif d'apprendre, qu'envie de relativiser. Le christianisme surtout se trouve en ligne de mire.
Pourtant, ce sont les Églises chrétiennes qui vont le plus vers les autres, et qui exposent le plus leurs convictions à la discussion, voire à la contestation. Qu'est-ce qui cloche ?
On pourrait dire que nous n'avons pas la passion de nos convictions, que nous ne nous engageons pas assez dans la communication de notre foi, que nous utilisons des formes de communication démodées, que nous sommes trop identitaires, ou au contraire pas assez … Pour ma part, j'ai une autre analyse.
L'expérience montre que le message chrétien attire des personnes là où il a un impact sur la réalité vécue. Les gens viennent aux Églises quand la foi change quelque chose dans leur vie. Pour les uns, c'est la paix intérieure ou le courage. Pour d'autres, la solidarité. Pour d'autres encore, la reconnaissance sans discrimination d'un groupe. Ou la réconciliation avec le passé. "Dieu" se traduit dans les signes de la vie réelle.
Si la foi change quelque chose dans la vie, cela suscitera des résistances et des réactions de rejet de la part de ceux qui ne veulent rien changer. Actuellement, les Églises sont peut-être trop sages, trop consensuelles. Les convictions ne se font pas très bien entendre. La résistance au travail du dimanche … l'engagement pour l'environnement … la protection de l'étranger … des alternatives à la société de consommation … La Fédération protestante de France et le Conseil des Églises chrétiennes de France ont parlé de tout cela, mais nous laissons probablement passer des occasions de donner suite à ces intentions.
Dans notre secteur, nous avons la chance de vivre des relations dynamiques avec d'autres chrétiens. Le "dimanche pas comme les autres" du 7 décembre, avec la participation nombreuse des paroissiens de Saint Joseph, en est le dernier exemple. Quand est-ce que nous agirons ensemble ? Le monde nous attend.
Je formule pour chacun de vous des vœux de paix et de bénédiction pour cette année 2009.
Bettina Cottin
L'union des chrétiens Chemin Faisant, janvier 2009
Chaque nuit, je prie pour l'union.
Quand se fera-t-elle ? Interrogé sur la fin du monde, le Christ confesse son ignorance comme homme : "Seul le Père le sait. Il connaît le temps et les moments."
Il en est de même pour l'union. L'avenir est en Dieu. Notre tâche est de faire mûrir le temps.
L'union viendra. Ce sera un miracle. Quand ? Nous ne pouvons le savoir. Mais nous devons nous y préparer.
Car un miracle est comme Dieu : il est imminent.
Patriarche Athénagoras
Trouvé dans : Chrétiens vers l'unité, classeur de documentation édité par Unité chrétienne, Lyon.
Noël : courage et joie de la découverte Chemin Faisant, décembre 2008
En ce mois de décembre, nous sommes invités à la découverte. Découverte des autres paroissiens: lors du déjeuner d'accueil des nouveaux, le 14 décembre, vous ferez connaissance entre accueillants et accueillis et vous découvrirez vos dons et ressources spirituelles au cours d'un jeu.
Découverte de la Bible ; le culte des familles du 14 décembre, sous le titre "L'enfant tant attendu", nous fera découvrir les détours que Dieu fait pendre à une famille avant que l'enfant promis arrive. Dans la Bible, c'est la famille d'Abraham ; qu'est-ce que cela nous apprend pour aujourd'hui ?
Découverte de notre histoire : lors du "dimanche pas comme les autres", le 7 décembre, l'histoire des protestants sera proposée à la discussion des protestants et des catholiques, ensemble. Il y aura certainement des surprises !
Découverte d'un style de vie différent. La campagne œcuménique Vivre Noël autrement propose pour cette année : "Arrêtons l'hyper-Noël – Faisons la paix avec la terre !" Comment passer du "toujours plus" matériel à une vraie qualité des relations humaines, à une attitude de paix ?
Il faut du courage pour accepter la découverte. Un changement d'habitudes, c'est stressant. Aller à contre courant de la société de consommation peut être mal vu, malgré la crise. Et puis, est-ce qu'on n'a pas surtout envie, en ce temps de Noël, de retrouver une ambiance d'autrefois ?
Autrefois n'a pas plus de valeur qu'aujourd'hui, pour un chrétien. L'important, c'est de chercher la volonté de Dieu et la paix.
Je me dis que Dieu aussi devait, quelque part, avoir de l'appréhension avant de se fondre, par l'incarnation en Jésus Christ, dans notre humanité. La théologie met en valeur l'amour infini de Dieu. Mais si c'était aussi la joie de la découverte qui l'avait guidé ? Une découverte qui, dans les faits, s’est avérée souvent douloureuse, souvent décevante - mais combien aussi en fin, de compte, chaleureuse et porteuse d'espérance !
"La Parole est devenue chair; elle a fait sa demeure parmi nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire de Fils unique issu du Père, pleine de grâce et de vérité. "(Jean 1, 14)
Je vous souhaite un Noël riche en découvertes, en paix et en amour.
Bettina Cottin
Hymne à la vie Chemin Faisant, décembre 2008
Que je t'aime, LA VIE ! Eblouissante de beauté,
Quel mystère t'entoure ?
Qui es-tu ? D'où viens-tu ?
Tu es propre à chacun,
Personne ne peut t'échanger.
Tu te multiplies depuis l'origine des âges,
Tous te reçoivent gratuitement.
Sans toi, la terre serait terne et obscure,
Avec toi, tout bouge, se transforme, change.
Maudit soit celui qui ose te retirer à un autre être !
Tu nous relies entre nous, au-delà des frontières.
Je contemple ton mystère,
Tout ce qui fait que je suis moi et m'unit aux autres.
Je respire le bonheur d'exister
En dépit de mes doutes, mes souffrances, mes épreuves.
Le moment venu, je souhaite te remettre
Entre les mains de mon Créateur,
Car tu es l'AMOUR
Pour l'éternité.
Huguette Legeandre (82 ans)
Poème présenté lors d'un concours dans sa maison de retraite à Sainr-Rémy
La crise, la solidarité, la fête Chemin Faisant, novembre 2008
Même si la crise financière aggrave la situation économique actuelle, bon nombre de nos paroissiens connaissent des difficultés financières depuis longtemps. C'est la raison pour laquelle, dans notre Église, nous insistons tant sur la liberté de don, c'est-à-dire que l'Église ne prescrit pas combien vous devez lui donner en offrande. Évidemment, votre Église ne peut pas vivre sans argent, et le mot du trésorier en page 4 vous explique à quoi elle l'emploie.
Nous ne disons peut-être pas assez que vos dons sont destinés pour une part importante à la solidarité et à la générosité envers ceux qui sont dans le manque – que ce soient des paroisses en France et outre mer, ou des familles pour lesquelles la paroisse subventionne, par exemple, des activités de la catéchèse !
Un nouveau pas vient d'être franchi dans cet esprit de solidarité. Le prix du repas de la fête paroissiale (JPR) du 29 novembre sera calculé tout près du prix coûtant, et il y aura des réductions pour les familles. Que personne ne soit empêché de venir à la fête !
Nous faisons confiance à tous, pour que les offrandes volontaires, libres et joyeuses viennent combler le manque financier que nous avons décidé de risquer ! Ainsi, la solidarité ne sera pas une fable, et la joie de la fête sera bien réelle !
Au plaisir de vous voir à la fête !
Bettina Cottin
Ce que je crois Chemin Faisant, novembre 2008
Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de la Bonne Nouvelle, j’affirme avec audace ma foi en l’avenir de l’humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain n’est qu’un fétu de paille ballotté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoi que ce soit le cours des événements.
Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.
Je refuse de faire mienne la prédication cynique que les peuples descendront les uns après les autres dans le tourbillon du militarisme vers l’enfer de la destruction thermonucléaire.
Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot effectivement. La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l’espoir d’un matin radieux.
J’ose croire qu’un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour pour la vie de leur corps, l’éducation et la culture pour la santé de leur esprit, l’égalité et la liberté pour la vie de leur cœur.
Je crois également qu’un jour toute l’humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour.
Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi. Le loup et l’agneau pourront reposer ensemble, chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et personne n’aura plus raison d’avoir peur.
Je crois fermement que nous l’emporterons.
Amen.
Pasteur Martin Luther King
Pour aujourd'hui seulement Chemin Faisant, octobre 2008
Pour aujourd'hui seulement, je dois me donner la peine de vivre la journée, sans devoir résoudre d'un coup le problème de ma vie.
Pour aujourd'hui seulement, je prendrai garde d'éviter deux choses : la hâte et l'indécision.
Pour aujourd'hui seulement, je vais croire, même si les circonstances semblent dire le contraire, que Dieu est là pour moi.
Je ne vais pas me laisser décourager par la pensée que j'aurai à persévérer de tout cela pour le reste de ma vie.
Pour aujourd'hui seulement, je demande à dieu : "Donne-moi mon pain de ce jour, pain de vie, pain de tendresse, pain de paix."
Amen
Evelyne Roland, d'après Jean XXIII
Trouvé dans : Vie et Liturgie, septembre 2007
Le temps qui blesse et le temps qui guérit Chemin Faisant, octobre 2008
Lors de la rentrée scolaire en septembre, pour annoncer la rentrée de la catéchèse, Agnès Holive a lancé l'appel "Parents, parions sur l'Éternité ! ". Elle conclut par ces mots : "La catéchèse … offre cela : une petite part d'Éternité divine, de patience, où chaque rencontre apporte une petite pierre solide à la personnalité de l'adulte que sera votre enfant demain."
Oui, nous savons qu'il faut du temps aux enfants pour se construire, du temps généreux, patient, et même du temps "perdu" à faire des erreurs, des bêtises ou à s'ennuyer ! Il paraît qu'un enfant qui ne s'est jamais ennuyé ne développe pas non plus d'idées… Nous savons cela pour les enfants. Mais pour les grandes personnes ? Le temps qui passe trop vite est presque devenu un rythme de base, et la suroccupation, une valeur personnelle. Ajoutez à cela des conditions de travail qui se détériorent, et un fonctionnement de l'administration publique souvent défaillant, et vous avez le temps qui file entre vos doigts, qui emporte votre vie, le temps qui blesse.
La crise de l'engagement associatif, qui concerne aussi les Églises, la crise de la convivialité, et l'incompréhension entre les générations (pour beaucoup de personnes âgées, le temps passe trop lentement, car il manque de sens) renvoient à une société qui se débat dans des contraintes qu'elle a elle–même fabriquées.
Comment retrouver le temps qui guérit, l'éternité divine à partager ? Non pas en posant des conditions irréalisables, en rêvant : "Ah ! Si j'avais du temps …" ! Mais en donnant à chaque instant la qualité qui lui revient. Quand un moment de silence se présente, le goûter et ne pas le couvrir de bruit. Quand une petite discussion sympathique s'engage, essayer d'avoir trois minutes de plus pour la conclure avec le sourire. Quand les enfants nous appellent à jouer, ne pas leur préférer la télévision mais profiter de ces instants qui ne reviennent pas. Quand nous sommes dans la course, transports publiques, travail : courir mais faire attention à ne faire tomber personne. Quand la maladie nous immobilise, accueillir avec grâce et encourager les gestes de solidarité et d'amour.
Quand, dans la grande histoire, la paix est à portée de main, la réaliser et la célébrer - voir le tilleul de Sully en première page. Et quand Dieu nous appelle … être présent entièrement dans cet instant-là : instant de vérité, de révélation de nos dons et, qui sait, de mission personnelle !
Bien à vous en ce mois actif
Bettina Cottin
Seigneur, excuse-moi si je te dérange... Chemin Faisant, septembre 2008
Seigneur, excuse-moi si je te dérange.
On m'a dit que tu avais besoin d'une sainte.
Alors, je suis venu pour la place.
Je ferai très bien ton affaire.
Quoi qu'on dise, le monde est rempli de gens parfaits.
Il y en a qui t'offrent tant de sacrifices…
Moi, je n'aime pas les sacrifices.
Cela m'ennuie énormément.
Ce que je t'ai donné, Seigneur,
Tu sais bien que tu l'as pris tout seul.
Il y a des gens qui corrigent un de leurs défauts par semaine.
Ils sont forcément parfaits au bout du trimestre.
Moi, je n'ai pas assez de confiance pour faire cela.
Alors … j'aime autant garder mes défauts
en m'en servant le moins possible.
Une sainte, Seigneur, c'est un vase vide
que tu remplis de ta grâce
et qui déborde de ton amour.
Or, Seigneur, je suis un vase vide,
avec un peu de boue qui stagne au fond.
Ce n'est pas très propre, je le sais bien.
Si tu ne veux pas de moi, Seigneur, je n'insisterai pas …
Réfléchis cependant à ma proposition. Elle est sérieuse.
Quand tu iras dans ton cellier puiser le vin de ton amour,
rappelle-toi que tu as quelque part sur la terre
une petite cruche à ta disposition.
Trouvé dans : Mission, avril 1999, signé "une catéchumène"
Autour d'une table… Chemin Faisant, septembre 2008
Repas de famille ou pique-nique de randonnée, banquet de fête ou restauration rapide, cantine scolaire ou goûter d'anniversaire – le repas est une "restauration" non seulement pour le corps, mais aussi pour l'âme et pour les relations sociales. Certains repas ont une forme particulière, notamment dans le cadre religieux : repas en silence des monastères, Sainte Cène/Eucharistie des chrétiens, repas de Seder à la Pâque juive, nuits festives de Ramadan … ou les antipodes du repas, le jeûne. Tous signifient la communion de Dieu avec les humains, il s'assoit pour ainsi dire à notre table…et nous invite à la sienne.
Il y a les repas précaires : les récoltes incertaines des paysans des pays pauvres, les distributions alimentaires à ceux qui ne peuvent pas se nourrir eux-mêmes, et puis la montée des prix alimentaires et la menace de la faim. Ici, l'humanité est déconstruite, le corps et l'âme ruinés. La Bible ne cesse de s'insurger contre les mécanismes destructeurs et somme toute politiques que les hommes mettent en place. Des histoires comme celle du partage, par Jésus, de cinq pains et deux poissons entre 5000 hommes sont des manifestes contre la fatalité.
Dans notre paroisse, l'année qui s'ouvre sera en quelque sorte consacrée aux repas. Les études bibliques interactives Cap sur la Bible nous feront découvrir les repas dans la Bible, avec toute la richesse et la variété de leur signification.
Au niveau de l'animation paroissiale, nous lançons un programme d'invitations entre paroissiens pour mieux faire connaissance. Notre ambition sera de mélanger les personnes qui se connaissent avec celles qui ne se connaissent pas, les jeunes, les moins jeunes, les familles, les personnes seules, les anciens et les nouveaux. La forme sera très simple ; mais nous avons confiance que la formule "autour d'une table" nous rapprochera les uns les autres et nous fera découvrir nos prochains. De ces rencontres pourront naître des idées pour l'Église de demain, adaptés à la réalité de vie qui est celle de chacun de vous .
Je vous dis à bientôt, et pour commencer : au repas "buffet canadien" qui suivra le culte de Rentrée du 14 septembre.
Bettina Cottin
En été, nos routes s'éloignent … et se rejoignent Chemin Faisant, juin 2008
Avec l'été, les rangs deviennent clairsemés dans nos temples, les rues se vident de leur monde, tous ceux qui le peuvent prennent des vacances, passent un séjour à la campagne, en famille, au pays … Témoin, notre programme d'activités paroissiales : un calendrier presque vide. Il reste les cultes du dimanche, et la distribution alimentaire du diaconat. Le quartier devient tellement calme qu'on se dit presque qu'il faudrait rester là en été pour en profiter et prendre ses vacances à un autre moment …
Mais tout le monde ne part pas. Il reste même beaucoup de monde. Ceux-là voient, du coup, leurs contacts habituels se raréfier, ils ne trouvent plus l'accueil, l'encadrement, la compagnie dont ils auraient besoin. Dans certains quartiers, paraît-il, on ne trouve même plus de boulangerie ouverte à des kilomètres à la ronde. D'autres déménagent et ont tout à reprendre à zéro.
Pourtant, l'été ne rime pas forcément avec éloignement, dispersion ou solitude. On peut au contraire avoir l'occasion imprévue de se rapprocher des autres. Les pasteurs qui font des remplacements dans les autres paroisses du consistoire nouent de nouveaux contacts. Les paroissiens qui vont au culte sur leur lieu de vacances découvrent d'autres formes de vie d'Église (en France ou à l'étranger). Les jeunes qui participent aux activités de scoutisme ou à des chantiers de jeunesse entrent dans de nouveaux horizons. Ceux qui restent dans le quartier se rapprochent peut-être des personnes qui, pendant l'année, se noient dans la masse, ne serait-ce que dans les rangs du temple …
Je vous souhaite un été qui vous présente l'opportunité d'une rencontre imprévue et d'un enrichissement humain, un été qui vous fasse un petit signe de la grâce de Dieu.
Fraternellement. Bettina Cottin
Prière de louange Chemin Faisant, juin 2008
Seigneur Jésus, tu as dit aux disciples
"Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde".
Loué sois-tu, Dieu, pour les signes de ta présence parmi nous,
pour ces gestes d'amour que tu nous inspires dans notre engagement.
Tu as dit que ce que nous faisons pour accueillir, nourrir,
vêtir, soutenir, consoler les démunis et les malades,
c'est à Toi que nous le faisons. Merci de nous confier cette mission.
Seigneur, nous te louons pour les réponses miraculeuses à des situations difficiles,
pour les dons fraternels et le dévouement des amis.
Nous te louons aussi pour la présence d'étrangers dans notre communauté
qui s'ouvre à l'universalité de ton Eglise, ressentie intensément au culte de Pâques.
Nous te louons pour la confiance partagée, les sourires reconnaissants,
la joie de te servir en chacun.
Loué sois-tu, Seigneur, pour toutes tes bontés,
pour le soutien quotidien de ton Esprit et la fraternité vécue chaque jour.
Amen.
Prière élaborée par l'équipe du diaconat et lue au culte du 30 mars 2008, jour de son assemblée générale.
Une prière à l'Esprit Saint Chemin Faisant, mai 2008
Béni sois-tu, Esprit,
de chuchoter à tout homme
qu'il est le Bien-aimé de Dieu.
Il y a ceux que tes feux dévorent,
ceux que tu couves sous la cendre,
ceux qui gémissent vers toi,
comme des branches incendiées,
ceux qui protègent entre leurs mains
une modeste lueur,
ceux qui se souviennent
de ton étincelle, jadis,
et ceux qui l'ont oubliée,
ceux que tu éclaires
et ceux qui s'enfument,
ceux qui n'ont plus d'âtre,
ceux qui ont le cœur en loques,
et dans la tête un grand abîme.
Mais il n'en est pas un, ô Esprit,
à qui, au travers de la nuit,
tu n'aies dit la Nouvelle,
et qui ne sache son âme façonnée
par ton amoureuse éternité.
France Quéré
Pentecôte, la fête de l’Etincelle ! Chemin Faisant, mai 2008
A la différence de Noël qui abonde en image de crèche et autres mises en scène de la nativité, Pentecôte reste une fête abstraite. Certes, nous nous rappelons les flammes de feu dansant sur les disciples, nous nous remémorons leur audace à chanter, de manière compréhensible par tous, les merveilles de Dieu. Mais avouez : par rapport aux décorums mis en place à Noël, Pentecôte donne l’apparence d’être une fête dépouillée.
Pourquoi ?
Je perçois une première raison dans le fait qu’il est difficile de se représenter ce qui est au cœur de ce temps fort : le passage du Saint Esprit. En effet, comment dire et montrer l’effet de ce passage dans nos vies ? Comme on ne peut mettre le vent en bouteille, de même on ne peut fixer dans un concept ce qui est, par sa nature même, en mouvement : le Saint Esprit. Ce que nous célébrons à Pentecôte ne se voit pas. Il se donne à vivre chaque fois que, comme les disciples, nous nous rendons disponibles dans la prière.
Mais il y a plus que cela. Si Pentecôte débouche sur un déploiement sobre, c’est surtout, je crois, pour la raison suivante : loin d’attirer nos regards vers le passé afin que nous glorifiions ce qui s’est passé, cette fête nous invite en méditant l’expérience des disciples à retrouver l’élan qui, à ce moment-là, les a animé. Loin de nous pousser à vénérer les flammes de feu, Pentecôte nous invite à retrouver l’étincelle.
Aujourd’hui, au collège, nous apprenons le théorème de Pythagore ; au lycée, nous apprenons la célèbre formule d’Einstein (e = mc2). Mais savoir cela ne nous transforme pas pour autant en Pythagore ou en Einstein. Le Souffle d’intelligence qui les animait ne se retrouve que si, comme eux, nous nous mettons en quête d’une compréhension renouvelée de la réalité qui nous entoure.
Face aux défis qui sont les nôtres, ne sentons-nous pas que la réponse ne vient pas en plagiant ce que de fortes personnalités ont fait avant nous, mais en retrouvant l’Esprit qui les animait et qui leur a permis d’accomplir de grandes choses ?
Le Saint Esprit nous invite, non à répéter l’histoire, mais à l’inventer … Guidées par LUI, puissent nos deux communautés avancer ensemble sur les routes nouvelles tracées par la Promesse de Dieu.
Luc-Olivier Bosset, pasteur à Ermont
PS :
Cap Espérances ! C'est le nom que nous avons donné à notre nouveau lieu de vie. Les travaux de construction de notre nouvel espace de vie arrivant à terme, le dimanche 1er juin, pour la première fois, nous célébrerons le culte au 89 bis rue du 18 juin à Ermont. L'inauguration officielle quand à elle aura lieu le samedi 11 octobre prochain à 15h00. Vous y êtes bien sûr invités !
Au cœur de la terre… Chemin Faisant, avril 2008
Au cœur de la terre
La graine se brise,
Toute tendue vers la lumière.
Au cœur de l'hiver
La sève s'amasse
Pour fleurir la branche au soleil.
Au cœur de la mère
Se façonne l'enfant
Pour naître et grandir à la vie.
Au cœur de l'homme
Grandit l'amour.
Peut-il accepter de mourir ?
Au cœur de la nuit
A jailli la lumière,
Le Christ est ressuscité.
Au cœur de la terre
Repose l'homme,
Il attend la lumière.
"La gloire de Dieu
C'est l'homme vivant"
Saint Irénée
Protestants en débat Chemin Faisant, avril 2008
Depuis quelques temps, les Églises protestantes et/ou évangéliques de notre secteur cherchent à mieux se connaître, à se rencontrer, et à découvrir ensemble ce qui fait notre raison d'être : la parole de Dieu dans la Bible. Les pasteurs se réunissent régulièrement au sein de la pastorale évangélique, à titre informel et fraternel. Nous apprenons à nous ouvrir les uns aux autres, à partager nos soucis et nos joies.
Certaines de ces Églises sont membres de la Fédération protestante de France , d'autres non. Avec l'une d'elles, nous avons des relations de bon voisinage qui s'enrichissent chaque année, notamment à travers le diaconat, et les Rencontres inter-Églises en Vallée de Montmorency : c'est l'Église évangélique libre de Deuil. Avec les baptistes, les apostoliques et les adventistes, nous sommes présents dans l'initiative oecuménique d'Épinay sur Seine .
Les caractéristiques qui nous rapprochent sont aussi importantes que ce qui nous différencie, voire sépare sur certains points. Au sein de la pastorale, nous nous interpellons avec franchise. Mais nous avons jugé important que les membres de l'Église eux-mêmes se rencontrent, discutent, se confrontent à la Bible.
L'année dernière, ce fut le débat sur des thèmes de société, au moment de la campagne électorale présidentielle. Cette année, nous proposons (courageusement) un débat autour de la pratique de l'évangélisation et de son fondement biblique. C'est l'occasion d'affronter ce qui nous irrite, ce qui nous pose question, ce qui nous fait envie, peut-être, dans la pratique de l'Autre…
Ne manquez donc pas la soirée du 14 avril (20h !) à la Maison Haute !
En attendant cette rencontre, et toutes les autres,
fraternellement à vous
Bettina Cottin
PS. Auparavant, une autre occasion d'élargir nos connaissances nous sera offerte le mardi 8 avril, sur le thème Pentecôtisme et mouvements charismatiques, 20h30 à la Maison Haute.
Pâques : l'espérance s'est faite chair Chemin Faisant, mars 2008
A la différence de Noël, Pâques n'est pas une fête bien connue en dehors des Églises. Peut-être parce que la publicité commerciale a du mal à l'apprivoiser ? En dehors des œufs en chocolat, quel profit matériel peut-on bien titrer de Pâques ? Cette fête est en quelque sorte mieux "protégée" que Noël. Mais elle occupe aussi moins l'imaginaire.
Pour nous, chrétiens, quelle place occupe Pâques dans notre vie ? C'est moins son côté rituel qui nous importe, c'est plutôt sa signification générale. La résurrection de Jésus Christ place notre vie mortelle dans la perspective de la résurrection, de la nouvelle création par Dieu. C'est le fondement de notre foi.
Et nous avons besoin de foi pour résister à tout ce qui, dans ce monde, veut nous placer sous le pouvoir de la mort : violence, injustice, exclusion, désespoir, et ce que certains tiennent pour le pire : l'indifférence. La foi en la résurrection se refuse à voir notre vie sous le signe de la mort et découvre à nos côtés le prochain à aimer, si différent qu'il soit.
La mort corporelle est le passage obligé de toute vie sur notre terre. Mais elle ne dit pas le dernier mot de l'histoire. Les rencontres avec Jésus ressuscité le montrent bien : il vient dans toute son humanité, avec toute son histoire, y compris celle de ses blessures mortelles, traces de la violence qui s'est abattue sur lui. Mais en les montrant, il les dépasse pour faire triompher l'amour de Dieu seul.
Cette année, nous célébrerons le culte de Pâques sous les projecteurs et caméras de télévision. Même si ce cadre nous paraît artificiel, c'est aussi une façon d'incarner le message dans notre monde réel, ce monde encore et toujours aimé de Dieu.
Bettina Cottin
Où es-tu Seigneur ? Chemin Faisant, mars 2008
Je te cherche depuis longtemps.
Je te cherche, le jour, la nuit, le soir
Et encore le matin.
Je te cherche et j’ai tellement envie
De te trouver.
Je te cherche même au tombeau,
Parmi les morts, derrière la grosse pierre
Qu’ils ont roulée…
Où es-tu Seigneur ?
La pierre est dégagée, le tombeau
Est ouvert, mais vide…
Tu me surprendras toujours, Seigneur,
Tu n’es jamais tout à fait là où je te cherche.
Je me lève et je marche à ta rencontre,
Tu n’y es pas, tu es ailleurs.
Tu es peut-être chez moi, dans mes replis
Les plus sauvages.
Tu me donnes rendez-vous, et c’est toujours
Pour m’inviter à partir et à parler :
« Allez, dites à vos amis qu’il n’est pas ici,
il s’est éveillé, il nous précède là-bas. »
Je te cherche, Seigneur, et c’est déjà
Ma façon de te retrouver.
Xavier de Chalandar
Versets évangéliques
Trouvé dans : Une bonne nouvelle, ça se partage, édition DEFAP, 2005
Nous habituer les uns aux autres Chemin Faisant, février 2008
Nous sommes de plus en plus nombreux à faire, au cours de notre vie, l'expérience de l'arrivée dans une autre culture. Au moins l'un de nos amis, au moins un membre de notre famille, a déjà déménagé au loin, a pris un travail tout à fait différent, a épousé un conjoint d'une autre religion ou d'une autre nationalité, a changé de langue dans le cadre de la vie quotidienne – à moins que nous ayons nous-mêmes fait cette expérience.
Trouver la foi, devenir membre d'une Église, ou encore changer de paroisse, c'est aussi, dans un certain sens, arriver dans une autre culture. La plupart du temps, on s'y est préparé, on s'est informé, on a lu, on est allé sur Internet. On vient avec un esprit positif, ouvert, plein d'espoir, et on est touché de l'accueil que l'on trouve. Mais après … eh bien, après, c'est comme autrefois après le mariage : la vie quotidienne commence, et on doit s'habituer l'un à l'autre . L'exaltation de la nouveauté, la fraîcheur des commencements, doivent faire place à la construction d'une vie commune solide, riche et belle. C'est tout un art. On découvre les petites manies de l'autre, on entend des histoires d'enfance, on se rend compte des blessures qui ont marqué, on arrive aux limites de ce que l'un et l'autre peuvent supporter. Et c'est avec tout cela qu'on est vivant et heureux de l'être.
Chers amis nouvellement arrivés, la vie d'Église, c'est un peu comme ça. Que vous veniez de l'horizon du doute et de l'agnosticisme, ou d'une autre confession chrétienne, ou d'un autre pays : il faut toujours s'habituer les uns aux autres, les anciens aux nouveaux, mais aussi les nouveaux aux anciens. Il faut toujours se découvrir mutuellement, écouter les histoires d'enfance les uns des autres, et avec tout cela, construire une vie communautaire sous le regard de Dieu, dans l'amour de Dieu. Sommes-nous prêts pour ce chemin, aussi bien les anciens que les nouveaux ? Alors, manifestons-le lors de ce repas d'accueil du 10 février, et au-delà !
"Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu." (Romains 15, 7)
Bettina Cottin
D'où viens-tu, ma sœur, mon frère ? Chemin Faisant, février 2008
D'où viens-tu, ma sœur, mon frère ?
Je viens comme toi, mon frère, ma sœur,
loin de toi, du Ghana, du Lesotho,
du Cameroun, de Suisse, du Togo, de France ;
cependant si proche de toi,
de la même famille du Christ dispersée sur la terre.
Mon frère, ma sœur, cette unité en Christ
constitue notre héritage, légué à nous
par les frères et les sœurs qui nous ont précédés.
C'est un héritage d'amour,
qui nous lie au Père et au Fils,
un héritage fortifié et renouvelé par l'Esprit Saint ;
un amour qui nous porte à annoncer au monde
que Dieu est en nous et en tous,
et sa gloire réside dans l'amour
que tous ses fils manifestent envers Lui
et entre eux tous.
Mon frère, ma sœur,
cet héritage, nous te le laissons,
afin que toi aussi, tu le fasses fructifier :
Au milieu des menaces de mort de nos sociétés,
tu répands la vie.
Au milieu des idéologies qui aliènent,
tu annonces la liberté.
Au milieu des pouvoirs d'oppression,
tu proclames les droits des fils de Dieu.
En tout ceci tu porteras ce titre de gloire,
le plus beau de tous parce que venant de Dieu :
Tu es le serviteur du Christ
au service de tes frères et sœurs.
(Conseil de la Cévaa, Nkondjock, 1985)
Les chrétiens s'associent Chemin Faisant, janvier 2008
En ce début d'année , partageons d'abord des vœux sincères de bénédiction et de paix, d'espérance et de consolation. Puissiez-vous regarder avec confiance vers l'avenir et recevoir la force pour chaque jour !
La confiance en l'avenir ne va pas de soi. Les chrétiens ne sont pas plus naïfs que les autres. Nous sommes, au contraire, peut-être plus alarmistes. Nous refusons les fausses sécurités et regardons les problèmes en face. Mais nous avons confiance en Dieu et en sa promesse. C'est pourquoi nous ne restons pas dans notre coin sans réagir, mais nous cherchons des alliés pour la confiance.
Ces alliés sont de deux sortes : ce sont les autres chrétiens, les autres Églises, et ce sont aussi tous ceux dans la société qui partagent avec nous un même idéal, un même combat, mais pas la même foi.
L'association avec les autres Églises, c'est l'œcuménisme. Cette année, dans notre secteur, nous travaillons ensemble sur les défis actuels, l'écologie, le communautarisme, et vous invitons tous à partager notre réflexion, notre prière et notre engagement .
L'association avec les forces vives de la société, c'est l'activité associative proprement dite. Notre Église a une bonne expérience dans ce domaine, qui va de l'animation de jeunesse jusqu'à l'action sociale. En ce mois de janvier, justement, le diaconat ou Entraide protestante nous invite à découvrir le nouveau profil de l'engagement chrétien, avec Olivier Brès , lors du repas du 2e dimanche, 13 janvier. Et c'est aussi le 40e anniversaire de Jeunesse et amitiés protestantes, JAP, qui constitue l'interface de l'Église avec le monde associatif. Joyeux anniversaire ! Allons avec confiance vers l'avenir.
Fraternellement à tous Bettina Cottin
Accueillir l’an nouveau Chemin Faisant, janvier 2008
Je te souhaite, pour l’année qui s’ouvre,
Non pas de réussir dans toutes tes entreprises,
Mais de recevoir et d’accueillir
Dans ton cœur et dans ta vie,
Jour après jour et pas à pas,
L’amour de Dieu qui donne sens à l’existence.
Je te souhaite, non de ne subir aucun échec,
Mais d’accueillir comme un don immérité
La force qui permet de rester debout,
Malgré les lourds fardeaux.
Je te souhaite, non des jours paisibles,
Mais la capacité de te laisser déranger par les autres,
D’accueillir celui qui est différent
Comme un envoyé de Dieu.
Je te souhaite, non d’avoir réponse à toutes les questions,
Mais de savoir recevoir les interrogations des autres,
De porter en toi leurs peines, leurs soucis,
Leurs conflits irrésolus,
Pour être auprès d’eux une sœur, un frère solidaire,
Porteur de partage et de paix.
Trouvé dans Une Bonne Nouvelle, ça se partage, éd. DEFAP 2005
Toi, l'enfant de Bethléem,... Chemin Faisant, décembre 2007
Toi, l'enfant de Bethléem,
au milieu de nos étonnements
tu prends corps…
Corps de promesse,
corps de tendresse,
corps où chante la présence de l'Autre !
Toi, l'enfant de Bethléem, au milieu de nos déchirements,
tu es corps…
Corps de solitude,
corps de fragilité,
corps où se dit notre humanité !
Toi, l'enfant de Bethléem,
au milieu de nos rencontres,
tu deviens corps…
corps de liberté,
corps de pardon,
corps où s'annoncent les retrouvailles !
Toi, l'enfant de Bethléem,
qui fais fleurir la terre,
apprends-nous comment on devient corps !
Francine Carillo
Trouvé dans Traces vives, Paroles liturgiques pour aujourd'hui, Labor et Fides 1997.
Libérez Noël ! Chemin Faisant, décembre 2007
Dans le fond, les chrétiens devraient s'en féliciter : voilà une fête universellement partagée et appréciée, et qui a peut-être plus de succès encore à l'extérieur des murs des Églises qu'à l'intérieur. A chacun sa fête. Il est probablement indispensable d'avoir, au cœur de l'hiver, quelques jours de réjouissances qui tranchent sur le sérieux du quotidien. La date du Noël chrétien s'est bien fixée sur ce temps de fêtes. Par rapport au solstice d'hiver, Noël proclame que Jésus-Christ est la lumière du monde. Par rapport aux saturnales romaines, Noël annonçait une joie qui dépasse de loin nos quelques frivolités terrestres. Aujourd'hui, le Noël de tout le monde, le Noël commercial, est peut-être après tout une réminiscence d'un certain passé païen…
Et le Noël chrétien ? Il témoigne de l'amour de Dieu qui ne s'est pas cru supérieur à nous, à ce qui nous réjouit et nous angoisse. Il est venu nous rejoindre là où nous n'échappons pas à la réalité : dans notre chair. Cette "incarnation", cette entrée du Dieu éternel dans nos limites, n'a pas fini de nous émerveiller. Et toute la décoration de la fête n'est qu'au service de cet émerveillement. Alors, n'hésitons pas à trancher. Laissons de côté tout ce qui ne sert pas à nous rapprocher de Dieu et les uns des autres, choisissons tout ce qui exprime la joie, l'amour, la paix et la solidarité. Et si certains choix posent question aux autres, tant mieux : ce sera un témoignage qui libère.
Fraternellement à vous Bettina Cottin
Seigneur, tu me dis : confiance ! Chemin Faisant, novembre 2007
Quand la vie me fait peur, avec son cortège de changements,
de bouleversements, d'inconnu,
tu me dis : confiance.
Quand j'ai mal dans mon corps touché par la maladie,
que la souffrance et la peine me rendent prisonnier et me découragent,
tu me dis : confiance.
Quand l'envie me prend de baisser les bras, lassé par les combats,
usé par les échecs,
tu me dis : confiance.
Quand la violence semble le seul message possible,
le chacun pour soi la seule réponse,
tu me dis : confiance.
Quand le sourire apparaît, la main se tend,
le cœur s'ouvre, ton royaume se partage,
tu me dis : confiance.
Pour que le chemin partagé dans nos Églises
soit ferment d'unité et témoignage de fraternité,
tu nous dis : confiance.
Dans cet esprit, nous et disons ensemble :
Notre Père …
Anonyme.
Vie & Liturgie, N° 72, septembre 2007
Conte chinois Chemin Faisant, novembre 2007
Je me souviens d'un bref conte chinois qui nous parle des vicissitudes d'un paysan pauvre. Un jour, son unique cheval s'enfuit. Les voisins lui disent : "Quel malheur pour toi !" Mais le paysan répond : "Êtes-vous sûrs que c'est un malheur ?" Quelque temps après, le cheval revient, accompagné de trois jeunes chevaux sauvages. Les voisins disent alors : "Quelle chance pour toi !" Et le paysan de répondre : "Êtes-vous sûrs que c'est une chance ?" Encore un peu de temps, et le fils du paysan essaie de monter les chevaux sauvages. Mais il tombe et se casse une jambe, qui se ressoude mal. Le jeune paysan boitera toute sa vie. "Cette fois, c'est vraiment un malheur qui t'a frappé", disent les voisins. Et le paysan de répondre : "Comment pouvez-vous être si sûrs que c'est un malheur ?" Quelques années après, l'empereur déclare la guerre à son voisin et lève des troupes. Les recruteurs viennent aussi dans la pauvre ferme. Mais, voyant le père trop vieux et le fils boiteux, ils repartent sans succès. "Vous voyez", dit alors le paysan à ses voisins," on ne peut pas décréter si une chose est un malheur ou une chance, tant que le dernier mot de l'histoire n'est pas dit.
C'est une belle leçon de sagesse, que j'ai eu envie de partager avec vous. Les chrétiens peuvent aussi en apprendre quelque chose. Mais notre sagesse n'est pas exactement la même. La différence dépend de ce que nous entendons par "le dernier mot". Faut-il attendre le dernier jour de toute l'histoire humaine ? Ce serait alors le Jugement dernier, lors duquel Dieu révèlera la vérité de tous et de chacun.
Mais nous n'avons pas besoin d'attendre jusque là. Car Dieu a déjà dit un dernier mot ! Et celui-ci reste valable tout au long de notre histoire. Ce dernier mot, c'est la parole de la grâce. C'est la croix et la résurrection de Jésus-Christ, pour notre pardon, notre espérance, notre salut.
Dès lors, grâce à ce dernier mot de Dieu, nous pouvons avoir confiance, à travers tout ce que la vie nous apporte, malheur et bonheur. Le Christ est avec nous, et en son nom, nous pouvons prier et agir, ensemble, pour que le malheur ne reste pas vainqueur, et que le bonheur soit authentique.
Avec mes pensées fraternelles pour ce mois de novembre, difficile pour certains.
Bettina Cottin
Si la note disait... Chemin Faisant, octobre 2007
Si la note disait :
Ce n'est pas une note
qui fait une musique
… il n'y aurait pas de symphonie.
Si le mot disait :
Ce n'est pas un mot
qui peut faire une page
… il n'y aurait pas de livre.
Si la pierre disait :
Ce n'est pas une pierre
qui peut monter un mur
… il n'y aurait pas de maison.
Si la goutte d'eau disait :
Ce n'est pas une goutte d'eau
qui peut faire une rivière
… il n'y aurait pas d'océan.
Si le grain disait :
Ce n'est pas un grain de blé
qui peut ensemencer un champ
… il n'y aurait pas de moisson.
Si l'homme disait :
Ce n'est pas un geste d'amour
qui peut sauver l'humanité
… il n'y aurait jamais eu de justice
et de paix,
de dignité et de bonheur
sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note,
comme le livre a besoin de chaque mot,
comme la maison a besoin de chaque pierre,
comme l'océan a besoin de chaque goutte d'eau,
comme la moisson a besoin de chaque grain de blé,
l'humanité tout entière a besoin de toi,
là où tu es, unique et donc irremplaçable.
Michel Quoist
Êtes-vous important ? Chemin Faisant, octobre 2007
Voyons … est-ce là une question bien chrétienne ? bien protestante ? N'avons-nous pas plutôt appris à ne pas nous donner d'importance ? A nous rendre utile et puis nous effacer ? C'est la force du protestantisme – en tout cas, ça l'a été. Mais petit à petit, ce modèle fonctionne moins bien. Nos contemporains découvrent de plus en plus difficilement la vérité profonde du "Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir." On demande d'abord : que vais-je recevoir ? Avant de chercher : que puis-je donner ?
Sincèrement, n'avez-vous pas envie de savoir que vous avez de l'importance ? D'être apprécié pour ce que vous êtes ? De compter pour quelqu'un ? Il n'y a là aucune vanité. C'est naturel, c'est humain, et c'est sain. Si je néglige ce besoin d'avoir de l'importance, je risque de fausser l'idéal "Aime ton prochain comme toi-même." Car si je m'aime mal, c'est mal parti pour mon prochain aussi !
Retenons bien ceci : Nous avons de l'importance, chacun en ce qu'il est. La Parole de Dieu résonne fortement en nous : "Ne crains rien, car je te rachète, je t'appelle par ton nom : tu es à moi!" Mais nous n'avons pas d'importance pour nous tout seuls. "Je vous ai choisis", dit Jésus, "pour que vous alliez et que vous portiez du fruit." Nous avons de l'importance dans la relation vivante avec Dieu et les autres, en donnant et en recevant. Dans la communauté et dans l'engagement.
Chers amis, essayez de recevoir dans cet esprit-là les appels à l'engagement et les invitations à rejoindre la communauté. Chers amis post-catéchumènes, ne restez pas seuls avec votre foi, vos questions, vos besoins et votre générosité ! Ce mois d'octobre vous offre plein d'opportunités.
Et si vous étiez justement la note sans laquelle il n'y aura pas de musique … ou le grain sans lequel il n'y aura pas de pain ?
Bien à vous. Bettina Cottin
Silence... car Dieu a parlé Chemin Faisant, septembre 2007
Silence … car Dieu a parlé.
Vous n'entendez rien ?
Chut ! Écoutez ! Toujours rien ?
Venez, je vais vous dire un secret.
Pour entendre un oiseau,
cessez d'écouter l'avion.
Pour entendre une petite flûte,
cessez d'écouter la grande batterie.
Pour entendre l'amour,
cessez d'écouter la haine.
Pour entendre le murmure de Dieu,
cessez d'écouter les vacarmes du monde.
Et quand vous aurez appris à reconnaître ces voix,
vous pourrez entendre :
L'oiseau au cœur de l'aéroport,
la flûte au cœur de l'orchestre,
l'amour au cœur d'une guerre,
et Dieu au cœur de tout être !
Shafique Keshavjee
Garder l'essentiel Chemin Faisant, juin 2007
J'espère que l'été aura donné à chacun de vous l'occasion d'un ressourcement, d'un temps de repos, de découvertes peut-être, et d'occasions de rencontres et de retrouvailles. En été, nous pouvons prendre un peu de distance par rapport au quotidien, mettre de l'ordre dans nos pensées, comprendre un peu mieux ce que nous sommes en train de vivre. L'ouverture envers mon prochain peut aussi renaître en été. Par exemple, ces dernières années, nous avons appris à être sensibles au risque d'isolement des personnes âgées.
Comment reprendrons-nous les activités après l'été ? Arriverons-nous à nous rappeler quelques-unes de ses leçons, de ses ouvertures d'horizon, de ses moments de méditation ? Arriverons-nous à garder l'essentiel de notre vie au milieu des sollicitations, et aussi des distractions ? Et quelle orientation nous donne notre foi ?
Ce retour à l'essentiel est important pour chacun d'entre nous. Il est particulièrement important pour tous ceux qui sont engagés dans les activités d'enfance et de jeunesse. Car c'est seulement si nous sommes au clair de ce qui est essentiel pour nous que nous pouvons transmettre des contenus de la foi, et du savoir, aux plus jeunes. D'autant que le protestantisme, comparé à d'autres religions, est pratiquement dépouillé de rites, de folklore, d'éléments visibles ou accessoires. Nous creusons le sens de la relation avec Dieu, et de l'engagement dans le monde, à travers la découverte de la Bible, toujours renouvelée. Nous vivons de la grâce.
Que transmettons-nous ? Des contenus de la foi, du savoir biblique … mais aussi une certaine attitude, faite de respect, d'accueil, et d'esprit de découverte. Nous espérons éveiller le sens pour l'essentiel.
Je vous souhaite à tous une rentrée sous le signe de la grâce de Dieu.
Bettina Cottin
Cueille le temps Chemin Faisant, juin 2007
Tu ne peux pas retenir le temps. Il passe.
Il coule entre tes doigts comme l'eau de la fontaine.
Il glisse dans ta main comme le sable de la mer.
Tu ne peux rattraper le passé. Il n'est plus.
Il s'en est allé comme le couchant d’hier.
Il est disparu comme un souvenir perdu.
Tu ne peux emprisonner le futur. Il n’est pas encore.
Il viendra à son heure, comme le levant de demain.
Il te rejoindra, comme la vague qui s’approche du rivage.
Mais tu peux toujours cueillir le présent
Comme un beau présent de Dieu.
Ce présent est comme un grand arbre :
Il plonge ses profondes racines
Dans ton passé tout plein de souvenir et d’expérience,
Comme une sagesse accumulée.
Et il lance ses longues branches vers ton futur, tout plein
De promesse et d’espérance, comme un projet emballant.
Le présent est fait de ton passé qui n’est plus
Et de ton futur qui n’est pas encore...
Prends le temps qui t’est donné à chaque instant qui passe.
Cueille-le précieusement comme l’eau du ruisseau
Qui t’est toujours disponible.
Ne gaspille pas ton temps, c’est un cadeau de Dieu.
Ne passe pas ton temps à courir après le temps.
Prends ton temps.
Ne dis pas : je n’ai pas le temps.
Dis plutôt : j’ai tout mon temps.
Ne sois pas avare de ton temps.
Donne de ton temps aux autres comme Dieu te le donne à toi.
Ne cours pas tout le temps, prends ton temps.
Laisse au temps le temps de faire son temps.
Alors tu gagneras du temps,
Et tu découvriras que c’est beau, et bon, le temps,
Que c'est plein de Dieu dedans.
Jules Beaulac
v
La louange de la création Chemin Faisant, juin 2007
"Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue céleste annonce l'œuvre de ses mains. Le jour en donne instruction au jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, leur voix n'est pas entendue. Leur trace apparaît sur toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde." (Psaume 19, 2-5)
Dans notre esprit occidental, très centré sur l'humain, nous sommes tentés de penser que nous sommes les seuls à rendre gloire à Dieu, à témoigner de son action et à enseigner le contenu de la foi. Mais dans l'esprit des Psaumes, il en va autrement. Tout ce qui existe dans notre univers a part à l'intelligence et à la louange de Dieu. Ce n'est pas un langage comme le nôtre, mais enfin, nous pouvons le comprendre par l'intuition de la foi, par la connaissance des sciences naturelles, par la réflexion philosophique et éthique.
La sauvegarde de la création gagne une dimension nouvelle si nous considérons que la louange de Dieu n'est pas réservée aux humains, mais partagée entre tout ce qui existe, et que chaque élément s'exprime de façon spécifique. Le poète et théologien Ernesto Cardenal a ainsi paraphrasé le Psaume 19 : "Les galaxies chantent la gloire de Dieu. Arcturus 20 fois plus grand que le soleil … Antarès 487 fois plus brillant que le soleil … et la nébuleuse du Bouvier … annoncent l'œuvre de ses mains. Son langage est un langage sans paroles (ce n'est pas comme les slogans des hommes politiques), mais ce n'est pas un langage qui ne s'entend pas…"
Le vrai progrès de la pensée humaine, des découvertes humaines, de l'intelligence humaine, dont nous avons maintenant besoin pour éviter la catastrophe écologique et pouvoir vivre sur cette terre avec un espoir d'avenir, ce sera de comprendre ce langage, de décloisonner notre esprit et notre sens des responsabilités. Ainsi, notre espoir de vivre encore heureux dans la création aboutira au partage du concert de louange de tout ce qui existe. Et cette nouvelle intelligence sera en même temps notre guide éthique : "La loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme, …le commandement de l'Éternel est limpide, il éclaire les yeux… Les ordonnances de l'Éternel sont vraies, elles sont toutes justes, plus précieuses que l'or, plus douces que le miel…" (Psaume 19, 8-11).
Dans cet esprit de reconnaissance et d'engagement, je vous souhaite à tous un été béni.
Bettina Cottin
Si un enfant ... Chemin Faisant, mai 2007
Si un enfant vit dans la critique, il apprend à condamner
Si un enfant vit dans l’hostilité, il apprend à se battre
Si un enfant vit dans le ridicule, il apprend à être gêné
Si un enfant vit dans le soupçon, il apprend à se sentir coupable
Si un enfant vit dans la tolérance, il apprend à être patient
Si un enfant vit dans l’encouragement, il apprend à être confiant
Si un enfant vit dans la reconnaissance, il apprend à estimer
Si un enfant vit dans la loyauté, il apprend la justice
Si un enfant vit dans la sécurité, il apprend à avoir foi
Si un enfant vit dans l’approbation, il apprend à s’aimer lui-même
Si un enfant vit dans l’amitié, il apprend à trouver l’amour dans le monde
Si un enfant vit dans un climat de prière, il apprend à fréquenter Dieu
Si un enfant vit en exprimant en famille l’action de grâce,
il apprend à donner saveur et couleur au temps.
D'après Dorothy Law Nolte
Le dialogue, encore et toujours Chemin Faisant, mai2007
Les Églises de notre secteur ont vécu une série de dialogues, tout au long de ces derniers mois, et ces dialogues nous ont obligés à sortir un peu de notre vie d'Église et de notre identité protestante pour aller à la rencontre d'autres pensées, d'autres identités et d'autres traditions religieuses. C'est un travail exigeant, qui demande en même temps beaucoup de patience, car les fruits ne mûrissent que lentement. Seul un cheminement dans la durée, solidaire et lucide, permet d'aboutir à des résultats concrets, que l'on peut soumettre à un plus large public.
Vous trouverez dans ce numéro l'appel des jeunes contre la violence "Ensemble, nous vivons", ainsi que l'historique de son élaboration. Avez-vous remarqué l'expression respectueuse et, en même temps, authentique des convictions profondes de chacune des religions ? Il a fallu la rencontre des jeunes, mais aussi la préparation de cette rencontre, et l'intense travail de réflexion des responsables, pour arriver à cet appel vibrant.
Dans notre paroisse, nous avons vécu d'autres moments de dialogue, comme la soirée "Protestants en débat" avec les paroissiens évangéliques, autour du thème de l'accueil de l'étranger. Ou encore la soirée avec l'association "Intégration musulmane spinassienne", un repas accompagné d'un échange autour de nos traditions religieuses. Ces rencontres ne permettent pas encore d'aller jusqu'au fond de toutes les questions, comme nous avons déjà pu le faire avec les catholiques. Mais cela peut être un début.
Mais ne risquons-nous pas de perdre notre identité, dans tous ces dialogues ? La plupart du temps, nous constatons, au contraire, que notre pensée et notre pratique protestante intéressent beaucoup nos partenaires et sont volontiers respectées. Pour notre part, nous apprenons à distinguer nos vraies traditions théologiques des simples habitudes qui se sont installées au cours du temps. Dans un certain sens, nous redécouvrons aussi le protestantisme. Et nous nous souviendrons peut-être que notre identité actuelle s'est aussi forgée en dialogue avec les pensées et actions des autres, comme par exemple … le scoutisme.
Je nous souhaite de vivre encore bien d'autres découvertes dans le dialogue.
Bettina Cottin
La terre tremble Chemin Faisant, avril 2007
Les tremblements de terre sont depuis toujours des catastrophes naturelles redoutables. Il semble même que le changement climatique en augmente la fréquence. L'humanité se trouve devant des défis immenses – pourra-t-elle faire face ?
Sur le plan de la physique et de la géologie, les tremblements de terre indiquent "simplement" que notre planète est "vivante", qu'elle n'a pas fini d'évoluer. Cette évolution ne va pas sans crises, sans secousses. Elles font des dégâts, mais elles sont aussi porteuses de nouveautés (p.ex. biodiversité), d'avenir.
Dans la Bible aussi, les tremblements de terre sont ambivalents. Ils sont effrayants pour l'homme, mais ce sont aussi des signes qui accompagnent la venue de Dieu (théophanie). Il y a là quelque chose qui dépasse l'humain, mais qui lui ouvre aussi des perspectives nouvelles, une sorte d'intuition du ciel de Dieu.
L'évangile de Matthieu est le seul à mentionner deux tremblements de terre lors de la Passion de Jésus : le premier, au moment de sa mort sur la croix. Il déclenche la confession de foi de la part de ceux-là même qui ont exécuté la sentence de mort, le centurion romain et ses soldats : "Vraiment, celui-ci était fils de Dieu." Pourtant, le fils de Dieu n'est pas vraiment reconnaissable dans ce corps qui sera enterré dans une sépulture elle-même doublement verrouillée par la grande pierre et par une faction de gardes.
Le deuxième tremblement de terre survient au moment de la résurrection, plus précisément au moment où l'ange descend et écarte la pierre du tombeau. La situation est désormais inversée : les gardes tombent "comme morts", tandis que l'ange assis sur la pierre, et le tombeau ouvert, indiquent clairement que le fils de Dieu a triomphé de la mort.
Mais seule l'arrivée des femmes, témoins de la résurrection, mettra vraiment la Bonne Nouvelle en marche. Un tremblement de terre n'évangélise pas. Les signes de la résurrection de Jésus, du triomphe de Dieu sur la mort, ont besoin d'être inscrits dans le concret du quotidien, par les témoins et les croyants, pour devenir signes d'espérance au cœur de l'histoire humaine.
Est-ce que la résurrection change quelque chose dans notre vie, dans nos façons de penser et de faire ? Est-ce que nous ressentons quelque chose de cette secousse intérieure qui nous met en mouvement, comme les témoins du Nouveau Testament ? Devenons, dans notre présent, témoins de l'espérance, pour notre prochain, pour notre monde – et aussi pour notre terre !
Bien à vous sur le chemin de Pâques
Bettina Cottin
Il faut se lever avec Lui,... Chemin Faisant, avril 2007
Il faut se lever avec Lui,
c'est le troisième jour,
et rouler de côté les lourdes pierres
qui empêchent la vie de hisser ses voûtes vers le ciel.
Il faut se lever avec Lui,
c'est le troisième jour,
et détacher la vie du repli sur soi,
car elle n'a de sens que dans le dépassement extrême de l'amour
et ne se bâtit que dans l'offrande absolue de soi.
Il faut arracher la vie aux maladies qui lézardent ses murs
et qu'on appelle haine, intolérance, fanatisme,
ou quel que soit le nom du péché.
Il faut soulager le poids insupportable des croix si largement distribuées,
qui maintiennent la vie à terre.
Il faut se lever avec Lui,
c'est le troisième jour,
et se mettre à l'Évangile pour construire la vie
de toutes les manières et sous toutes les formes.
Alors le jour viendra où les bois de toutes les croix
et les pierres roulées de tous les tombeaux
seront assemblés pour construire la demeure de vie pour l'éternité.
Il faut se lever :
avec Lui commence le travail de la Résurrection.
(Trouvé dans "Chants des Vivants", éditions Ouverture)
Remerciements cordiaux ! Chemin Faisant, mars 2007
La nouvelle de votre soutien généreux à notre projet « Déplacer notre tente ! » a profondément honoré et rempli de reconnaissance joyeuse le conseil presbytéral et toute la communauté d’Ermont-Taverny.
Alors que nous attendons avec impatience la réponse de la mairie suite au dépôt du permis de construire, votre don conséquent vient insuffler à notre motivation un nouvel élan. Grâce à vous, nous nous rapprochons pas à pas de notre « terre promise » : finaliser ce projet de construction en ayant un budget équilibré !
Nous accueillons votre beau geste comme un signe exprimant la confiance qui circule entre nos deux Eglises locales. En 2002, lorsque vous nous avez cédé la propriété des terrains sur lesquels étaient bâtis nos temples, nous avions déjà senti combien l’amitié que vous nous portez était forte. C’est d’ailleurs suite à cette cession que les volontés et les énergies ont été rassemblées pour mener le projet immobilier actuel.
Alors que nous expérimentons à nouveau cette confiance, nous voulons vous dire que nous l’accueillons comme quelque chose d’immensément précieux. Le ciment qui permet aux murs d’être solidement debout est-il constitué uniquement de gravier et d’eau ? Pour qu’il devienne cette pâte liante, il y a besoin qu’une réaction chimique ait lieu. Aujourd’hui, dans notre prière d’action de grâce, nous remercions Dieu d’avoir permis que cette réaction chimique se fasse entre nos deux communautés. Merci pour cette confiance partagée ! C’est elle et elle seulement qui permet à l’Eglise avec un grand E de tenir debout !
Que les projets qui existent entre nos deux communautés (conseils presbytéraux en commun, visite à l’occasion des JPR, kermesses et autres grillades, actions au niveau de la jeunesse…) nous permettent de vivre encore souvent cette alchimie …
Au nom de l’Eglise réformée d’Ermont-Taverny Luc-Olivier Bosset,Pasteur
Que ta volonté soit faite Chemin Faisant, mars 2007
Le temps du carême, ces semaines de préparation à Pâques, est un temps de retour sur soi et d'ouverture à Dieu. Un temps pendant lequel nous prenons conscience de la place que la foi tient dans nos vies. C'est un temps de simplicité, de silence, souvent, un temps de mémoire, mais aussi de questionnement, un temps d'humilité et d'abandon à l'amour de Dieu.
Que ta volonté soit faite
Bien jeune encore,
Quand l'insouciance
Fait place à la raison
Je t'ai rencontré.
Perdu, n'osant rien dire,
De peur qu'on se moque
Sans m'expliquer
Pourquoi et comment
Tu étais entré chez moi,
Sans y être invité.
J'ai pensé au hasard…
Puis j'ai grandi,
Et peu à peu compris
Que le hasard,
Mot qui convient
A ceux qui t'ignorent,
N'était pour rien
Dans notre rencontre.
Que c'était ta volonté
De me voir te suivre,
Et de m'accompagner
Ma vie durant,
Jusqu'à ce que tu m'appelles,
Un jour prochain,
J'aimerais bien,
Auprès de toi.
Yves Dufresne 24.06.2006
Proclamer la Bonne Nouvelle par le service Chemin Faisant, février 2007
Les gestes de la vie quotidienne, les actes de solidarité, les services rendus aux personnes et aux projets, ont une portée bien plus vaste que leur simple utilité. Ils ne sont pas seulement indispensables pour la bonne marche de la vie – dans notre cas : de la vie de l'Église. Ces actes ont aussi une parole, ils délivrent un message.
Le message de tout engagement, de tout service est un grand oui à la vie. Oui à la solidarité, à la joie, à la fidélité, et aussi à la création, à l'exploration d'horizons nouveaux. L'engagement concret et le service pratique font que les idées nouvelles ne restent pas en l'air, que les projets d'avenir prennent forme. Les actes enracinent la parole et nous rendent présents aux autres. Ils confirment au niveau pratique la parole de la Bonne Nouvelle.
Le mois dernier, nous avons appelé à proclamer la Bonne Nouvelle par la parole, dans ses différentes applications de la vie de l'Église. Aujourd'hui, nous voulons encourager tous ceux qui se sentent à l'aise dans les gestes pratiques et dans le service, à servir à leur tour la Bonne Nouvelle par les actes. Rappelons quelques exemples d'application, là encore dans le cadre de la vie d'Église.
Proclamer la Bonne Nouvelle par le service, c'est avant tout le projet du diaconat (entraide), avec la distribution alimentaire et l'aide au vestiaire, l'accompagnement de personnes en difficulté et les visites. Accompagner en voiture des personnes handicapées ou qui ont du mal à se déplacer, pour le culte ou des réunions, est un autre service précieux. La garderie des enfants pendant le culte accueillera avec joie plus de volontaires. Fleurir la table de communion, voilà une autre idée. Des engagements spontanés (inviter une personne seule le dimanche à midi) ou planifiés (service de librairie … accueil aux concerts…) s'offrent à votre choix. Le grand bouquet final de ce feu d'artifice, ce sont évidemment les fêtes paroissiales, où les tâches sont très diversifiées, ouvertes à tous les talents.
En vous souhaitant de trouver votre joie dans le service de la Bonne Nouvelle, fraternellement à vous.
Bettina Cottin
Seigneur, nous rêvons toujours ... Chemin Faisant, février 2007
Seigneur, nous rêvons toujours d'une maison
pleine de rires et de chansons,
une maison qui sente bon le pain chaud et la lavande,
une maison où l'on ait hâte de retourner …
Qu'il fait bon, Seigneur, quand on revient chez soi
libéré du besoin de se justifier,
libéré de la comparaison avec les autres,
libre d'être soi-même, à nu devant toi !
Qu'il fait bon vivre, Seigneur, quand on revient chez soi
avec l'envie d'ouvrir grand les portes et les fenêtres,
avec l'envie que les autres se sentent chez eux,
dans une maison pleine de rires et de chansons,
Une maison où Jésus ait choisi de demeurer
parce qu'il passait par là
et que la porte était ouverte !
Lytta Basset
in : Traces vives, paroles liturgiques pour aujourd'hui, Genève 1997 (Labor & Fides)
Souhaitons-nous une bonne année – proclamons la Bonne Nouvelle Chemin Faisant, janvier 2007
Chers amis lecteurs, les vœux de Nouvel An de la part de la paroisse qui s'expriment dans les pages de ce journal sont bien sincères. Ils recouvrent tant de vœux spécifiques et personnels, selon la situation de chacun, selon les souvenirs, les projets et les espoirs d'avenir que nous partageons les uns avec les autres. Ces vœux contiennent aussi la promesse de faire de notre mieux pour qu'une vraie communauté de solidarité, de foi et d'espérance se forme au fil des jours.
Permettez-moi d'ajouter un vœu pour notre Église dans son ensemble. Ce vœu, c'est que tout un chacun puisse devenir porteur de la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu. Chacun à sa façon, chacun à la place où il est, mais aussi à travers les changements et déplacements de sa vie. Car l'annonce de la Bonne Nouvelle au monde est la raison d'être de l'Église. Dans beaucoup de domaines, elle pourrait être remplacée par des associations spécialisées, depuis l'animation musicale jusqu'aux visites. Mais l'annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, personne ne la fera à la place de l'Église.
Ce mois-ci, je voudrais lancer un appel à tous ceux qui ont envie d'annoncer la Bonne Nouvelle par la parole. Même si cette envie devait être accompagnée de beaucoup de réticences et d'hésitations. Si cette vocation est en vous, quelque part, nous trouverons le temps et les moyens de la formation, de l'encadrement, du développement communautaire, jusqu'à ce que cette parole soit prête, que la communication soit au point, et que la Bonne Nouvelle puisse être dite.
Dans quels domaines de l'Église proclamons-nous la Bonne Nouvelle par la parole ? Ce sont les domaines de l'animation des cultes, la catéchèse des jeunes et des adultes, les relations avec les autres Églises et les autres religions, le service de communication, la rédaction de textes, par exemple pour Chemin Faisant, mais aussi la collaboration à la radio "Fréquence protestante".
Alors, cela vous tente ? Faites-vous connaître, nous vous attendons.
Bien fraternellement à tous Bettina Cottin
Le vitrail de ma vie Chemin Faisant, janvier 2007
Seigneur,
tu m'offres cette année nouvelle
comme un vitrail à rassembler,
avec les trois cent soixante cinq morceaux de toutes les couleurs,
qui représentent les jours de ma vie.
J'y mettrai le rouge de mon amour et de mon enthousiasme,
le mauve de mes peines et de mes deuils,
le vert de mes espoirs et le rose de mes rêves,
le bleu ou le gris de mes engagements ou de mes luttes,
le jaune d'or de mes moissons …
Je réserverai le blanc pour les jours ordinaires …
et le noir pour ceux où tu me sembleras absent !
Je cimenterai le tout par la prière de ma foi
et par ma confiance sereine en toi.
Seigneur,
je te demande simplement
d'illuminer de l'intérieur ce vitrail de ma vie,
par la lumière de ta présence
et par le feu de ton Esprit de vie.
Ainsi, par transparence,
ceux que je rencontrerai cette année,
découvriront peut-être le visage de ton Fils Bien Aimé,
Jésus le Christ, Notre Seigneur.
Amen
G.Lecleir trouvé dans : Expressions de la foi de l'Église universelle,édité par le DEFAP
Noël, un signe d'espérance Chemin Faisant, décembre 2006
La fête de Noël fait tellement partie de notre paysage culturel, "civil", que son contenu chrétien est facilement oublié. Dans une société sécularisée, les signes de la tradition chrétienne de Noël tendent même à disparaître, au profit de la culture publicitaire (Père Noël), de symboles païens (houx, gui) ou franchement touristiques (montagne, neige … ou cerises, à Montmorency). Du domaine religieux subsistent, ici ou là, quelques angelots, visiblement jugés inoffensifs.
Tout ceci n'est pas très grave pour des protestants. Après tout, les symboles de Noël ont été développés pendant un temps assez long, par les Églises chrétiennes, qui puisaient elles-mêmes dans la symbolique qui les entourait, donc dans le monde païen. Ainsi, les étoiles, les pains d'épices, les lutins autour du Père Noël sont pour ainsi dire un cadeau recyclé en provenance de religions antérieures. Mais tous ces symboles ont été interprétés spirituellement et reliés à la Bonne Nouvelle, que la Bible nous transmet en nous racontant la naissance de Jésus, dans les évangiles de Matthieu et de Luc.
Aujourd'hui, il serait peut-être temps de nous approprier à nouveau certains symboles, ou de poser ensemble de nouveaux signes, pour exprimer de façon concrète, "incarnée", ce que Noël veut dire pour nous. Vous trouvez dans ce numéro de Chemin Faisant l'annonce de deux initiatives qui vont dans ce sens.
Les lumières de Bethléem symbolisent l'immense désir de paix dans les conflits qui déchirent notre humanité. Cette initiative est relayée par le scoutisme mondial et donne lieu à des célébrations oecuméniques et des propositions d'engagement chrétien.
Vivre Noël autrement – Mille manières de donner est une proposition chrétienne pour la préparation des fêtes. Dès l'achat des cadeaux, pensons à la protection de l'environnement, au commerce équitable, mais aussi aux idées qui restaurent la paix dans nos relations personnelles, dans nos familles. Autrement dit, faisons un cadeau non seulement pour aujourd'hui, mais aussi en vue de demain, aux générations futures.
C'est dans la joie de l'attente de Noël que j'ai le plaisir de partager avec vous ces idées pour un témoignage chrétien ouvert sur le monde.
Fraternellement
Bettina Cottin
NOËL Chemin Faisant, décembre 2006
Qu'est-ce que Noël pour toi ?
Pour moi, c'est l'anniversaire de l'homme qui a dit
aux autres hommes : "Aimez-vous les uns les autres".
Et cette parole, qui n'avait jamais été prononcée
auparavant, s'en est allée par le monde et,
de siècle en siècle, s'est imposée davantage.
Aujourd'hui, elle est au fond de ton être,
tout au fond de ta conscience.
Et que tu le veuilles ou non, tu sais bien que c'est
la seule chose qui vaille la peine d'être faite.
Aimer les hommes. Etre bon pour tous,
doux de cœur, patient, bienveillant, et savoir
à l'occasion faire cet effort spontané pour aider
et pour servir.
Aujourd'hui nous fêtons Noël. L'anniversaire
d'un homme, le meilleur qui ait vécu, celui
auquel personne n'a pu faire de reproche.
Ouvrons la porte de nos âmes, et laissons pénétrer plus
avant, dans nos consciences, son vieux commandement :
"Aimez-vous le uns les autres ! "
Oui, pourquoi pas ? Aimons-nous les uns les autres,
soyons bons les uns pour les autres, doux de cœur,
patients, bienveillants. Et sachons, à l'occasion
faire cet effort spontané pour aider et pour servir.
2e livre de Lézard (totem d'une cheftaine d'éclaireuses des années 30)
Ressourcer Chemin Faisant, novembre 2006
Non, ceci n'est pas le début d'un article financier, même si le mot "ressource" désigne le plus souvent des valeurs matérielles et financières et non une énergie naturelle… Le thème choisi pour la fête paroissiale du 12 novembre de cette année, "L'eau, source de vie", nous ramène à la réflexion sur la condition indispensable au surgissement de la vie. Devenons sensibles aux menaces qui pèsent sur cette ressource de la vie sur notre planète !
La Bible, en tant que livre écrit essentiellement en climat sec, fournit une multitude d'images "aquatiques" illustrant la promesse de la vraie vie que Dieu nous donne. Qui ne se souvient de Psaume 23, "Il me dirige près des eaux paisibles" ? Attention toutefois à la capacité destructrice des masses d'eau incontrôlables (déluge, mer) … Les promesses bibliques préfèrent se rattacher à l'eau là où elle vient en douceur (pluie, source, rivière).
Même sous une forme non religieuse, la recherche de plénitude de vie puise dans l'imaginaire de l'eau. Ne conseille-t-on pas à tout un chacun de se ressourcer régulièrement, afin de ne pas se dessécher dans le stress quotidien ? Mais le meilleur n'a peut-être pas encore été dit. Nous le trouvons dans une parole de Jésus, poétique et polémique à la fois. Jean 7, 38 : "Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture." Ne pas songer uniquement à se ressourcer, égoïstement, mais nous ressourcer les uns les autres : quelle promesse de vie !
Vous trouverez la suite des découvertes bibliques à la journée protestante de rencontre, le 12 novembre. Bon ressourcement !
Bettina Cottin
Reprendre haleine Chemin Faisant, novembre 2006
Je partage avec vous cette exhortation tirée de la règle de Reuilly :
"Dégage-toi dans la mesure même où tu t'engages sans compter. Prends de la distance dans la mesure même où tu communies fraternellement à autrui".
Le coeur humain, même le plus généreux, n'est pas inépuisable. Dieu seul est illimité. A exiger sans cesse le maximum de lui-même, l'être profond se dissocie et se perd. La parole devient vide et la prière inquiète. Pour retrouver un regard libre sur les événements, il faut fuir et se tenir tranquille et rassemblé devant le maître de tout.
Pars donc vers la source cachée de toute chose. Quitte tout et tu retrouveras tout. Prends le temps de vivre amicalement avec toi-même.
Respire. Reprends haleine.
Apprends dans le repos du corps et de l'esprit la calme lenteur de toute germination. Reçois la paix du Christ.
Ne te hâte pas afin de mieux courir dans la voie des commandements, le coeur au large.
Marie-Laure Guttinger Pasteur au Raincy
La musique, langage universel ou marqueur d'identité ? Chemin Faisant, octobre 2006
La musique, qui est probablement aussi vieille que l'humanité, qui fait écho aux rythmes de la nature autour de nous et aux pulsations du cœur qui bat en nous, la musique devrait pouvoir relier entre eux tous les humains, les faire communiquer sans paroles.
En effet, les musiques du monde se rencontrent. Le goût du public et la curiosité des compositeurs vont dans le sens des mélanges. Rythmes africains et guitares espagnoles, sonorités caribéennes et pulsations rock, mélopées égyptiennes et symphonies de Mozart, volutes arabes et orchestration pop … et par-dessus tout le langage universel en musique vocale, j'ai nommé les textes en anglais.
Par contre, à l'intérieur d'une même société, entre les générations, les musiques ne se mélangent pas mais sont de forts marqueurs d'identité. On se définit, surtout en tant que jeune, par la musique qu'on écoute et la musique qu'on déteste, sans transiger. Si, peut-être existe-t-il un tout petit créneau "œcuménique" en France, les chansons de Georges Brassens ?
Les jeunes font souvent état d'une allergie par rapport à la musique classique et toujours, par rapport à la musique de nos cultes. Rappelons qu'il y a 30 ans, les adultes ont eu des boutons par rapport aux guitares rock dans des cultes proposés par certains groupes de jeunes…
Il ne s'est pas passé grand'chose depuis. Les percussions et les guitares électriques s'en sont allées vers les Églises évangéliques. Mais nous, avec les compétences musicales que nous avons, dans la richesse de leur diversité, avec la foi sincère vécue par tant de personnes de tous âges, ne pouvons-nous pas oser, et réussir, un nouveau départ ? Une diversité musicale d'un type nouveau, faite d'écoute mutuelle, d'échange, de créativité ? Engageons-nous dans la création d'un langage musical pour demain, plurilingue et fraternel, dans notre Église !
Nous lançons des ballons d'essai au mois d'octobre – à vous d'y donner suite, si vous le voulez !
Bettina Cottin
La parabole des musiciens Chemin Faisant, octobre 2006
Nous sommes tous les musiciens d'un orchestre fantastique.
Nous avons à jouer une symphonie merveilleuse, la symphonie de la parole de Dieu.
Et nous avons le meilleur chef d'orchestre qui soit : Jésus Christ, par son Esprit Saint. Il est là pour nous donner la force et les moyens d'exécuter parfaitement cette symphonie, c'est-à-dire de répandre la Parole autour de nous.
Il n'y a pas dans un orchestre de suprématie d'un musicien sur l'autre : chaque note a son importance. Pour que tout soit harmonieux, chaque musicien, du premier violon au joueur de triangle, du violoncelliste au joueur de percussion, tous doivent être à l'unisson, tous doivent jouer la note juste, au bon moment, pour rendre parfaite l'exécution de la symphonie. Le joueur de cymbales n'a pas une partition aussi importante que les violons. Mais … imaginez le désordre en cas de fausse note !
Alors, soyons ces musiciens.
Soyons les exécutants du dessein de Dieu. Et soyons confiants, soyons rayonnants. Car nous savons que Jésus Christ fait naître et renaître sans cesse la foi, l'amour et l'espérance !
Éric Flaissier
Parole, parentalité, espérance –Quels repères pour les familles ? Chemin Faisant, juin-juillet-août2006
Dans notre société, la famille est en mutation. Tout comme la structure du travail, les rythmes de la vie, la place des convictions. On a l'impression que tout devient plus compliqué, moins évident. On a surtout besoin de beaucoup plus d'énergie pour maîtriser la vie ordinaire et répondre à ses exigences.
L'Église est directement touchée par ces mutations, puisqu'elle se compose des personnes et des familles d'aujourd'hui, elle vit dans le monde tel qu'il est, au présent. C'est pourquoi l'Église Réformée s'est fixée comme thème de réflexion pour cette année la question placée en titre : Parole, parentalité, espérance – quels repères pour les familles ? Ce sera aussi le thème principal du synode régional de cet automne.
La grande variété des questions est regroupée en plusieurs "ateliers" : 1) La famille, un lieu de parole – 2) Que transmettre ? – 3) Amour, autorité, responsabilité – 4) Père et mère – 5) Église et famille. Chacun de ces ateliers donne l'occasion de pointer les problèmes, et d'en chercher les réponses, p.ex. en 1 : Comment résister à l'envahissement des "écrans" et prendre du temps pour se parler en famille ?, en 2 : Quelles valeurs spécifiques aux protestants coïncident avec celles de la société, lesquelles sont en décalé, prophétiques, difficiles, exigeantes ?, en 3 : Peut-on dire "non" à son enfant alors qu'on l'aime ? Entre raideur et laxisme, quel équilibre ? , en 4 : Dans les familles recomposées, comment situer le rôle et la place de chacun ? , en 5 : Les familles dans l'Église, l'Église dans la famille – quelles nouvelles orientations ?
Ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup. Nous aimerions en parler avec les familles de notre paroisse, en dialogue avec la catéchèse (éveil à la foi, école du dimanche, catéchisme). Sur quel thème, sous quelle forme ? Pourquoi ne pas partager nos idées, nos suggestions, lors de la journée de Rentrée, le 17 septembre ? Le repas formule "buffet canadien" est accessible à tous – et quand on a de jeunes enfants, on peut accélérer le repas, tout en y participant quand même !
A bientôt, pour un échange d'idées riche et ouvert
Bettina Cottin
Les deux souris. Chemin Faisant, juin-juillet-août2006
Deux souris tombent chacune dans une jarre pleine de lait.
La première se résigne en pensant : je ne sais pas nager, si je me débats, je vais me fatiguer et je vais mourir après d'affreuses souffrances, ou alors un chat va passer et me manger ; à moins que ce ne soit un homme qui ne me tue à coups de bâton. Puisque tout est perdu, à quoi bon se battre ? Elle est morte noyée.
La seconde souris fait le même raisonnement que la première, mais elle se souvient que sa mère lui lisait la Bible et lui disait que Dieu était le Dieu de l'espérance. Elle se souvient qu'il est écrit dans le premier testament : tu choisiras la vie. Elle décide donc de se battre et d'essayer de nager en remuant les pattes. Elle a nagé, nagé, nagé pendant longtemps. Elle a tellement remué le lait, qu'il a tourné et s'est transformé en beurre. Elle a pu grimper sur la motte de beurre et sauter hors de la jarre. Et Ià... Aucun chat ne l'attendait, ni aucun homme avec un bâton.
Dans ma vie j'aimerais être cette deuxième souris.
d'après R. Kipling, cité dans "Les cahiers du caté" d'Antoine Nouis, tome 2. Réveil Publications 2003/Olivétan.
Dieu n'a pas de petits-enfants.Il n'a que des fils et des filles. Chemin Faisant, juin 2006
"Où sont les jeunes dans notre Église ?" Cette question n'est pas une rengaine. Elle naît d'une préoccupation sincère.
Tout d'abord, parce que l'Église, comme tout organisme vivant, se soucie de son avenir, et où est l'avenir, sinon auprès des jeunes ? Or, pour préparer l'avenir, les orientations doivent se prendre bien à l'avance, et les corrections de trajectoire nécessaires doivent s'effectuer à temps.
Ensuite, nous avons conscience que l'Église n'est vraiment une communauté selon la volonté de Jésus-Christ que si les différentes générations s'y rencontrent, y participent, ont quelque chose à donner et à recevoir les unes des autres, à tout âge.
Enfin, chaque changement de génération implique aussi un changement de culture, de sensibilité religieuse et de réalité socio-économique. Il est alors urgent d'apprendre comment la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ peut être annoncée dans un contexte qui change et face à des défis nouveaux, ceux auxquels les jeunes sont confrontés.
Mais si notre désir de voir la jeunesse dans l'Église est vraiment sincère, alors nous tous devons être prêts à changer. Chaque génération doit être prête à reconnaître qu'elle ne possède pas, à elle seule, la vérité, que ses goûts ne sont pas les seuls valables, que ce n'est pas grâce à ses seuls mérites que l'Eglise existe et est vivante. Mais l'Église doit aussi porter une attention particulière à ceux qui sont rarement entendus et souvent sous-estimés, dont justement les enfants et les jeunes.
Tous ensemble, souvenons-nous que nous n'avons pas acquis nos certitudes une fois pour toutes. La foi se vit en chemin, en suivant Jésus. De même, aucune génération ne peut transmettre la foi (et encore moins "sa foi") à la génération suivante. Elle ne peut que témoigner, avec sincérité et amour, de la source de la foi en Dieu, par le Saint-Esprit ; mais ensuite, c'est à chaque nouvelle génération de se l'approprier en particulier.
Non, Dieu n'a pas de petits-enfants. Chacun de nous est directement fils ou fille de Dieu, et entre nous, nous sommes frères et sœurs, quel que soit notre âge.
Bettina Cottin
Carte postale Chemin Faisant, juin 2006
Mon Dieu,
Depuis longtemps, j'ai envie de t'écrire une carte postale de mes vacances. Simplement pour te remercier de tout ce que tu me donnes à vivre !
Merci pour chaque rayon de soleil.
Merci pour chaque étoile qui scintille dans la nuit, et pour le fin croissant de lune.
Merci pour les nuages qui passent, et aussi pour la pluie abondante qui désaltère la terre.
Merci pour la verdure des arbres et des plantes, pour les montagnes élevées et la douceur des vallées, pour l'éclat des fleurs, pour la présence des animaux.
Merci pour toute joie qui s'éveille en moi.
Je sais que toutes ces choses, ce sont tes mains qui me les offrent, pour mon seul bonheur.
Merci de tout cœur, (Peter Klever)
Ne dis pas... Chemin Faisant, mai 2006
Ne dis pas que tu es trop pauvre !
Mais donne ce que tu as.
Ne dis pas que tu es trop faible !
Mais lance-toi en avant.
Ne dis pas que tu es trop ignorant !
Mais dis ce que tu sais.
Ne dis pas que tu es trop vieux !
Mais donne tes dernières forces
et ton expérience.
Ne dis pas : j'en mourrai !
Meurs et tu revivras, et tu feras vivre.
Si ce fardeau est trop lourd, pense aux autres :
Si tu ralentis, ils s'arrêtent.
Si tu t'assois, ils se couchent.
Si tu te couches, ils s'endorment.
Si tu faiblis, ils flanchent.
Si tu doutes, ils désespèrent.
Si tu hésites, ils reculent.
Mais si tu marches, ils courent.
Si tu cours, ils volent.
Si tu tends la main, ils te soutiendront et t'aideront.
Si tu les prends en charge, ils te porteront.
Prie pour eux, tu seras exaucé
Risque ta vie... et tu vivras !
Anonyme
Des vies jetables ? "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce" Chemin Faisant, mai 2006
Qui d'entre nous compte encore les victimes des attentats en Irak ? Jour après jour, la mort succède à la mort. Quant aux victimes des famines et/ou des massacres (car souvent, les deux relèvent d'un même engrenage de violence politique), impossible de les dénombrer précisément. Devant toutes ces victimes, le désespoir nous assaille quant aux capacités humaines de gérer notre monde.
Je vous étonnerai probablement en vous confiant l'autre choc profond que j'ai éprouvé, devant le nombre de volailles abattues à cause de la grippe aviaire. Non pas que je confonde la place d'une vie humaine et celle d'un animal. Mais les récits et témoignages des paysans et des éleveurs nous rappellent combien la coexistence de l'homme et de l'animal est étroite et porteuse de sens sur notre terre.
Qu'avons-nous fait de notre terre, de notre histoire, de notre gestion économique et politique, pour que des vies soient ainsi à disposition, quasi jetables ? Serait-ce là l'effet d'une propension humaine à toujours sacrifier l'autre ? Une propension que nous retrouvons d'ailleurs depuis toujours dans l'histoire.
Je me demande si la force, voire la violence, de nos deux derniers grands mouvements de protestation, la révolte des banlieues et les manifestations anti-CPE, n'ont pas aussi été alimentés par une peur instinctive de se retrouver, en quelque sorte, avec la perspective d'un avenir "jetable".
Le message final de l'assemblée œcuménique de Porto Alegre reconnaît "Nous ne sommes pas seulement les victimes, mais aussi les auteurs de la violence". Et il nous invite à nous joindre au cri de la prière "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce ". Car nous refusons de nous résigner.
Que chacun de nos actes, petits ou grands, s'efforce de participer à l'engagement de faire reculer le désespoir et de faire de notre monde un espace de vie pour tous.
Fraternellement à vous
Bettina Cottin
Je n'ai plus peur de la mort Chemin Faisant, avril 2006
Je n'ai plus peur de la mort,
car je connais vraiment bien
son corridor sombre et froid
qui conduit à la vie.
Mais j'ai peur de la vie
qui ne jaillit pas de la mort,
qui raidit nos mains,
et entrave notre marche.
J'ai peur de ma peur
et plus encore de la peur des autres,
qui ne savent où ils vont.
Ils continuent en s'agrippant
à ce qu'ils croient être la vie.
Mais nous savons que c'est la mort !
Je vis chaque jour pour tuer la mort,
je meurs chaque jour pour enfanter la vie ;
et dans cette mort de la mort
je meurs mille fois
et ressuscite tout autant,
puisque c'est l'amour qui alimente
l'espérance de mon peuple !
Julia Esquivel
"Notre Père du Guatemala"
Prière de la 9ème assemblée du Conseil œcuménique des Églises
Chemin Faisant, avril 2006
Cette prière est la conclusion de la déclaration finale de la 9ème assemblée du Conseil œcuménique des Églises, qui s'est tenue à Porto Alegre (Brésil) du 14 au 23 février, sous le thème "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce".
Dieu de grâce,
c’est ensemble que nous nous tournons vers toi dans la prière, car c’est toi qui nous unis :
tu es le Dieu unique, Père, Fils et Saint Esprit, en qui nous croyons,
toi seul nous rends capables de faire le bien,
tu nous envoies par toute la terre pour la mission et le service au nom du Christ.
Nous confessons devant toi et devant tous :
Nous avons été des serviteurs indignes.
Nous avons mal usé de la création et l’avons maltraitée.
En tous lieux, nous nous sommes blessés les uns les autres par nos divisions.
Nous n’avons pas toujours su agir avec fermeté contre la destruction de l’environnement,
contre la pauvreté, le racisme, la guerre et le génocide.
Nous ne sommes pas seulement les victimes, mais aussi les auteurs de la violence.
En tout cela, nous n’avons pas été de vrais disciples de Jésus Christ
lui qui, par son incarnation, est venu nous sauver et nous apprendre à aimer.
Pardonne-nous, ô Dieu, et apprends-nous à nous pardonner les uns aux autres.
Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Ô Dieu, entends les plaintes de toute la création,
les plaintes des eaux, de l’air de la terre et de tous les êtres vivants,
de ceux que l’on exploite, que l’on exclut, que l’on maltraite, les plaintes des victimes,
de ceux que l’on dépouille et réduit au silence en ignorant leur humanité,
de ceux qui souffrent de toute espèce de maladie ou qui subissent la violence des guerres
et des crimes des arrogants qui se cachent loin de la vérité,
qui faussent la mémoire et rendent impossible toute réconciliation.
Ô Dieu, conduis celles et ceux qui détiennent l’autorité à des décisions empreintes d’intégrité morale.
Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Nous te rendons grâce pour tes bénédictions et les signes d’espérance déjà présents dans le monde,
en la personne d’hommes et de femmes de tous les temps, de celles et de ceux qui nous ont précédés dans la foi,
dans les mouvements qui s’efforcent de vaincre la violence sous toutes ses formes, non seulement l’espace d’une décennie, mais en tout temps,
dans la profondeur et l’ouverture des dialogues engagés au sein de nos Eglises et avec les croyants d’autres religions, en quête de compréhension et de respect mutuels,
en la personne de tous ceux qui travaillent ensemble pour la justice et pour la paix, dans l’exceptionnel ou le quotidien.
Nous te rendons grâce pour la bonne nouvelle de Jésus Christ et l’assurance de la résurrection.
Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
Par la puissance de ton Esprit qui nous conduit, ô Dieu, que nos prières ne soient jamais de vaines paroles,
mais une réponse ardente à ta Parole vivante,
dans l’action non violente en vue de changements positifs,
des actes audacieux et lisibles de solidarité, de libération, de guérison, de compassion,
et dans le partage joyeux de la bonne nouvelle de Jésus Christ.
Ouvre nos cœurs afin qu’ils sachent aimer, reconnaître que tous ont été créés à ton image, qu’ils sachent prendre soin de la création et servir la vie dans toute sa merveilleuse diversité.
Transforme-nous afin que, nous offrant nous-mêmes, nous devenions tes partenaires,
recherchant l’unité complète et visible de l’Église une de Jésus Christ,
devenant les prochains de tous,
dans l’attente et le désir de la pleine révélation de ton règne,
par la venue d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre.
Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen
D'où venons-nous ? Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? Le Sauveur nous précède …
Chemin Faisant, avril 2006
Le dessin de la première page nous montre un disciple qui cherche son chemin. La Bible lui sert de "GPS", mais non dans un sens fermé, comme s'il s'y trouvait un catalogue de réponses toutes faites à des questions pré-formatées. Bien au contraire : La Bible ouvre de nouvelles perspectives, là où tout semblait fermé, elle remet en mouvement là où la vie semblait s'être figée. Ainsi, la Bible a permis aux premiers chrétiens d'assumer le fait d'avoir un Messie crucifié ; car elle leur a fait comprendre la croix et la résurrection de Jésus comme une œuvre de salut et non comme une catastrophe suivie d'une énigme.
Jésus appelle ses disciples en Galilée. Cela rappelle tout ce qu'ils ont vécu ensemble sur ces chemins terrestres. Tout ce qui a été vécu reste valable, toutes leurs expériences humaines et "terre à terre" sont transfigurées par la résurrection. Nos chemins terrestres sont devenus les chemins de Jésus-Christ.
Bien plus, ses chemins sont destinés à devenir les nôtres. C'est là qu'il nous précède. Là où la dignité de toute personne est enfin reconnue. Là où les armes se taisent enfin. Là où la création ne sera plus pillée et détériorée. Là où la violence ne l'emportera plus.
Aujourd'hui, nous ne possédons pas la réalité plénière du Règne de Dieu, mais nous pouvons en reconnaître des signes avant-coureurs, des résurgences, des révélations fugaces. Le signe décisif est la personne de Jésus-Christ ressuscité.
Laissons-nous guider par ces signes, restons fidèles à la direction indiquée. D'où venons-nous ? De l'amour de Dieu, créateur du monde. Rendons-lui grâce. Où en sommes-nous ? Nous sommes en chemin en suivant Jésus-Christ. Efforçons-nous de faire sa volonté. Où allons-nous ? Vers l'accomplissement du Règne de Dieu. Vivons dans l'espérance !
Bien avec vous dans la joie de Pâques
Bettina Cottin
Aimer les hommes
Chemin Faisant, mars 2006
Il n'est pas nécessaire d'être aimé pour vivre, non,
Mais il est nécessaire d'aimer.
Et je t'ai appelé pour cela, pour t'aimer.
Aimer les hommes...
Les aimer pour eux-mêmes, non pour soi.
Les aimer de toutes ses forces ;
Jusqu'à la souffrance, s'il le faut ;
Mais toujours pour eux-mêmes, non pour soi.
Aimer les hommes...
Devenir leur serviteur, s'il le faut,
Non pas leur esclave.
Rester libre comme le vent qui apporte avec lui
Le parfum des fleurs de son passage,
Le frisson des arbres muets
Et toutes les voix ignorées des bêtes inconnues.
Apporter sa richesse,
En faire une offrande
Et la déposer entre les mains de ceux qu'on aime,
Et sur leur coeur.
Et puis s'en aller encore, s'il le faut,
Sans rien demander,
Faire une nouvelle récolte pour une nouvelle offrande.
2e livre de Lézard
Est-ce que ça vaut la peine de s'engager ?
Chemin Faisant, mars 2006
Est-il possible d'aller à un culte protestant sans entendre au moins un appel à s'engager ? Pour une personne … pour une urgence … pour une initiative de solidarité … ou un projet de l'Église. Même si on ne disait rien, l'offrande pour le diaconat à la sortie du culte parlerait déjà un langage très clair.
En fait, ce que je viens de dire peut s'appliquer à toute célébration chrétienne. Et même à l'espace de notre société. Il suffit de sortir de chez soi pour rencontrer des appels à s'engager. Qu'en faisons-nous ?
Ne pouvant pas nous engager partout, nous essayons de choisir, et de tenir bon là où nous avons choisi de servir. Mais, de temps en temps, le doute nous assaillit, et ce, d'autant plus fortement que nous sommes solidement engagés. "Est-ce que tout cela a un sens ?" Est-ce que notre engagement n'est pas ridiculement petit face à la montagne des problèmes ? Et si nous nous mettons en réseau, ne sommes-nous pas suspectés de "vouloir nous donner bonne conscience" ? Sans compter que l'on peut se faire des ennemis quand on s'engage pour la justice et la paix.
Ce doute est utile, car il nous ramène à l'essentiel. Il ne s'agit pas de nous mettre en valeur, et encore moins de nous croire sauveurs du monde. Nous essayons simplement de suivre Jésus-Christ, qui nous envoie témoigner de l'amour de Dieu dans le monde, et qui nous précède lui-même auprès des "plus petits de nos frères". Nous essayons de lui rester fidèles, par nos paroles, nos actes, notre présence.
Lors de notre assemblée générale, nous rendrons compte de la vie de notre Église au niveau local. Elle devra être jugée d'après le critère de la fidélité à Jésus-Christ. C'est pour cela qu'elle peut être critiquée – mais non découragée.
La fidélité que nous voulons vivre est aussi symbolisée dans la constitution du conseil presbytéral, qui est responsable de l'animation et de la direction de l'Église. Les personnes qui se présentent pour une nouvelle candidature reflètent à leur tour la volonté de suivre l'appel de Jésus-Christ et prennent le risque de l'engagement.
Je nous souhaite d'avancer ensemble, de ne pas évacuer la question "Est-ce que cela vaut la peine de s'engager ?", mais d'y répondre positivement, chacun à sa façon, et complémentaire des autres.
Bettina Cottin
Accorde-nous la paix
Chemin Faisant, février 2006
Accorde-nous la paix
qui rompra notre silence au milieu de la violence.
Alors retentiront des voix prophétiques.
Accorde-nous la paix
qui nous fera descendre de notre piédestal d'orgueil.
Alors, nous apprendrons à nous laver mutuellement les pieds.
Accorde-nous la paix
qui nous débarrassera de la haine et de l'intolérance.
Alors, de nos fusils, nous ferons des guitares et nous chanterons.
Accorde-nous la paix
qui nous fermera la bouche lorsque nous parlons trop.
Alors, nous apprendrons à écouter et à comprendre ce que disent les autres.
Accorde-nous la paix
qui va déranger notre apathie.
Alors, nous danserons ensemble sous le soleil.
Accorde-nous la paix
qui fera brûler nos cœurs engourdis.
Alors, nous supporterons la brûlure, nous ferons briller l'amour et la justice.
Prière des Philippines, trouvée dans le dossier de prières pour la paix du Conseil oecuménique des Églises, sur www.vaincrelaviolence.org
Surmonter la violence ?
Chemin Faisant, février 2006
Cette année, c’est une interrogation que nos deux Eglises locales d’Enghien et d’Ermont partagent en commun. Mais au fait que recouvre-t-elle ?
- Une simple question teintée de doute qu’on lit en faisant la moue ?
- Une conviction sous forme de défi lancé à tous qui attend d’être repris par chacun pour pouvoir être dépassé ?
En fait ce titre recouvre toutes les ambivalences qui sont les nôtres face à la violence. D’une part, l’envie de la dépasser ; et d’autre part, le doute d’y arriver apparaissant lorsqu’on se retrouve confronté à toutes sortes d’obstacles.
Au mois de novembre dernier, nous avons vécu la «crise des banlieues». Un phénomène de violences urbaines où, en brûlant des voitures, des personnes répondaient à la nécessité d’exprimer un malaise et/ou de s’affirmer. Or, la complexité des causes et des situations qui génèrent de tels phénomènes exige, si l’on veut les désamorcer, des analyses de situations et des parades tout aussi subtiles. Mais où trouver cette finesse d’analyse et cette subtilité ?
«Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu» (Matthieu 5,9). Pour parler de ceux qui font œuvre de paix, Jésus utilise ici un mot dont la racine renvoie au verbe grec «poieo» qui signifie «faire, réaliser», mais aussi «créer» (en ce sens-là, il a donné en français poésie). Ainsi le double sens de ce verbe nous dévoile ceci d’intéressant : œuvrer pour la paix nécessite non seulement la mise en action («le faire»), mais aussi la créativité («la poétique»). Et dans cette parole du Christ, je perçois une invitation : «surmonter la violence» ne demande pas seulement de cultiver l’envie de faire, mais aussi de développer mon imaginaire, ma capacité à inventer. Aujourd’hui, face aux manifestations de violences, l’évidence est de dire qu’il faut «surmonter la violence». L’envie est là, ce qui manque souvent, n’est-ce pas l’inspiration pour la concrétiser ? Il y a quelques temps, l’UNESCO rassemblait des universitaires de la toute planète autour du thème : «Imaginer la paix». De ce colloque se dégageait l’idée selon laquelle face à la diversité des «imaginaires guerriers», il n’y avait pas encore aujourd’hui «d’imaginaire de la paix». Celle-ci restait tout au plus un symbole, une idée, quelque chose de fugitif, mais elle n’inspirait que très peu les créateurs.
Ainsi pour permettre de surmonter la violence, un des enjeux actuels ne serait-il pas de cultiver un tel imaginaire de la paix ? A ceux qui sont en recherche pour trouver comment «surmonter la violence», sûr que le spectacle de Sketch up «Après coups, les afters de la violence» du 23 février prochain (20h30 - Théâtre de l’Aventure, 1 rue Gambetta à Ermont) offrira de quoi nourrir leur imaginaire de la paix …
Et un imaginaire bien nourri ne devient-il pas une source inépuisable d'inspiration ?
Luc-Olivier Bosset, pasteur de la paroisse d'Ermont-Taverny
Dieu du temps et de l'histoire
Chemin Faisant, janvier 2006
Dieu du temps et de l'histoire,
des commencements et des résurrections,
Dieu de la mémoire et de la promesse,
enseigne-nous à vivre avec et dans le temps,
à l'accueillir comme un cadeau de toi ;
donne-nous de l'aimer dans ses dimensions
d'instant et d'éternité.
Donne-nous d'aimer le temps passé :
qu'il soit pour nous mémoire, plutôt que nostalgie,
sève et sagesse de vie, plutôt que relique et idolâtrée.
Donne-nous d'aimer le temps à venir :
qu'il soit pour nous destination choisie et maintenue
plutôt qu'inconnue d'un destin redouté ;
promesse qui rassemble plutôt que rétribution qui divise.
Donne-nous surtout d'aimer le temps présent :
qu'il soit dans nos mains comme pâte à pétrir
plutôt que sable fuyant entre nos doigts,
qu'il soit signe de ton Royaume à suivre nos chemin d'humanité
plutôt qu'empire à préserver.
En cette période difficile pour notre Église,
qui nous appelle au risque d'itinérance,
en cette période de tensions pour notre monde,
entre les tentations de guerre et de violence,
enseigne-nous à dire "Merci !"
pour hier et pour les temps passés,
à dire "Oui, et que vienne ton Règne !"
pour demain et pour les temps à venir,
et à dire "Me voici ! Nous voici !"
pour aujourd'hui et le temps présent de l'humain.
Amen
Ion Karakash
Trouvé dans Vie & Liturgie N° 55, juin 2002
Notre temps et notre prière
Chemin Faisant, janvier 2006
Les vœux du Nouvel An, il y a quelques années, je les lisais un peu trop vite, je le crains. Après les nouvelles échangées et les projets évoqués, je ne prêtais souvent plus guère attention à l'expression des vœux proprement dits, souvent des vœux de bénédiction. Jusqu'à ce que, suite à une année difficile, je me sois décidée à les réceptionner pleinement, à les intégrer comme des cadeaux pour ma vie de tous les jours. Leur intention bénéfique a alors pu déployer son influence chaleureuse tout au long des jours.
En ce début d'année, je voudrais vous encourager à faire de même pour la prière et le temps. La méditation en dernière page nous dit bien comment aimer le temps passé, le temps présent et le temps à venir, en tant qu'espaces ouverts, qui nous accueillent avec notre histoire particulière et que nous partageons avec d'autres, connus et inconnus, amis et ennemis, proches et lointains.
Notre prière dans notre temps est alors l'acte par lequel nous recevons notre vie de Dieu. Elle consent à faire fructifier en nous ce que nous avons reçu. De ce consentement naît alors le courage de demander. Pour les autres. Pour soi. La prière exaucée sera une ouverture de plus. La prière non exaucée sera une épreuve, mais aussi une occasion de patience et d'écoute plus fine. Parfois, l'exaucement est là, mais pas exactement comme nous l'avions imaginé.
Mais les deux expériences de prière nous façonneront et nous feront avancer. Nous apprendrons à prier dans le concret de notre vie, sincèrement, sans vaines paroles. Et nous apprendrons aussi à conformer notre vie à notre prière, en donnant priorité à tout ce qui est vrai, humain, simple, beau ou douloureux, et en laissant de côté ce qui est superficiel, conformiste ou prétentieux.
Voici mes vœux pour vous et pour notre communauté.
Bien fraternellement à vous.
Bettina Cottin
Une rencontre bien difficile
Chemin Faisant, janvier 2006
C’est à la rencontre de l’autre, celui qui détient un langage et des codes différents que j’ai décidé d’exprimer mon travail, mon écoute et mes références.
Dans une petite cité, si petite que personne n’en parle, si grande par les difficultés sociales qu’elle révèle, je dirige aujourd’hui une maison de quartier.
A première vue peu de violence est visible. Bien sûr, quelques voitures flambent le 31 décembre, quelques « racailles » se confrontent à leurs paires en bandes.
Je suis de tempérament plutôt discret. Cependant, j’ai tout de suite compris que je n’étais pas le bienvenu, représentant auprès des jeunes de 19 à 30 ans je ne sais quel danger. Un soir alors que j’allais quitter mon travail, 3 jeunes entrent dans mon bureau en braillant. Au cours d'une conversation « test » ils me disent que je suis un sale chrétien et que je ne tiendrai pas longtemps (6 mois me sont octroyés par les jeunes adultes).
Mon prénom me fait encore passer pour un « sale juif », ma voiture a eu les fenêtres brisées, les vitrines du centre fracturées, j’ai essuyé beaucoup d’insultes et des coups une fois. Mais ne retenir que cela en tête ne veut rien dire. Car devant ces faits, seule la peur s’installe et la richesse de chacun est annihilée.
Mon seul but est d’ouvrir des fenêtres dans une maison trop bien fermée. Alors, je tente de les construire avec tout ceux qui le veulent bien. Les écoles, les collèges, les centres de loisirs, la mairie, des assistantes sociales et surtout les habitants.
Ouvrir les enfants à d’autres réalités est aussi une violence que l’on commet. J’observe des résistances quand je parle d’activité telle que la visite de musée, le choix des films au cinéma, les efforts qu’il y a à faire pour préparer un voyage, pour mettre en place le suivi scolaire… Je comprends aussi que par la persévérance, des petites choses se mettent en place. Les parents se montrent…Les jeunes témoignent de leur fierté de réaliser un chantier (repeindre les cages d’escaliers de sa cité), des enfants reviennent épanouis d’un séjour à la mer. Beaucoup me connaissent mieux et me parlent plus facilement. Un enfant de 9 ans me dit lors d’un séjour; « je croyais que t’étais juif ». Il n’attendait pas de réponse.
C’est long deux ans ! J’aurais été bien idiot d’avoir travaillé autant et ne pas découvrir les bienfaits de l’action de tous. 40 habitants sont impliqués dans la mise en place d’un repas de quartier, qui accueille chaque année 350 personnes. 8 bénévoles se mettent à disposition de la structure, qui pour de l’aide aux devoirs, qui pour être écrivain publique, qui pour enseigner l’utilisation d’un ordinateur… 2 à 3 séjours par an accueillent des enfants qui ne partent pas en vacances. Chaque personne agissante est une fenêtre de plus car elle apporte une différence.
Ces petites réussites me permettent de me pencher avec une équipe sur d’autres projets : la prévention de la violence, la recherche d’emploi, la lutte contre l’échec scolaire. La plus grande violence que l’on commet envers ces jeunes est d’avoir peur d’eux. Le chemin est long et je le suis en tâtonnant avec d’autres. Parfois ma révolte anime mes pas. Mais je peux sentir des émotions que je ne pouvais percevoir avant. Je vis la rencontre.
Michaël Schloesing
La violence produite par certains jeunes a-t-elle du sens ?
Chemin Faisant, décembre 2005
Ce texte fait partie de la réflexion commune dans notre secteur d'Églises sur le thème "Surmonter la violence". Il a été composé en septembre 2005, donc avant l'éclatement des manifestations urbaines violentes d'octobre-novembre. Le comité de rédaction vous le propose comme une réflexion de fond.
Il est nécessaire de définir les diverses manifestations de la violence avant de réfléchir sur les significations multiples de celle-ci.
Le mot violence doit être réservé aux actes ou aux tentatives de destruction. La violence cherche à détruire physiquement ou psychiquement quelqu'un pour le faire disparaître ou le chosifier, c'est-à-dire le nier comme « être humain ». La violence peut aussi être tournée contre soi-même, dans le suicide par exemple ou détruire les choses, comme le saccage d'un lieu public ou privé.
Dans le cadre éducatif les actes de violence ne doivent jamais être ni banalisés, ni acceptés. Mais nous devons comprendre ce qu'ils signifient avant d'agir, afin que nos réponses puissent avoir un minimum d'efficacité. Cette démarche nous permettra de diversifier les réponses car l'acte violent, durant l'enfance et l'adolescence, est bien souvent polysémique, multi signifiant.
Que peut signifier l'acte violent de l'enfant et de l'adolescent ?
L'acte violent extériorisé, comme les injures ou les coups dirigés contre une personne, est d'abord le signe d'une souffrance individuelle qui n'a pas été entendue préalablement par autrui, qui n'a pas pu se dire autrement C'est un signe d'appel ou c'est une manière morbide, excessive de dire quelque chose, d'alerter autrui non pas avec des paroles, mais avec des actes. La communication non verbale est une constante durant la petite enfance. Elle redevient fréquente durant l'adolescence.
Mais l'acte violent a aussi des significations sociales. Il révèle certains dysfonctionnements de notre société que les adolescents ont repérés, dont ils se servent ou sur lesquels ils nous alertent, non en paroles mais en actes car ils n'ont pas la possibilité verbale d'exprimer ce qu'ils observent.
Dans ce contexte, l'acte violent (caillassage, acte pyromane, etc) peut révéler l'incapacité de notre société (et notre incapacité sociale) à contenir les débordements morbides de certains jeunes, par manque d'intérêt, de vigilance, d'attention à leur égard et à l'égard de la société dans laquelle nous vivons.
Il révèle aussi notre incapacité à différencier avec justesse les actes les uns des autres, à accepter les lois décidées par le corps social. Ainsi en produisant et en banalisant un certain nombre d'actes violents, comme les infractions au code de la route ou les petits délits dans les grandes surfaces commerciales et les moyens de transport, nous modifions les limites à ne pas franchir.
L'acte violent peut être aussi une mise en scène de représentations sociales largement véhiculées par les médias et ayant montré une certaine efficacité. Si la violence est considérée par certains groupes de pression, comme « le seul moyen pour faire aboutir leurs « justes » revendications », certains adolescents vont s'engouffrer dans cette brèche qui leur est offerte et utiliser la violence pour se faire entendre et reconnaître.
Edith Tartar-Godet
Bienveillance et bonne volonté
Chemin Faisant, décembre 2005
Le chant des anges, après l'annonce de la naissance du Christ aux bergers, proclame : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, parmi les humains de bonne volonté" ou : "de la bienveillance." En effet, un seul et même mot, dans le texte d'origine, peut signifier les deux, bonne volonté ou bienveillance. Les traducteurs bibliques doivent donc, à chaque fois, prendre leur décision. Mais les deux traductions nous donnent un message fort, dans ce temps de Noël.
La traduction traditionnelle, "hommes de bonne volonté", met l'accent sur la fraternité universelle de l'humanité, au-delà de toutes les frontières et de toutes les différences. Mais elle appelle aussi chacun à s'engager de toutes ses forces pour réaliser la paix proclamée. Cette traduction a aussi prouvé sa fécondité en alimentant la conviction profonde des artisans de paix et des initiateurs de dialogues entre les religions et entre les cultures. Le message biblique apporte ici une pierre à la construction de l'humanité en paix. Mais on peut objecter que tout ceci, c'est de l'idéalisme, et que les résultats concrets de la bonne volonté sont ridiculement faibles par rapport au déferlement de la violence, des guerres, et de phénomènes que nous avons du mal à comprendre, comme les attentats suicide. Faut-il alors se décourager ?
C'est ici que l'autre traduction, "bienveillance", peut nous aider. C'est la bienveillance de Dieu pour l'humanité qui, de son côté, l'a si souvent déçu. Dieu, au lieu de se décourager, s'approche encore plus de nous. Il veut nous faire du bien par sa bienveillance. Et cette bienveillance de Dieu, à l'égard de l'humanité ingrate et décevante, nous pose des questions fortes :
Sommes-nous capables de bienveillance même à l'égard de personnes pas sympathiques, même à l'égard des inconnus que nous côtoyons dans l'anonymat de nos villes ? Sommes-nous prêts à souhaiter le bonjour même à des gens qui semblent nous regarder un peu de travers ? Sommes-nous désireux de recoudre le tissu social déchiré de nos banlieues, malgré les déceptions et les rechutes ? Sommes-nous décidés à chercher le meilleur en chacun de nos concitoyens ? Car c'est en relayant la bienveillance de Dieu autour de nous que nous en "accusons réception".
Je vous souhaite de pouvoir vivre la joie et la paix de Noël !
Bettina Cottin
Peut-être fallait-il que l'enfant naisse de nuit
Chemin Faisant, décembre 2005
Peut-être fallait-il que l'enfant naisse de nuit
pour qu'il fasse jour dans le monde.
Peut-être fallait-il être dans la nuit
pour découvrir la lumière.
Peut-être faut-il aimer la nuit
pour que le matin y dessine sa promesse.
Ce qui nous arrive en cette nuit,
dans le visage d'un tout-petit,
c'est ce qui arrive à chaque fois
que le sourire d'un enfant brise nos défenses.
Ce qui nous arrive,
c'est une douceur qui n'est pas de ce monde,
non pas une douceur de pacotille, de celles qui nous écoeurent,
mais une douceur qui éveille le cœur
à la joie d'être, à la joie de naître.
Ce qui nous arrive,
c'est que Dieu n'a pas d'autres chemins que nous
pour venir à nous.
C'est en nous que la douceur attend de faire son lit,
c'est à nous qu'il revient de bercer Dieu.
Car la nouvelle de Noël, c'est :
Dieu entre nos mains
pour que se lève demain !
Dieu en attente de notre tendresse
pour que vienne sa promesse !
Dieu au berceau de notre âme
pour qu'en nous veille sa flamme !
Francine Carillo
L'Église comme une très grande famille
Chemin Faisant, novembre 2005
Seigneur,
nous te remercions de ce que l'Église soit comme une très grande famille,
qui rassemble des parents de tous âges,
étroitement liés entre eux,
malgré les différences et les distances,
parce que tous te savent leur commun Créateur.
Que ton puissant Esprit de vie et d'amour
souffle sur toute la terre,
du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est.
Réconcilie les frères parfois désunis.
Seigneur,
nous te louons avec les cathédrales d'Europe,
avec les offrandes de l'Amérique,
avec les méditations des chrétiens d'Asie,
avec les danses des gens du Pacifique,
et avec nos chants scandés d'Afrique.
Nous te remercions d'avoir ainsi
des frères et des sœurs dans le monde entier.
Sois avec celles et ceux qui répandent la paix.
Amen
Prière composée en 1989 au Zaïre, et transmise par le département missionnaire des Églises romandes (Suisse)
Quelle tuile !
Chemin Faisant, novembre 2005
Réflexion qu'on n'entend plus guère !
Réflexion provoquée par un événement imprévu et grave. Comme la tuile, emportée par le vent et qui vous tombe sur la tête !
La tempête peut elle faire voler la tuile ?
Pas si elle est fortement liée aux autres. Mais qu'un jour se fasse entre deux tuiles désunies, le vent s'engouffre et fait voler la tuile !
Première réflexion : la désunion est cause de la catastrophe !
Imaginons que nous sommes un toit, fort, inébranlable parce qu'unis ?
Deuxième réflexion : un toit ne tient bien que s'il est soutenu par une bonne charpente.
Mais vous avez déjà deviné la fin !
Nous, unis, sommes le toit supporté par… la Parole.
Edmond Faubeau
Pour aller plus loin…
Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis – Ac. 2,44. Soyez bien unis - 1 Co. 1-10. Coordonnée et bien unie - Eph. 4,16. qu'étroitement unis dans l'amour – Col. 2:2. Nous vivons alors unis à lui - 1Th. 5,10. Tout le peuple répondit unanime – Ex. 19,8. …crièrent vers le Seigneur avec une ardeur unanime – Jdt. 4,12. Tous, unanimes, étaient assidus à la prière – Ac. 1,14. Unanimes ils se rendaient chaque jour au temple – Ac. 2,46. Puis tous unanimes s'adressaient à Dieu – Ac. 4,24. Les foules, unanimes, s'attachaient aux paroles de Philippe – Ac. 8,6.
Prière pour la paix
Chemin Faisant, octobre 2005
Pour tous ceux qui sont venus avant nous,
pour tous ceux qui ont payé de leur cœur, qui ont payé de leur vie,
pour qu'il puisse y avoir un monde meilleur,
un monde plus sûr, un monde plus aimable.
Nous prions pour la paix en leur nom,
que tous leurs rêves, que tous leurs combats
ne se terminent pas juste ainsi – dans une grande tristesse -
nous prions pour la paix en leur nom.
Et pour les enfants, que les enfants puissent vivre,
et qu'ils puissent avoir eux-mêmes des enfants et que cela continue
- cette grande floraison qui entend continuer, continuer.
Nous prions pour la paix en leur nom.
Qu'ils puissent avoir un monde dans lequel il vaut la peine d'être né,
un avenir répondant à leurs rêves. Qu'ils puissent devenir, en leur temps,
tout ce que notre espèce est appelée à devenir – qu'ils aient cette chance.
Nous prions pour la paix en leur nom.
En ce temps, alors que nous le tenons tous dans nos mains,
pour tous ceux qui sont venus avant nous, pour tous ceux qui nous suivront
et pour tous ceux qui partagent la vie avec nous,
sur ce globe minuscule, fragile, miraculeux, nous prions pour nous –
nous qui avons une voix, nous qui pouvons nous exprimer,
nous qui pourrions faire des changements,
nous prions pour que nous puissions nous montrer dignes
de cette si grande confiance,
pour que nous en prenions soin.
Amen
Trouvé dans :Présence, Bulletin de la Mission Populaire Évangélique, juin 2005
Traduction d'une prière de chemin de croix contemporain du mouvement SABÎL, centre de théologie de la libération en Palestine
De quelle couleur est le visage de mon prochain ?
Chemin Faisant, octobre 2005
Blanc ou noir ? Notre monde semble soudain s'être partagé en deux, cet été, après le cyclone Katrina, aux Etats-Unis, après les incendies d'immeubles précaires, à Paris. Les visages des victimes sont en très grande majorité noirs. Le monde est partagé à l'intérieur même des pays riches. La colère, légitime, et une profonde inquiétude s'expriment avec force, mais pour déboucher concrètement sur quoi ?
Noir ou blanc ? Je pense aux jeunes de notre Église, catéchumènes ou autres, qui me reprennent souvent vivement : Mais il n'y a pas de différence ! Tous sont égaux ! Les jeunes nous alertent quant à nos complaisances cachées par rapport au racisme, par rapport aux préjugés contre les autres religions ou les autres cultures. Mais est-ce que, derrière cette conviction d'égalité, il y a vraiment la volonté de mieux connaître l'autre, son univers, sa vie de famille, ses traditions ?
Quand tout va bien, nous nous rapprochons pourtant tout doucement. Nos traditions, nos styles de vie, nos formes de piété, mais aussi nos goûts s'inspirent mutuellement, se complètent ou s'interpellent. De quelque couleur que nous soyons, nous découvrons notre besoin d'échange et de confrontation avec l'univers de l'autre. Il m'arrive, quand j'assiste à un culte avec une assistance complètement blanche, en Allemagne par exemple, de me dire : Je ne sais pourquoi, mais quelque part, cela me semble un peu fade.
Oui, mais les visages des victimes … Il ne suffit plus de laisser faire la vie, de nous rapprocher tout doucement. Face aux problèmes dans notre société, face à une certaine irresponsabilité politique, face à l'amalgame fait couramment entre les demandeurs d'asile, les personnes sans papiers en règle, et les "travailleurs pauvres", il faut réagir énergiquement. Devant l'amalgame entre des populations avec des problèmes différents, sur la base du critère qu'elles sont noires et pauvres, il faut dénoncer nos racismes sous-jacents. Mais il faut aussi chercher à démonter le mécanisme mental des racismes dans le détail, chercher à comprendre les causes des problèmes, s'engager pour des solutions.
Dans notre Église, nous nous côtoyons dans une grande diversité. La prière commune monte au ciel avec une ferveur peut-être différente de celle d'il y a quelques décennies. Mais il faut aussi se parler ici-bas, sur la terre, partager plus nos responsabilités, devenir plus concrètement les prochains les uns des autres, noirs, blancs, "jaunes" … Le temps presse. En disciples de Jésus-Christ, ne nous laissons pas dépasser par les problèmes, mais envisageons-les ensemble. Ne nous laissons pas détourner de l'amour de Dieu !
Fraternellement,
Bettina Cottin
Réforme
Entretien avec le président de la FPF - Il faut rénover la loi de 1905
Dans la perspective de l’assemblée du Désert tenue ce dimanche à Mialet (Gard), Jean-Arnold de Clermont se livre pour Réforme à une véritable radioscopie du protestantisme français. Il aborde les grands enjeux de demain et livre sa conception et ses inquiétudes à propos de la laïcité à la française. Du Musée du Désert aux nouvelles assemblées évangéliques issues de l’immigration, en passant par Taizé, les Tziganes pentecôtistes ou les adventistes, l’extrême diversité du protestantisme ne menace en rien son unité qui demeure fondée sur la lecture de la Bible et une grande liberté à l’égard des institutions, explique le président de la Fédération protestante de France (FPF). Un protestantisme qui se doit aujourd’hui de «sortir de ses temples» pour affronter les débats de la société française. Espace public où l’intervention sociale des Eglises est aujourd’hui entravée par une disposition de la loi de 1905, qui est maintenant utilisée par certaines autorités pour remettre en cause la liberté de culte. Entretien exclusif de rentrée.
Que représente pour vous cette traditionnelle assemblée du Désert ?
Je ne suis pas un protestant méridional, donc je peux parler avec une grande liberté de ce rassemblement. J’ai été toujours impressionné par la qualité de l’écoute et par ces 15000 personnes qui viennent de toute la France. Un tel succès s’explique par le besoin qu’a la petite minorité protestante française de se rassembler. Les Journées mondiales de la jeunesse correspondent aussi à cette volonté de se réunir dans une société très sécularisée. Cette année, en outre, le thème n’est pas orienté vers le passé camisard mais vers l’actualité récente.
Autre manifestation protestante qui connaît un succès important, celle de la communauté tzigane …
Il s’agit effectivement, là encore, d’un rassemblement très important pour le protestantisme français, par certains aspects plus modernes. Je suis toujours très heureux et impressionné par ces conventions tziganes.
Cette année, le lieu de la convention a été tardivement connu du fait de l’absence de priorité dans l’agenda du ministère de l’Intérieur, plus préoccupé d’islam et surtout de terrorisme.
On compte 150 000 Tziganes évangéliques, c’est-à-dire un Tzigane de France sur trois. Ils font un travail d’évangélisation et baptisent de nombreux adultes. L’été a été d’autre part difficile pour eux, ils ressentent toute la rigueur de la loi Sarkozy, et l’affaire du maire de Martigues n’a pas arrangé les choses. Il a en effet déclaré en substance que si les Tziganes se disaient évangéliques, il les croyait envoyés du diable. De tels propos ne devraient pas rester impunis, c’est une véritable incitation à la haine.
La communauté tzigane se souvient cette année du génocide qu’elle a vécue durant la Seconde Guerre mondiale. Un événement que vous avez voulu souligner.
Effectivement. On sait qu’il y a eu entre 300 000 et 500 000 Tziganes déportés, mais probablement un total de 800 000 victimes, en incluant ceux qui ont été exécutés sans être déportés. La Fédération protestante de France n’est pas la première à le dire, mais je tiens à le rappeler : on a « oublié » pour les Tziganes le devoir de mémoire qui s’imposait à la suite de ce génocide. Aucun homme politique, président ou Premier ministre, n’a fait de déclaration sur la responsabilité de l’Etat français, alors que Jacques Chirac l’a très bien fait pour les juifs.
L’assassinat de frère Roger a suscité une grande émotion. Une émotion réelle mais des rapports controversés entre protestantisme français et Taizé ...
On peut résumer ces relations à un « je t’aime, moi non plus ». Les protestants français ont considéré Roger Schutz comme l’un des leurs, mais ils se sont sentis trahis. Une telle attitude s’explique peut-être aussi par le caractère ultraminoritaire du protestantisme français. Je suis pour ma part admiratif de l’œuvre théologique de Taizé à ses débuts, c’est-à-dire avant 1970 et de ses apports en matière de liturgie et d’hymnologie. Je trouve également remarquable le travail initié dans le domaine de la jeunesse : ce sont les seuls à avoir engagé un travail de primo-évangélisation. Ils réussissent à réunir quotidiennement au moins 2 500 jeunes pour de longues minutes de silence et de recueillement, c’est admirable. Et je crois d’ailleurs que dans la démarche de ces jeunes qui viennent à Taizé, il est très important de ne pas avoir la possibilité d’être récupéré par l’une ou l’autre confession. J’ai cependant été assez gêné par les obsèques de frère Roger, qui ont été clairement catholiques. Je ne souhaite pas que Taizé perde son engagement œcuménique. Nous engagerons dans quelques semaines des discussions avec Taizé pour rappeler notre attachement à l’œcuménisme de la communauté. J’espère en tout cas que le Vatican ne va pas tenter de « catholiciser » Taizé.
Du protestantisme luthérien ou réformé aux pentecôtistes, qu’est-ce qui réunit les protestants ?
C’est la place centrale de la Bible. Et, aussi, le sentiment de vivre sa foi libre à l’égard de toute institution. C’est une grande différence avec les catholiques. Par exemple, toutes les bagarres internes des Tziganes où ils s’excommunient mutuellement, c’est au nom de leur liberté de penser et de croire.
Selon vous, c’est l’héritage de la Réforme ?
Oui. D’ailleurs, le monde évangélique, qui au cours du XXe siècle était en concurrence avec les Eglises luthéro-réformées – au point que ses Eglises s’appelaient évangéliques pour ne pas s’appeler protestantes –, récupère le mot « protestant ». Et cela depuis une vingtaine d’années. L’héritage de la Réforme tend à s’imposer à tous.
Reste qu’à force d’élargissement les Eglises membres de la FPF seront de plus en plus éloignées les unes des autres.
Cet élargissement de la Fédération protestante vers les Eglises évangéliques n’a rien à voir avec, par exemple, ce qui se passe en Amérique du Sud avec les Eglises adventistes. Leurs membres, qui sont aujourd’hui 18 millions, estiment que leur croissance les conduira à être en 2025 plus de 50 millions. Ces Eglises compteront demain plus de personnes qui les rejoindront que de fidèles aujourd’hui. Là, le risque de dilution est réel. Pas en France. Je n’ai pas le sentiment que nous soyons face à une marée de nouveaux membres qui vont diluer l’identité du protestantisme français. Je ne vois pas à l’heure actuelle une croissance des évangéliques en France qui puisse conduire à un renversement constitutif de la communauté protestante française. Je ne constate pas non plus un effondrement des non-évangéliques. Dans les grandes villes, les paroisses réformés ou luthériennes résistent bien.
Les différences considérables entre les membres de la FPF autour des questions d’éthique – avortement ou homosexualité par exemple – ne menacent-elle pas son unité ?
Lorsque Benoît XVI dit aux JMJ que le grand défi œcuménique, c’est d’être d’accord sur l’éthique, on peut supposer qu’il veut nous mettre tous dans le même bateau. Il faut bien se rendre à l’évidence que l’unité des protestants ne se fait pas sur des questions éthiques. Nous ne disposons d’aucune conviction protestante commune et définitive sur quelque problème éthique que ce soit.
Je suis très clair là-dessus : un pentecôtiste qui estime que l’avortement est un crime effroyable ne peut entrer à la Fédération protestante. A la vérité, seule la question de l’homosexualité pourrait, si nous l’abordions sans autre précaution, poser un réel problème à la Fédération.
La Fédération qui va fêter son centenaire en octobre prochain …
La coïncidence avec le centenaire de la loi de 1905 nous permet de démarrer là-dessus et d’aller plus loin. Nous allons rappeler notre attachement à la laïcité, qui est un cadre juridique adéquat, et nous permet, nous chrétiens, de participer librement aux débats publics. Le cadre laïc, c’est la possibilité de parler. Nous devons aujourd’hui « sortir de nos temples ». Mais, nous souhaitons aussi attirer l’attention sur les dérapages que nous enregistrons aujourd’hui. Je suis scandalisé quand, sous prétexte de laïcité, on se permet des déclarations du type de celles du maire de Martigues. Les protestants français sont placés aujourd’hui face au défi des caricatures qui nous viennent des fondamentalistes d’outre-Atlantique. Il nous faut rappeler vraiment ce que c’est que d’être évangélique. Etre évangélique, c’est être ouvert au débat !
Sur la loi de 1905, on ne peut pas dire que vos arguments en faveur d’une adaptation de cette loi aient été favorablement accueillis.
Ce n’est pas parce que l’on se trouve face à des positions que je qualifie d’idéologiques que l’on doit revenir sur nos positions. Nous défendons trois idées simples, en réalité. La première, c’est qu’il faut distinguer entre 1901 et 1905. Nous sommes actuellement sous le coup de la loi de finance de 2002 qui a mis hors la loi l’ensemble des associations cultuelles qui ont dans leur conseil d’administration un pasteur. Cette disposition nous semble contraire à la loi. Deuxième point : nous voulons que soit reconnu ce que la loi 1905 a exclu, à savoir qu’une association cultuelle n’a pas vocation à la seule gestion du culte, mais peut aussi être conduite à intervenir dans la cité à travers des œuvres sociales. C’est une modification importante qui ne peut être résolue de façon réglementaire.
Troisième point. Nous nous rendons bien compte qu’il n’est pas possible à un Etat laïc de gérer correctement toutes les questions posées par les religions. Au même titre qu’il existe une Commission nationale d’éthique, il nous faut une commission sur les dossiers touchant les religions et la loi de 1905. Les responsables politiques que nous avons rencontrés y semblent favorables. De toute façon, le gouvernement français en a accepté le principe avec l’Eglise catholique puisqu’il y a une commission permanente catholique avec laquelle il discute de cette question. Et les seuls qui trinquent dans cette affaire, ce sont les protestants puisqu’ils ne posent, en apparence, pas de problème. Nous disons : ce que vous faites avec l’Eglise catholique, faites-le avec les autres !
Un mot sur l’affaire de Montreuil, dont le maire veut interdire l’accès à trois lieux de culte évangéliques. La Fédération a porté plainte dans cette affaire. Le maire de Montreuil a porté également plainte mais, lui, pour diffamation.
C’est inexact. Jean-Pierre Brard [le maire de Montreuil, en banlieue parisienne, ndlr ] avait légalement deux mois après les faits pour saisir un tribunal. Force est de constater qu’il n’a pas, à ce jour, déposé plainte contre nous et s’est contenté de quelques gesticulations devant un parterre de journalistes qu’il avait convoqués à l’Assemblée nationale ! Dans cette affaire une chose est claire. Le ministre de l’Intérieur, répondant à une question d’un député alsacien, l’a fait savoir : l’article 2 de la loi 1905 sur la liberté religieuse a été enfreint par le maire, monsieur Jean-Pierre Brard. Je ne souhaite pas passer mon temps devant les tribunaux mais, là, les limites ont été franchies. Il n’est pas acceptable qu’un maire puisse intervenir et interdire comme cela trois lieux de cultes.
Sur les questions de politique intérieure, quels sont les enjeux qui vous paraissent importants aujourd’hui ?
Notre travail est d’être prospectif. Nous avons à continuer à jouer notre rôle d’initiateur d’un débat public. Nous avons sans aucun doute, avec la Cimade, une priorité à faire entendre sur l’immigration et le droit d’asile. Il y a aussi toute la question du multiculturalisme dans la société française. Une question qui rejoint les Eglises issues de l’immigration. Nous sommes de même très inquiets face à la situation sociale du pays. Régulièrement alertés par les institutions protestantes engagées sur le terrain. Soyons réalistes. Il n’y aura pas d’augmentation des crédits sociaux dans l’avenir. Il faut que l’on se pose la question de notre volonté d’action sociale sans les mêmes moyens qu’aujourd’hui. Nous devons également réfléchir à notre collaboration avec le privé. Nous avons des œuvres qui sont le témoignage du passé et qui n’ont pas la capacité de se transformer et de répondre à l’urgence de la situation sanitaire et sociale.
Est-ce cette attention au social qui explique vos dernières prises de position sur les liens entre la misère du monde et le développement du terrorisme au lendemain des attentats de Londres ?
Non, mais il y a effectivement pour moi un lien. Le terrorisme ne vient pas de la misère mais il se développe sur son terreau. Et où cette misère se trouve-t-elle actuellement ? Au Pakistan, en Afghanistan. Nous voyons un Ben Laden et ses supporteurs qui sont renforcés par leur contre-image : celle que constituent Bush et ses partisans. A un impérialisme répond un autre impérialisme. A l’inverse, je regrette que ces actes ne soient pas condamnés par l’ensemble des autorités musulmanes. C’est terrible pour le dialogue interreligieux. Je note d’ailleurs que ces responsables musulmans sont souvent plus des hommes politiques que des religieux.
Autre point contesté : votre engagement et certaines prises de position sur le conflit israélo-palestinien, qui ont provoqué quelques dégâts collatéraux auprès de la communauté juive.
C’est faux. Les relations ne font que s’amplifier avec le judaïsme français à tel point qu’au mois de septembre sera mise en place une commission de travail théologique entre la Fédération protestante et le Consistoire israélite. Nous voulons travailler ensemble théologiquement sur certaines questions, celle de Jérusalem ou de la terre, par exemple. Comprendre ce qu’est le rôle théologique de l’Etat d’Israël. Réfléchir à cette double réalité d’un Etat, forcément profane pour le Français que je suis, mais aussi Etat qui a une portée théologique pour nous, chrétiens. Et je ne veux pas de cette manière laisser entendre que nous remettrions en cause la légitimité et le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Nous sommes évidemment conscients que le christianisme est ancré dans le judaïsme. Cette réalité est pour nous indépassable. Reste que nous sommes, par ailleurs, en lien, et de manière privilégiée, avec les Eglises chrétiennes en Palestine. Il importe que ces Eglises sachent qu’elles ne sont pas oubliées. Et qu’elles ont une relation avec l’ensemble du christianisme mondial. C’est l’ensemble de ces solidarités et convictions qui guident notre engagement en faveur de la paix au Proche-Orient. Après avoir envoyé une déléguée, membre de l’Eglise réformée de France, auprès d’une petite association palestinienne où elle a vécu trois mois, nous organisons un voyage important préparé avec le Conseil représentatif des institutions juives de France en octobre prochain.
Propos recueillis par
JEAN-LUC MOUTON et PIERRE DESORGUES
Sourire
Chemin Faisant, septembre 2005
Notre 171 a une tour
qui pourrait être considérée comme notre clocher.
Et un clocher abrite (ô irrévérence) des cloches !
En argot une cloche c’est un clochard.
La « cloche » c’est la liberté de disposer de soi selon son bon vouloir.
Alors « clochard de Dieu » ?
Libres « enfants de Dieu » ?
Et puis une cloche est un objet d’art
fait de matière noble, le bronze,
et par des artistes avec amour.
C’est beau, c’est solide.
Une cloche a un battant, un cœur en argot.
Etre un « battant » dans notre modernité, c’est se battre pour…
Et le battant fait sonner la cloche.
La cloche qui résonne
La cloche qui appelle
La cloche qui nous invite à la maison du Seigneur.
Alors ?....
Edmond Faubeau
Confie à Dieu ta route
Chemin Faisant, septembre 2005
Le dessin de la première page évoque encore les vacances, par cette route qui monte en épingles à cheveux comme vers un col de montagne, et le long de laquelle s'alignent les activités et les lieux de ressourcement et d'ouverture d'horizon.
Le point de départ et le point d'arrivée, c'est le monde du travail, du devoir. C'est aussi le monde où il faut rentrer dans le rang, obéir à la loi collective, alors que les vacances suggèrent plutôt une liberté personnelle, la spontanéité, l'épanouissement.
Faut-il regretter que les vacances soient finies ? Certains en sont plutôt soulagés, parce que vacances rime pour eux avec un dévouement accru. A d'autres cela est plutôt égal, tous ceux et celles qui ne peuvent pas partir en vacances (pour des raisons de santé ou faute de moyens financiers ou parce qu'ils n'ont pas la liberté de déplacement). Et puis, il faut bien gagner sa vie. Quand on n'a pas de travail, on n'a pas vraiment de vacances/congés non plus.
Il me semble que la question à poser est plutôt : Sommes-nous contents de retrouver notre entourage habituel ? Si oui, les vacances auront rempli leur rôle de respiration, d'ouverture vers les autres, mais aussi de rendez-vous avec nous-mêmes. Si non, cherchons les moyens d'y changer quelque chose. Nous ne pouvons pas tout changer à la fois, mais nous pouvons commencer. Nous aurons besoin des autres, et les autres ont besoin de nous. Un exemple : les nombreuses initiatives pour aider des enfants à partir en vacances. Les autres initiatives pour obtenir un logement décent pour tous. D'autres encore, s'engageant pour un "tourisme équitable".
Les vacances, ce n'est pas hors du monde. La Rentrée et la vie quotidienne ne sont pas déconnectées des vacances. Dans l'un et l'autre domaine, nous sommes renvoyés à notre réalité. Dans l'un et l'autre temps, nous trouvons Dieu sur notre route. La route vers le changement, avec Dieu et à cause de sa venue dans notre monde. Il nous appelle à l'action et nous aide, mais il nous invite aussi aux "vacances" hebdomadaires : le dimanche, jour de repos et de ressourcement.
J'espère de tout mon cœur pouvoir vivre avec vous l'année qui s'ouvre devant nous dans cet esprit.
Bettina Cottin
Thème biblique : "Le peuple élu – un privilège exclusif ?"
Chemin Faisant, juin 2005
Dans le cadre du cycle biblique "Quand la Bible nous pose problème", ce thème rappelle souvent l'actualité. Il faut se rendre à l'évidence que le risque d'une dérive de la référence à un "peuple élu" existe toujours, y compris à l'intérieur des confessions chrétiennes.
L'étude de la Bible (qui ne contient pas le terme "peuple élu", mais bien le thème de l'élection) montre qu'avant tout, l'élection est un libre choix de Dieu (il ne repose sur aucun mérite) qui appelle l'élu à une mission pour laquelle il le met à part, et établit avec lui une relation de vassalité. Le choix de Dieu engage donc le bénéficiaire à remplir sa mission et à respecter certaines règles, tandis qu'il attend de la part de Dieu fidélité et soutien dans sa mission et protection de son existence. Dans l'Ancien Testament, l'élection est traitée à travers une série d'alliances.
Sur le plan historique, l'identité d'Israël en tant que peuple élu a connu une évolution compliquée, car le peuple hébreu a eu des difficultés à s'établir en tant que "nation", au milieu des autres et pourtant différent d'elles.
La référence théologique sera l'alliance de Dieu avec Abraham, conséquence de l'appel et de la promesse qui ont précédé. Mais on pourrait dire que le tout premier fondement est l'acte de la création elle-même, et l'amour de Dieu pour sa créature. Nous lisons dans Exode 19, 5-6 que Dieu choisit son peuple en tant que "mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre m'appartient". Ce peuple élu a pour mission d'être témoin de Dieu sur la terre, au milieu des autres peuples. Pour cela, il doit garder l'alliance et ses prescriptions. Cette mission de témoin suscite pourtant de nombreux problèmes : l'attachement à une terre et les conflits politiques inhérents, l'attachement, malmené par l'histoire, à une monarchie et à un sanctuaire, et la double tentation de dominer les autres (quand on est en position de force) ou de se replier sur soi (quand on est faible). Israël est constamment tiraillé entre l'ouverture et le repli sur soi. Un problème chronique est le manquement du peuple aux engagements de l'alliance.
Les prophètes ont accompagné ce processus de façon critique. L'école théologique "deutéronomiste" distingue de grands cycles répétés d'adhésion à l'alliance, puis d'éloignement et de désobéissance, de punition de Dieu, de repentance et retour, et enfin, de renouvellement de l'alliance.
Le prophète Jérémie annonce une Nouvelle Alliance en 31, 31-34. Les chrétiens ont réclamé cette alliance pour eux, en Jésus-Christ. Le modèle de l'élargissement proposé par Paul (Romains 9 à 11 : l'élection est accessible à tous les peuples, en attendant la fin des temps où Israël reconnaîtra en Jésus-Christ le Messie) a bientôt été relayé par le modèle du remplacement : les chrétiens seraient le peuple élu à la place d'Israël. Cette théorie n'a pas de fondement biblique et est devenue une des racines de l'antisémitisme.
Face à la difficulté du thème et à ses risques de dérive, il paraît indiqué de conclure par une question critique et qui en appelle à notre responsabilité : Que faisons-nous de la mission que nous avons reçue ?
Bettina Cottin
N.B. Les résumés des séances du cycle biblique que les Psaumes et sur le peuple élu, rédigés par François Weben et Jean-Claude Ross, sont disponibles gratuitement au stand de librairie à la salle Sarrazin.
Graine d'espérance
Chemin Faisant, juin 2005
En nous, Seigneur, comme une graine,
tu déposes chaque jour l'espérance
qui nous fait discerner,
dans la turbulence des événements,
les signes du monde à venir.
En nous, comme une graine,
tu déposes chaque jour l'amour
qui nous fait travailler avec persévérance
pour que la joie soit distribuée sans compter
autour de nous.
En nous comme une graine
tu déposes chaque jour la foi
qui allume les lueurs obstinées
dans notre existence
et qui permet d'entrevoir
les traits discrets de ton visage,
alors même que tout crie à ton absence
et que nous sommes tentés
de tout abandonner.
En nous, comme une graine, tu déposes tes dons !
Nous te remercions, Seigneur,
pour cette graine semée.
Mais elle reste si petite, cette graine !
Et quand viennent les grands vents de la vie,
elle a du mal, la graine déposée,
à s'élever et à résister
à tous les courants contraires
qui tentent de l'étouffer.
C'est pourquoi, Seigneur,
augmente en nous l'espérance,
augmente en nous l'amour,
augmente en nous la foi !
Danièle Laot Caulmont
trouvé dans Évangile et Liberté N° 162, janvier 2003
La vitalité des Églises
Chemin Faisant, juin 2005
Pendant longtemps, on n'en parlait pas dans nos paroisses. La vie individuelle dans la foi, oui, c'est une préoccupation de toujours. De même, chacun des groupes à l'intérieur des paroisses a toujours veillé à défendre ses intérêts, à rester dynamique et à s'agrandir, en un mot, à rester en bonne vitalité. Mais l'Église dans son ensemble ? Et, qui plus est, non seulement l'Église locale, mais l'Église à l'échelon local, national, international (Conseil oecuménique des Églises) ? Se soucier de la vitalité, voire de la croissance de l'Église chrétienne dans sa dimension universelle exige une modification du regard, de la communication, de la solidarité, mais aussi un ressourcement théologique renouvelé. Ce n'est pas facile de discerner les opportunités de collaboration, de témoignage commun, d'une part, et la nécessité d'une conviction qui résiste, d'autre part. Les situations conflictuelles ou concurrentielles, pour peu commodes qu'elles soient, peuvent évoluer dans l'un ou l'autre sens, selon les solutions mises en œuvre, et que nous aurons à inventer !
Tout ceci se joue dans le monde d'aujourd'hui, qui a besoin d'un témoignage clair et sincère. Les préjugés contre les religions sont nombreux, les fanatismes aussi. Pour que la parole de vie de Jésus-Christ soit vraiment entendue, une nouvelle conscience d'Église est nécessaire, un engagement renouvelé, l'offre d'un espace où ceux qui cherchent puissent vivre une rencontre avec Dieu et leur prochain. La vitalité d'une Église n'est donc pas un but en soi ("on est les meilleurs"), mais elle a pour but l'annonce crédible de l'Évangile et de la réconciliation de la part de Dieu. Elle est plutôt de l'ordre de l'investissement plein de foi, ou de la graine que Dieu sème en espérance. Soyons donc modestes tout en voyant grand !
Pendant la fête du sesquicentenaire du temple d'Enghien, nous avons eu le plaisir d'accueillir beaucoup de monde et de sentir que l'existence de notre Église est bien perçue dans la vallée de Montmorency. Qu'elle soit donc un lieu de l'annonce de la Parole bien vivant, au milieu des autres !
D'autres Églises ont besoin de soutien pour exister dans la dissémination. Une suggestion pour cet été : essayez d'aller au culte dans la région de vos vacances, pour partager la vie de telle ou telle Église locale, pour rencontrer d'autres vacanciers, certainement, et pour renforcer la vitalité de l'Église là où elle est, là où vous êtes. Certains parmi nos paroissiens sont déjà familiers de cette pratique. Et si on se racontait, à la rentrée, tout ce que l'on aura pu découvrir ?
Avec mes pensées fraternelles pour cet été, ici et ailleurs,
Bettina Cottin
Relire son histoire pour y lire les traces de Dieu
Chemin Faisant, mai 2005 - échange d'édito avec la paroisse d'Ermont-Taverny
Au moment où je vous écris ces lignes, vous êtes en plein préparatifs pour célébrer dignement les 150 ans d’existence de votre temple. Un anniversaire qui par le chiffre rond et symbolique invite à faire acte de mémoire, à relire le chemin parcouru.
Est-ce là une œuvre de repli sur soi cultivant nostalgie et autres attitudes cherchant à éternaliser un passé révolu ?
Cela peut être un risque du faire mémoire, certes, mais on ne peut englober les promesses et les richesses d’un tel acte dans ce seul risque …
Israël n’a cessé de relire son passé, et c’est au cœur de cette relecture qu’a germée l’espérance messianique. Jésus a invité les pèlerins d’Emmaüs (Luc 24) à relire avec Lui sa vie, sa mort dans l’histoire d’Israël pour que celles-ci prennent densité et sens. Ainsi, dans cette optique, faire œuvre de mémoire, loin de nous fixer dans le passé peut ouvrir nos cœurs et nos intelligences à une perception plus profonde des événements : celle où, grâce à nos sens aiguisés, nous parvenons à lire la lente et longue maturation de la bénédiction de Dieu au cœur de nos histoires au prime abord décousues et éclatées.
Au fait, à Pentecôte, les disciples n’étaient-ils pas dans la chambre (maison ?) haute en train de vivre entre eux ce temps de relecture quand le Souffle de l’Esprit les a saisis, réunifiés et envoyés joyeux et plein d’assurance vers un à-venir non balisé ?
En plaçant cette commémoration également un jour de Pentecôte, ne prenez-vous pas le risque que l’Esprit agisse à nouveau ? C’est là, je crois la plus belle chose que je puisse, au nom de notre église locale d’Ermont-Taverny, vous souhaiter …
Luc-Olivier Bosset - pasteur
Seigneur ...
Chemin Faisant, mai 2005
Seigneur, nous rêvons toujours d'une maison
pleine de rires et de chansons,
une maison qui sente bon le pain chaud et la lavande,
une maison où l'on ait hâte de retourner …
Qu'il fait bon, Seigneur, quand on revient chez soi
libéré du besoin de se justifier,
libéré de la comparaison avec les autres,
libre d'être soi-même, à nu devant toi !
Qu'il fait bon vivre, Seigneur, quand on revient chez soi
avec l'envie d'ouvrir grand les portes et les fenêtres,
avec l'envie que les autres se sentent chez eux,
dans une maison pleine de rires et de chansons,
une maison où Jésus ait choisi de demeurer
parce qu'il passait par là
et que la porte était ouverte !
Lytta Basset
(trouvé dans : "Traces vives", Paroles liturgiques pour aujourd'hui. Labor et Fides, Genève 1997)
Ne vis pas sur cette terre...
Chemin Faisant, Avril 2005
Ne vis pas sur cette terre
à la façon d'un locataire
ou bien comme en villégiature
dans la nature.
Vis dans le monde
comme si c'était la maison de ton père.
Crois aux grains, à la terre, à la mer,
mais avant tout à l'homme.
Aime les nuages, la machine, le livre,
mais avant tout,
aime l'homme.
Sens la tristesse
de la branche qui se dessèche,
de la planète qui s'éteint,
de l'animal infirme,
mais avant tout,
la tristesse de l'homme.
Que tous les biens terrestres
te prodiguent d la joie,
que l'ombre et la clarté te prodiguent la joie,
que les quatre saisons te prodiguent la joie,
mais avant tout,
que l'homme te prodigue la joie.
Nazim Hikmet
Croyez-vous à la grâce de Dieu ?
Chemin Faisant, Avril 2005
Votre première réaction sera probablement de dire "Oui, naturellement". C'est la base de la foi protestante. Mais si, ensuite, nous nous interrogeons ensemble : "Croyons-nous à la grâce de Dieu, non pas comme à un principe théorique, mais comme à une réalité palpable dans notre vie ?", des hésitations et des doutes se feront jour.
Que veut dire la grâce de Dieu quand on a été trop souvent déçu ou trahi ? Peut-elle vraiment faire naître une nouvelle confiance, peut-elle nous redonner le courage qui manque ? Que veut dire la grâce de Dieu quand on a à faire face à la violence, aux conflits sans fin ? Peut-elle faire tomber la paix sur tous les belligérants, peut-elle dénouer les causes à l'origine des conflits ? Que veut dire la grâce de Dieu face aux immenses souffrances du monde ? Peut-elle empêcher les famines, les tremblements de terre, les maladies ? Peut-elle conduire les hommes à agir dans le sens de la solidarité, de la justice, du respect de la nature ?
Ces questions, et bien d'autres, empêchent beaucoup de personnes de poursuivre le chemin de la foi au-delà de l'enfance. A quoi bon ? Visiblement, la grâce ne change pas la vie. Cette vue des choses se justifie si on reste dans la "pensée magique" de la petite enfance. Mais un adulte a d'autres chemins à découvrir.
La grâce de Dieu s'inscrit, non dans un rapport magique au monde, mais dans une relation d'alliance. Dieu fait alliance avec nous, avec l'humanité, avec la création entière, sans demander "A quoi bon ?" Les problèmes qui nous font abandonner la partie, ne font que le motiver davantage. Il ne fuit pas nos problèmes, notre violence, nos désespoirs, mais il y fait face, à l'intérieur de notre monde, en partageant notre vie, en se donnant. Ce don, manifesté par la mort et la résurrection de Jésus-Christ, nous invite à répondre à l'alliance, à entrer dans une dynamique de vie nouvelle.
Dans cette alliance, la grâce peut être vécue au quotidien. Dans les situations de conflit et de haine, le pardon peut commencer à baliser le chemin vers la paix. Dans les situations de souffrance, l'amour peut commencer à soulager la douleur et à restaurer la dimension humaine. Dans les guerres et les catastrophes, la solidarité et la justice peuvent chercher et proclamer les droits fondamentaux de chaque humain, la recherche scientifique s'appliquer à la prévention et la politique s'appliquer à en faire bénéficier ceux qui en ont besoin … à condition que l'on entre dans la dynamique de l'alliance et que l'on renonce à celle, illusoire, du seul profit.
L'alliance de Dieu est valable pour toute la création. Jésus dit "Regardez les oiseaux du ciel…", non pour développer une pensée magique, mais pour affirmer que chaque être est unique et irremplaçable aux yeux de Dieu, dans sa création, là où il se trouve. Acceptons cette grâce avec confiance, et notre vie en sera transformée.
C'est ce que je vous souhaite de tout cœur.
Bettina Cottin
Résurrection
Chemin Faisant, Mars 2005
Résurrection
Un mot qui garde sa part de mystère
et d'interpellation
au cœur de nos vies et de notre monde
où la mort prétend avoir le dernier mot.
Résurrection
Une confession de foi qui garde sa part de doute
lorsque nous nous trouvons dans les impasses et les tombeaux
lorsque nous voyons la puissance des forts
et l'impuissance des faibles.
Résurrection
Une proclamation qui garde sa part de folie
face à ce que nous considérons comme nos sagesses
et comme nos connaissances.
Jésus est ressuscité !
C'est une parole que peuvent risquer les témoins
lorsqu'elles ont entendu l'appel de leur nom
lorsqu'ils ont été relevés de leurs paralysies
lorsqu'elles ont été mises en marche par un geste de tendresse
lorsqu'ils ont retrouvé leur dignité en recevant le pardon
lorsque l'Éternel nous a rejoints sur nos chemins
pour partager l'essentiel.
Maurice Gardiol
(Trouvé dans Vie et Liturgie, N° 46, mars 2001)
La résurrection, une simplicité déconcertante
Chemin Faisant, Mars 2005
La résurrection de Jésus est vraiment l'événement que les évangiles peinent le plus à décrire. Ils ne décrivent d'ailleurs jamais l'événement proprement dit, mais les rencontres avec Jésus ressuscité, ou encore ils consignent les paroles qui proclament qu'il est ressuscité. Mais si les paroles sont pleines d'assurance, de certitude, et semblent savoir exactement ce qu'elles veulent dire, les rencontres personnelles sont, quant à elles, beaucoup plus hésitantes, incertaines.
Tout d'abord, ce sont surtout l'incompréhension et la peur qui sont au rendez-vous, parfois au risque de ne presque plus voir la personne de Jésus, qui se tient là. Une fois la peur calmée, l'incompréhension éclairée, la reconnaissance de Jésus est encore laborieuse. C'est bien lui. Il est vivant. Et pourtant, il a été crucifié, il est mort. C'est le même homme. Mais différent. Il est ressuscité.
Comment font les disciples pour reconnaître Jésus ? Comme nous tous : ils s'en tiennent aux petits détails personnels, aux souvenirs infimes qui sont accessibles seulement à ceux qui ont partagé la vie quotidienne, des projets et aussi des épreuves, pendant un bon bout de temps. Vus de l'extérieur, ces détails ne sont guère parlants : une salutation ("la paix soit avec vous"), l'appel d'un nom ("Marie"), du poisson grillé mangé sur le pouce, un pain rompu et une bénédiction, un feu de braises au bord du lac et un repas qui attend. Ici ou là, le signe univoque qu'il s'agit bien de lui : Jésus montre ses mains, ses pieds, son côté, blessés. Et alors, les éléments de la vie quotidienne s'ouvrent à quelque chose qui nous dépasse : Jésus qui vient malgré les portes fermées, la pêche miraculeuse.
Comment vivre alors avec cette proclamation de la résurrection, avec ce vécu d'une simplicité difficile, faite d'éléments du quotidien mais qui ont touché au transcendant ?
Dans les récits de la résurrection, l'explication de l'Écriture par Jésus aide les disciples à accepter la résurrection comme quelque chose qui peut s'inscrire dans leur vie et qui sera offerte à toute vie. Mais la vraie compréhension ne viendra concrètement qu'en suivant la mission que Jésus leur donne : aller dans le monde entier, pardonner les péchés, témoigner avec courage, faire des disciples, baptiser, se confier à l'Esprit Saint… C'est en allant faire tout simplement ce qu'il nous demande, que, par l'Esprit Saint, nous rencontrerons toujours à nouveau Jésus-Christ et que nous entendrons à nouveau, au détour des choses vécues toute simples, qu'il est ressuscité.
Dans la joie de l'attente de vivre Pâques avec vous,
Bettina Cottin
De dos
Chemin Faisant, Février 2005
Tu marches devant, je ne vois plus que ton dos. Tu me précèdes, je te suis. Tu es seul à dévisager la ville qui tue les prophètes. On n'aperçoit ni ta face, ni ton regard, tournés vers là-bas.
Tout à coup, Tu sens comme un vide derrière toi ; n'y aurait-il plus personne ? Non, plus personne. Nos jambes sont paralysées, l'effroi nous a saisis. Alors Tu te retournes, et viens à nouveau nous redire ce que Tu ne cesses de répéter et que nous ne pourrons jamais admettre : le Fils de l'Homme va être livré, on l'outragera, on lui crachera au visage, on le fera mourir, et le troisièmes jour, il ressuscitera.
Tu marches devant, je ne vois que ton dos. Je ne sais où Tu nous mènes, quelle sera notre mort ni comment nous rencontrerons la croix.
Il faut que le Fils de l'homme … – à Dieu ne plaise, cela ne t'arrivera point, Seigneur !– Le malin pousse ses vrilles, il insémine en mon cœur le ver qui suce chaque élan de foi, il dresse à mes côtés la silhouette persifleuse de mon double, il me communique cette trouille panique de perdre ma vie.
Tu marches devant. Je te suis. Tu es mon Maître.
Le crucifié avec qui j'ai été crucifié.
Le ressuscité avec qui j'avance sur la terre des vivants.
Michel Bouttier
Quêtes et requêtes (Cahiers de Pomeyrol N° 5)
Réflexion de Carême : Dieu aussi fait l'expérience de l'anéantissement
Chemin Faisant, Février 2005
Depuis la catastrophe du tsunami, les croyants s'interrogent à nouveau sur leur foi en un Dieu créateur. La confiance en son amour et sa protection est ébranlée, à cause de l'immense détresse humaine.
Nous ne pouvons plus vivre d'une foi naïve. Notre terre n'est pas, de toute évidence, un jardin tranquille. Mais le savoir-faire de l'humanité lui permet en général de bien vivre sur cette terre même avec ses risques. Ce qui doit nous faire réfléchir, c'est que l'écrasante majorité des victimes se trouve parmi les populations les plus pauvres. La pauvreté et les désordres politiques ont aussi empêché la mise en place d'un système d'alerte qui aurait pu sauver des milliers de vies. L'humanité a un savoir-faire technique, mais à quoi sert-il s'il manque le savoir faire social ou la volonté politique ?
La solidarité internationale est un grand signe d'espoir, et le réseau des Églises chrétiennes y contribue à la mesure de ses forces et de ses implantations.
Mais l'interrogation de la foi continue. Vous trouverez dans le débat général à peu près tout et n'importe quoi (p.ex. sur Internet), des accusations contre Dieu, des explications ésotériques (parfois incroyablement cyniques), l'attente de la fin du monde …
Face à tout cela, il est bon de se remémorer le chemin de Jésus vers sa Passion. C'est à cela que sert le temps de Carême. Jésus nous montre une autre face de Dieu : celui qui s'identifie à ceux qui souffrent et qui meurent, à ceux qui n'ont pas accès à une vie digne, à la protection, aux droits. Il se soumet au même sort qu'eux. Le Dieu créateur ne recule pas devant l'expérience de l'anéantissement que font les humains. Mais c'est dans cette expérience même que la création a véritablement lieu, c'est-à-dire par la résurrection de Jésus, qui devient une perspective de vie offerte à tous.
La résurrection de Jésus marque le vrai début de la fin du monde ; nous n'avons pas besoin d'autres signes. Ce qui nous est demandé, c'est d'entrer dans la confiance avec la parole de Jésus ressuscité : "Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" et d'être, à notre tour, avec et aux côtés de notre prochain pendant le temps que nous vivons dans ce monde.
Bien à vous, dans la joie de partager la réflexion de la foi
Bettina Cottin
Regarder vers le passé, ou vers l'avenir ?
Chemin Faisant, janvier 2005
Souvent, nous craignons que le regard vers le passé obstrue la perspective de l'avenir. Si le passé a été heureux, ne risque-t-on pas de rester sous l'emprise de la nostalgie et de rejeter tout changement, même prometteur ? ("C'était mieux avant.") Si le passé a été lourd de malheur, ne restons-nous pas prisonniers du découragement, couvrant ainsi d'un voile gris le présent et l'avenir, soumettant tout à la mesure de nos souffrances et déceptions passées ? ("Rien de nouveau sous le soleil.") Nous en avons vu des exemples aussi dans la vie de l'Église. Nostalgie de la vie de nos paroisses dans l'après-guerre et désenchantement par rapport aux rêves de changement … ou découragement après tant d'efforts fournis, toujours insuffisants dans notre situation tellement minoritaire ("On a déjà tout essayé").
Mais nous ne pouvons pas nous contenter de l'instant présent. La façon dont nous considérons le passé et l'avenir détermine aussi notre façon de vivre le présent. Le passé ne doit pas servir à nous glorifier en tant que protestants, ou à bâtir une identité fermée. L'avenir ne doit pas servir d'échappatoire à un présent difficile, ou d'excuse pour ne pas nous confronter aux problèmes d'aujourd'hui. Ni le passé, ni l'avenir ne devraient nous ligoter, nous dominer. Les deux sont à remettre à Dieu et à recevoir de Sa main.
Quelle attitude découle de cette confiance en Dieu ? Pour le passé : nous plongerons nos racines bien plus loin que dans notre propre mémoire ou celle de nos (grand-)parents. Nous remonterons jusqu'aux fondements "apostoliques", c'est-à-dire au texte de la Bible qui proclame le Dieu de Jésus-Christ. Avec lui, qui préexiste à la création du monde, la grâce de Dieu vient à la rencontre de l'humanité. Nous avons donc une mémoire spirituelle qui, au présent, nous ouvre à toute humanité. Cela nous encouragera à réétudier le passé et à corriger bien des interprétations par trop identitaires ou génératrices de violence.
Pour l'avenir : conscients de nos responsabilités pour les générations futures, nous nous abstiendrons de soumettre l'humanité à une fatalité irréversible. Car notre monde ne doit être soumis en dernier lieu, selon notre foi, qu'à "Celui qui est, qui était et qui vient."
Pendant le mois de janvier, nous aurons des occasions, protestantes et œcuméniques, de nous pencher sur nos mémoires collectives. Je vous y donne rendez-vous.
Bien à vous
Bettina Cottin
L'usage des temps
Chemin Faisant, Décembre 2005
Ô Dieu, toi qui as du temps pour nous, donne-nous du temps pour toi. Toi qui tiens dans ta main ce qui a été, ce qui est et ce qui sera, donne-nous de tenir dans nos mains nos temps dispersés.
Donne-nous de tenir le passé, sans être tenus par lui, de vivre en mémoire et non en nostalgie, de garder fidélité et non rigidité, de conserver les signes sans les momifier en reliques. Enlève déjà de nos passés l'encombrement inutile, qui nous alourdit sans nous vivifier, qui irrite le présent sans le nourrir, qui devient musée et n'est plus demeure.
…
Donne-nous de tenir le présent, sans être absorbés par lui, de vivre en décisions et non en reports, de saisir l'occasion favorable sans nous agripper à l'occasion perdue, de discerner les signes, sans les vanter comme des oracles ou des privilèges. Enlève déjà de nos présents la fièvre qui agite et l'indolence qui rate. Enlève de nous le tourment de l'ailleurs et de l'autrement. Donne-nous la saveur de l'ici et du maintenant.
…
Donne-nous de tenir l'avenir, sans convoiter son illusion, ni redouter sa venue, de veiller sans forcer, de nous disposer aux signes sans nous enfiévrer aux attentes. Enlève déjà de notre avenir le souci inutile, qui vole le temps par l'appréhension, qui supprime le temps par la supputation, qui anéantit la surprise par l'emprise et la reprise.
…
Tu es le Dieu qui met le temps à la disposition de notre mémoire, de notre choix et de notre espoir.
Amen
Extrait d'une prière d'André Dumas. L'intégralité est à trouver dans "Cent prières possibles", éditions Albin Michel
Mémoire et actions de grâce
CONTACT, bulletin de la paroisse d'Annemasse (Haute Savoie), N°5/2004
Il aura beaucoup été question des Etats Unis d’Amérique ces derniers temps – sur les plans politique, avec les élections, militaire, avec la guerre en Irak; commercial, avec Halloween, financier, avec les cours du dollar… Pourtant, il est un événement très américain à caractère religieux dont on parle peu et qui mérite respect : «Thanksgiving» à savoir la fête d’actions de grâce, fête familiale américaine par excellence, plus importante que Noël, et qui rassemble les familles dans une profonde reconnaissante envers Dieu et ses bienfaits autour de la traditionnelle dinde (énorme et garnie d’une farce...particulière) et de la non moins redoutable tarte sucrée à la courge et aux épices.
Ce jour-là, le quatrième jeudi de novembre –un jeudi, en référence au Jeudi Saint, au jeudi de la Cène– les Américains remercient Dieu et lui rendent grâce en souvenir de la première récolte de l’année 1621, obtenue par les 104 immigrants (les fameux «Pélerins» du Mayflower) qui avaient accosté le 21 décembre de l’année précédente sur les rives du Massachusetts, où maintenant s’élève la petite ville de Plymouth, avec son joli musée hagiographique à une centaine de kilomètres au sud de Boston. Cette première récolte allait assurer la survie de la colonie (1).
Certes, cette commémoration traduit le besoin d’un pays jeune de se doter de traditions et de s’inventer une histoire. Certes, il y a une bonne part de mythe dans cette opération : les Anglais en question étaient des Puritains sectaires et intégristes dont certains devinrent marchands d’esclaves.
Et les Indiens autochtones, particulièrement accueillants et généreux avec ces «pèlerins», furent ensuite victimes d’abominables exactions de la part de ceux-là même à qui ils avaient apporté une aide décisive…
Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui encore cette ferveur populaire est religieuse et sincère. Se tenir, témoin vigilant, entre deux extrêmes, l’oubli de l’histoire, ou sa sacralisation.
Ici, ces actions de grâce rejoignent l’indispensable travail de mémoire dont André Dumas nous explique que «Faire mémoire, c’est faire œuvre de cette triple mémoire d’un passé bienheureux et douloureux; du présent convivial et partagé; de l’espérance crue et attendue» (2).
Et pour nous aujourd’hui ? Les vendanges s’achèvent, les champs sont moissonnés, les potagers se vident… savons-nous rendre grâce au Seigneur pour nos récoltes –au propre comme au figuré ? Avant de nous lancer joyeusement dans le temps de l’Avent, veillons à rester humbles et reconnaissants envers Dieu, en toutes choses. Que chaque jour soit Thanksgiving !
(1) En souvenir de cette première récolte, ce jour devint celui des actions de grâce et la coutume s'installa progressivement en Nouvelle-Angleterre bien avant l’indépendance. En 1817, l'État de New York fit du Thanksgiving Day une fête annuelle officielle, suivie bientôt de nombreux autres États. Enfin c’est en 1863 que le président Abraham Lincoln fit de la journée du Thanksgiving un jour de congé national.
(2) Les mémoires nécessaires, de Dieu à Auschwitz, Genève, 1996, Labor et Fides
Jean-Luc Beckert
Dialogue sur le baptême entre Églises protestantes
Chemin Faisant, Décembre 2004
Au niveau européen, un dialogue sur "Le début de la vie chrétienne et la nature de l'Église" a été mené entre les Églises protestantes "historiques", (luthériens, réformés) et les baptistes, pour avancer sur cette question difficile. Le principal contentieux est la reconnaissance, par les baptistes, du seul baptême des croyants adultes, ce qui les amène souvent à rebaptiser des membres venus d'autres Églises (catholique ou protestantes historiques), baptisés très jeunes à l'origine. C'est que la grâce de Dieu doit rencontrer la réponse de la foi, sans laquelle il ne peut y avoir de baptême ; le baptême des nourrissons n'en est donc pas un. Mais, ce faisant, il donnent l'impression de désavouer la pratique des autres Églises et la valeur du baptême en tant que tel.
Les Églises historiques, baptisant à tout âge, mettent l'accent sur la seule grâce de Dieu. Les parents représentent leur enfant au niveau de la foi. Il est exclu que le baptême apparaisse comme une œuvre de mérite humain. Ce faisant, il y a quand même le risque d'une conception quasi magique du baptême, si un chemin personnel dans la foi n'est pas d'emblée envisagé.
Le document propose de recadrer le débat en considérant le processus de l'initiation (début) à la vie chrétienne dans son ensemble. Le baptême, dans lequel il y a rencontre de l'amour de Dieu et de la réponse humaine de la foi, devient alors l'événement central de ce processus, mais ne couvre pas son ensemble.
Les propositions de travail pour l'avenir (travail à faire par chaque Église) suggèrent aux baptistes de remplacer le (re)baptême par un acte de confession de foi, et aux Églises historiques d'administrer le baptême des nourrissons avec discernement (s'en abstenir quand il paraît improbable qu'il soit suivi d'une éducation chrétienne).
Nous avons discuté de ce document en pastorale évangélique. Un constat : le baptême en vue "d'obtenir le salut" n'est plus un concept qui compte (théologie juridique héritée du Moyen Âge), pas plus que le souci (de certaines missions contemporaines) de baptiser pour "faire du chiffre". Même si le baptême ne peut pas être séparé de l'entrée dans une communauté concrète, le but premier est de placer chaque vie dans des relations justes, basées sur la relation primordiale, celle avec Dieu.
On constate que l'Eglise catholique baptise aussi de plus en plus d'adultes, il y a une évolution des mentalités en général. Beaucoup d'Eglises évangéliques recrutent leurs membres sur la base d'une rupture avec le monde, mais aussi avec la vie religieuse d'avant (le plus souvent catholique). Ces personnes demandent alors le rebaptême, pour bien marquer que, cette fois, ce sont elles qui prennent la décision pour la dimension la plus importante de leur vie : la foi. Du même coup, elles sont peu réceptives à ce que l'histoire du christianisme et de la théologie nous apporte à tous. C'est ce qu'il faut revaloriser. A remarquer : l'Église évangélique libre ne rebaptise pas, mais actualise au niveau adulte un baptême passé à l'âge de nourrisson dans une autre Église.
La question "baptême par immersion ou par aspersion" joue un certain rôle entre Églises, mais elle est secondaire.
Dans les propositions de travail, nous retenons, pour les Églises historiques, le risque de baptiser des nourrissons de façon non responsable, et pour les Églises de type baptiste, la proposition de ne pas renouveler le baptême, mais juste la partie de l'imposition des mains qui, elle, peut être répétée plusieurs fois dans la vie.
Bettina Cottin
Gloire à toi, ô Christ !
Chemin Faisant, Décembre 2004
Gloire à toi, ô Christ !
Dieu fort et tout-puissant,
devenu pour nous un faible enfant !
Tu règnes dans le cieux,
et tu es né dans une étable.
Tu es assis sur le trône de Dieu
et couché dans une mangeoire.
Tu es la lumière du monde,
mais tu trouves refuge dans une grotte obscure.
Tu es entouré de chérubins et de séraphins,
et tu dors parmi les animaux.
Tu es élevé au-dessus des nuages,
et tu reposes sur la paille.
Tu tiens le monde dans ta main
et tu es porté dans les bras d'une mère.
Tu brûles d'amour
et tu trembles de froid.
Tu donnes nourriture à toute créature
mais tu souffres faim et soif.
Oui, gloire à toi, ô Christ !
(Litanie orthodoxe)
Il naît dans le dénuement
Editorial de Chemin Faisant, Décembre 2004
Nous rendons-nous encore compte du décalage entre le "premier Noël", la naissance de Jésus dans des conditions précaires, et notre ambiance de fête et d'abondance ? Sans vouloir verser dans le misérabilisme, cela vaut la peine d'y réfléchir.
La naissance de Jésus a lieu dans une famille modeste, mais mise en danger et bouleversée par les enjeux politiques des puissants du moment (l'empereur Auguste, le roi Hérode). Voilà pourquoi l'enfant naît dans une étable, sur la paille, et non dans le lit de ses parents. Les premiers visiteurs seront les bergers, travailleurs pauvres vivant en marge de la société. Et pourtant, ce seront eux qui relayeront le message des anges sur la terre : Un Sauveur vous est né !
La fête chrétienne de Noël proclame aux yeux de tous que Celui qui est né dans le dénuement est notre Sauveur et Seigneur. Jésus n'a jamais accepté les attributs du pouvoir humain. Il leur a opposé les signes du pouvoir de Dieu : guérison, pardon, justice pour les pauvres, paix, victoire sur la mort. Sa naissance dans une étable est en elle-même le signe du contre-pouvoir de Dieu, et de valeurs spirituelles qui s'opposent aux valeurs matérielles de ce monde. Le pouvoir de Dieu est mystérieux, caché, et ne se révèle que dans la mesure où Jésus va vers la Passion. En dehors de ce contexte, il peut être mal compris, et détourné. Les exemples ne manquent pas dans l'histoire.
Chaque fête de Noël est l'occasion d'un retour aux sources de ce message divin. Veillons à ce que notre façon de fêter Noël exprime clairement notre foi en ce Sauveur né dans le dénuement, et l'honneur que nous lui rendons.
Mais si nous lui rendons honneur, nous ne pouvons pas passer à côté de ceux qui vivent (et naissent) dans le dénuement, aujourd'hui. Ce sont ses frères et sœurs. Au mois de décembre, nous recevons beaucoup d'appels de la part d'organismes caritatifs. C'est le bon moment. Que le fait qu'il y ait beaucoup d'appels ne nous limite pas ! Il y a malheureusement beaucoup de misère et d'injustice.
Notre façon de confesser Jésus-Christ dans le monde consistera à faire une belle fête de Noël, et à soutenir d'une façon efficace des personnes dans le besoin. Ce double témoignage sera entendu, espoir des pauvres et honneur rendu à Dieu.
Joyeux Noël à tous,
Fraternellement Bettina Cottin
Joie
Chemin Faisant de novembre 2004
Joie !
Joie quand on m'a dit : Allons à la maison du Seigneur !
Alors j'ai mis mes plus beaux atours
et je me suis habillé de couleurs et de lumière.
Mais joie
encore plus grande quand on m'a dit
que Dieu était en route
et qu'il voulait loger chez moi.
Alors j'ai vu le capharnaüm qui m'habitait
et décidé d'y mettre de l'ordre.
Mais joie,
joie indescriptible quand à ma porte,
je l'ai entendu frapper :
il n'avait pas attendu, il était déjà là,
il voulait juste être avec moi.
Alors ?
Alors, je l'ai simplement laissé entrer …
O Dieu, ouvre nos cœurs à ta présence.
Amen
Laurent Zumstein, Danielle Staines, Patrice Haesslin, trouvé dans "Vie 1liturgie" n° 58 de mars 2004
La porte est ouverte
Editorial de Chemin Faisant, Novembre 2004
Une des caractéristiques de la foi chrétienne est de vouloir être accessible à tous. Les célébrations sont ouvertes à tout public, l'Écriture Sainte est lue en traduction moderne et expliquée au plus grand nombre, par tous les moyens possibles et imaginables, l'enseignement de la foi se passe au grand jour, il n'y a pas d'instruction secrète, et la pensée chrétienne est en dialogue constant avec la culture, les hommes et les femmes de notre temps, et il n'y a pas d'interdiction rituelle religieuse. Enfin, le christianisme est une religion universelle, au sein de laquelle les hommes et les femmes, tous les peuples et toutes les langues s'expriment à égalité devant Dieu. Voilà notre première raison de nous concevoir comme une communauté à porte ouverte.
La deuxième raison est bien plus profonde, puisqu'il s'agit du fondement même de notre foi, Jésus-Christ. Il est lui-même la porte ouverte à tout un chacun. Jésus-Christ est la porte ouverte auprès de Dieu, l'accès direct à l'amour de Dieu. Il suffit d'accueillir de tout cœur son pardon et son appel à la vie nouvelle. Il n'y a pas de conditions de rang social, d'instruction, d'âge ou de mérite.
Toute Église chrétienne se doit d'exprimer, à travers ses paroles et ses actes, cette conviction : Jésus-Christ est la porte ouverte vers Dieu. Nous nous efforçons d'aller dans ce sens de l'ouverture, à travers nos activités spirituelles, culturelles, diaconales, ou encore conviviales comme le repas d'automne auquel vous convie le dessin de couverture de ce numéro de Chemin Faisant. Mais nous voyons bien qu'il y a des dimensions, ou des cas de détail, où nous n'y arrivons pas, ou encore où nous faisons fausse route. Critiques et encouragements dans un esprit fraternel sont donc les bienvenus.
Mais la question la plus importante doit se poser dans notre conscience personnelle et communautaire : sommes-nous ouverts à Dieu ? Est-ce que nous l'écoutons, quand il a des encouragements et des critiques à nous adresser, est-ce que nous sommes prêts à reconnaître nos fausses routes, nos fausses sécurités et nos réflexes de fermeture sur nous-mêmes ? C'est l'heure de vérité. "Voici, je me tiens à la porte et je frappe" dit Jésus-Christ. Ce peut être une voix intérieure, ou celle de mon prochain. Qu'il nous soit donné de reconnaître cette voix, et d'ouvrir la porte !
Bettina Cottin
Homonymie - Crois/Croix
Chemin Faisant d'octobre 2004
Chaque dimanche, vous voyez comme moi, au fond du Temple, une croix. Banal ? Bien sûr ! Elle est au fond de tout temple.
Mais avez-vous remarqué que, projecteurs aidant, ces derniers déterminent deux ombres de croix. Et cela évoque pour moi les trois croix du Golgotha.
Encore une fois, souvenir banal de Luc 23-39/43.
Et depuis bien longtemps que je vois ces trois croix, je ne peux m'empêcher de m'identifier à ces deux brigands qui accompagnaient Jésus dans son supplice.
Et dans ma vie, être alternativement, l'un ou l'autre : soit refusant soit confiant en Christ.
Et chaque dimanche est un jour où je peux dire : souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne.
Edmond Faubeau
Christ, notre médiateur - Christ, notre paix
Editorial de Chemin Faisant, octobre 2004
Ce mois-ci, le thème est inspiré par la présentation de l'association "Génération Médiateurs" à notre repas du deuxième dimanche. Cette association a eu pour point de départ la violence à l'école, et en particulier au collège. Face à ce problème, que ni la répression ni, bien sûr, l'indifférence n'arrivent à résoudre, la démarche de médiation fait réfléchir au mécanisme même des conflits. Elle demande à mieux se connaître soi-même et à apprendre à s'exprimer sans écraser l'autre. C'est le pari de s'entendre, c'est le projet de résoudre des conflits.
Pour ce faire, il faut une certaine confiance en la capacité humaine de produire non seulement le conflit, mais aussi la paix. Cette capacité demande à être formée, développée. C'est là un des enjeux de la Décennie (2001-2010) pour une culture de la non-violence et de la paix proclamée par l'ONU, relayée du côté chrétien par le Conseil Œcuménique des Églises avec la décennie Vaincre la violence, qui est à son tour reprise dans la Fédération Protestante de France, dont les assises sur le thème "Surmonter la violence" ont lieu du 8 au 10 octobre à Clermont-Ferrand.
Il ne faut pas moins qu'un enchaînement des communautés humaines de cette envergure pour promouvoir la paix, ce qui revient toujours à nager à contre-courant d'un certain penchant humain.
Nous, chrétiens, n'avons pas seulement une perspective d'avenir et un idéal de la paix, mais nous avons aussi un fondement et un médiateur universel, Jésus-Christ. Il a non seulement réconcilié l'humanité avec Dieu, mais aussi les différentes parties de l'humanité dans son plan de salut. Pour vaincre notre violence, il en est devenu lui-même la victime, par sa mort sur la croix. "Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine." Depuis la résurrection de Jésus-Christ, par la force de son pardon, les chrétiens sont ont à intégrer leur vie, leurs actions et leur témoignage à la dynamique de la réconciliation mise en œuvre par le Christ.
Je nous souhaite de pouvoir demander à Dieu "Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix", que ce soit en tant qu'Église, dans nos familles, dans le monde du travail, dans l'engagement social ou politique … et de suivre le chemin tracé par le Jésus-Christ !
Bettina Cottin
La route vers notre prochain deviendra-t-elle un voyage extraordinaire ?
Editorial de Chemin Faisant, septembre 2004
Je me suis en effet amusée à combiner les titres de la première et de la dernière page de ce petit journal. Car ils traduisent bien notre ambition et notre espoir en ce moment de la rentrée : que l'Église puisse offrir un espace de rencontre et de découverte, découverte de la richesse dans notre diversité. Le dessin en première page rappelle encore l'action "cartes postales" du dernier culte des familles avant les vacances. Il exprime aussi l'idée que même la solitude peut se métamorphoser en un chemin vers l'autre, puisqu'elle nous fait
ressentir le besoin de la communauté.
Le choix du thème de l'école du dimanche va dans la même direction. Nous avons choisi le dossier "Avec et sans frontières", élaboré par la Conférence des Églises protestantes des pays latins. La coïncidence avec l'élargissement de l'Europe n'a pas été déterminante, mais elle peut être intéressante. "Avec et sans frontières" présente douze textes bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui travaillent sur les frontières religieuses, sociales, politiques, générationnelles … frontières qui séparent ou protègent, qui structurent une identité mais la menacent aussi. Le christianisme se révèle comme la religion par excellence qui ne peut pas s'accommoder des frontières existantes mais qui cherche à les éclairer, les comprendre, à
les surmonter ou les abolir s'il le faut. La clé de voûte de cette dynamique est Jésus Christ, qui a surmonté même la frontière la plus hermétique, celle entre la vie et la mort.
Mais le passage des frontières n'est pas sans risques ni heurts. Aujourd'hui, dans notre monde, y compris dans notre pays, les deux problèmes les plus visibles sont les problèmes des réfugiés et le renfermement intégriste de certains courants religieux. L'éclairage biblique inspirera et soutiendra notre engagement de chrétiens. Le chemin vers mon prochain passe aussi par là.
Je vous souhaite à tous un "voyage extraordinaire" en cette Rentrée, par la grâce de notre Seigneur Jésus
Christ !
Bettina Cottin
Voyage extraordinaire
Chemin Faisant de septembre 2004
Noé a accueilli dans son embarcation
Des vivants venus de partout,
Des rampants et des volants,
Des chantants et des muets,
Des colorés et des ternes,
Des énormes et des minuscules…
Large, il a ouvert les portes.
Ton arche, construis-la ample,
Avec des portes à double battant,
Ouvertes pour l'accueil…
Avec eux tous, tu feras un voyage extraordinaire,
Un voyage en chansons,
Le voyage le plus merveilleux,
Le cadeau de Dieu !
Il y a des pays, il y a des cultures,
Il y a des manières différentes de penser,
De parler, de jouer, de fêter, de vivre.
C'est comme un grand champ de fleurs,
Il y a les coquelicots et les boutons d'or,
Il y a le trèfle et les marguerites,
Il y a les couleurs et les parfums…
C'est quoi ?
C'est pourquoi ?
C'est la création,
Le coup de cœur de Dieu.
Voilà les peuples et les cultures !
Des enfants, des femmes, des hommes
De toutes les couleurs,
Toutes ces diversités ne doivent pas faire peur,
Elles vont éveiller la curiosité !
Derrière chaque culture se cache un secret,
Une merveille à entendre,
Une beauté à contempler,
Le clin d'œil de Dieu !
de Pierre Haag
O grand Esprit
Chemin Faisant de juin 2004
Pour ce temps de l'été, nous vous offrons une prière indienne. Elle n'est pas chrétienne.
Mais ne peut-elle pas nous faire réfléchir ?
O grand Esprit,
dont la voix de fait entendre dans le vent
et qui, d'un souffle, anime tout l'univers, écoute-moi.
Je suis un de tes enfants,
petit et faible.
J'ai besoin de ton aide et de ta sagesse.
Que mes oreilles soient attentives à ta voix,
que mes yeux contemplent à jamais la splendeur
d'un soleil couchant.
Que mes mains respectent ta création.
Rends-moi sage
afin que j'apprenne ce que tu as enseigné à mon peuple :
la leçon cachée en chaque feuille,
sous chaque rocher.
Je demande la force
non d'être supérieur à mes frères,
mais de combattre mon plus grand ennemi :
moi-même.
Fais que je sois toujours prêt à venir à toi
les mains sans taches,
le regard limpide.
Quand ma vie s'éteindra
comme le soleil couchant,
je veux que mon âme puisse aller à toi avec confiance.
Conservé au musée des Abénakis, Maine, USA
Les deux visages de l'été
Editorial de Chemin Faisant, juin 2004
L'été est idéalement le temps de la détente et du repos, du ressourcement et aussi des retrouvailles familiales.
Un temps qui doit nous faire du bien, nous redonner des forces, de la joie, et pour certains, l'occasion de
voyages, de découvertes.
L'été 2003, pourtant, s'est montré sous un autre visage. La canicule meurtrière nous a appris la peur. Elle nous
a rappelé nos limites et nos fragilités. Mais, avant tout, cet été-là aura dévoilé aux yeux de tous les limites et
les manquements de notre société : distension des liens de famille et de voisinage, manque de moyens dans
le secteur hospitalier, étouffement financier des dispositifs sociaux.
Cette année, nous ne voulons plus de victimes ! Est-ce un hasard si le numéro de juin de Chemin Faisant
regroupe plusieurs articles au sujet de l'engagement social ? Même si l'action protestante est, par nature, très
minoritaire au niveau de la société, elle ne contribue pas moins à interpeller l'opinion publique à partir de sa
réflexion spécifique, et à aider les plus démunis. Chaque chrétien est conscient d'avoir à servir là où Dieu l'a
placé.
Le diaconat de notre paroisse continue son service pendant tout l'été ! Seriez-vous prêts à donner un coup de
main … pour que l'été puisse signifier ressourcement et réconfort pour tous ?
Et pour revenir à l'autre visage de l'été, je vous souhaite à tous d'y puiser le renouvellement de vos forces et
de votre joie que vous cherchez. Permettez-moi de vous suggérer de consacrer aussi une partie de votre
temps à la découverte humaine. Pourquoi ne pas aller au culte sur le lieu des vacances, même, et surtout, si
vous ne connaissez pas cette paroisse-là ? Pourquoi ne pas prendre le temps de mieux comprendre tel
membre de la famille, ou de démêler tel conflit resté en suspens ? Ou faire signe à quelqu'un qui se sent
seul ? Puisse le temps du repos devenir aussi le temps de la confiance et de l'espérance retrouvées !
Bien fraternellement à vous,
Bettina Cottin
Mission impossible, possible
Expressions de foi de l'Eglise universelle. DEFAP - Chemin Faisant de Mai 2004
Tu te heurteras à une mission impossible :
- si tu crois pouvoir bouleverser des habitudes
sans te laisser toi-même bouleverser,
- si tu crois que le projet auquel tu travailles doit d'abord te procurer une satisfaction personnelle,
- si ton savoir-faire ou tes beaux discours l'emportent sur ton savoir-être et ta capacité d'écoute,
- si ton horizon se limite à tes seules relations privilégiées directes ou à ta tradition particulière,
- si tu te contentes de parler sans risque ou de te taire sur les violations des Droits de l'Homme et les atteintes à sa dignité de créature.
Tu entreras dans la joie d'une mission possible :
- quand, au lieu de t'attendre à être accueilli, tu te fais toi-même accueillant,
- si, au lieu de demander d'être compris, tu cherches toi-même à comprendre,
- quand l'autre aura vraiment sa place à côté de toi,
que vous pourrez donner et recevoir l'un de l'autre et qu'ensemble vous saurez agir solidairement,
- quand tu peux prier les yeux ouverts sur ta propre pauvreté et rejoindre ainsi celle de tous les hommes,
- quand, rencontrant sur ta route ceux qui luttent pour la justice et la liberté, tu échappes au piège de la neutralité,
- quand tu refuses que la violence ait le dernier mot et qu'alors le Christ devient par toi facteur de réconciliation et germe d'espérance.
Peuple de Dieu, c'est à ce prix que tu accomplis ta mission et que tu as part à l'action apostolique, proclamant ainsi avec toute l'Église que "Jésus-Christ est vie du monde".
DEFAP,
Expressions de foi de l'Église universelle
Pourquoi le Christ devait-il souffrir pour entrer dans sa gloire ?
Editorial de Chemin Faisant, mai 2004
La sortie du film "La Passion" de Mel Gibson a remis sur le tapis une question polémique, quelque peu oubliée ces derniers temps : A qui la faute de la mort de Jésus ?
Les évangiles racontent la Passion de Jésus de façon différenciée ; mais nous retrouvons deux constantes partout : 1) La Passion de Jésus fait partie du plan de salut de Dieu pour le monde, et en tant que telle, elle est annoncée par les Écritures. Jésus lui-même y est entré de son plein gré, même si ce fut très dur à accepter (voir la scène de Gethsémani). 2) Les culpabilités sont partagées entre les responsables religieux des juifs, les autorités romaines, mais aussi les disciples eux-mêmes, par leur lâcheté et leur trahison (Judas et Pierre).
Nous constatons, un peu étonnés, que les Romains sont plutôt traités avec ménagement par les évangélistes, alors que la réalité historique dit le contraire. L'exemple le plus saillant est la figure de Pilate dans les évangiles, homme de compromis, presque philosophe, alors que le Pilate historique fut un fonctionnaire très dur et même jugé incapable par Rome d'administrer la Judée à cause de ses méthodes trop musclées. Les évangiles furent écrits entre 40 et 70 ans après la Passion et prennent en compte la situation du christianisme contemporain qui commence à se répandre dans l'Empire romain, où l'on ne persécute pas encore, et à gagner des adeptes païens. Mais par rapport au judaïsme, l'heure était à la polémique, et même à l'exclusion
des chrétiens de la synagogue, ainsi que, au début du IIème siècle, à la concurrence entre missionnaires juifs et chrétiens … Les évangiles ont donc intérêt à ménager les Romains et à se démarquer des juifs.
Par contre, la fameuse phrase "Que son sang vienne sur nous et sur nos enfants" reflète bien les conflits du temps de Jésus. A l'intérieur même du judaïsme palestinien, les différents courants ne se ménageaient nullement et prouvaient, citations bibliques à l'appui, que les autres étaient infidèles à Dieu et rejetés par Lui. Les expressions les plus virulentes contre le reste du judaïsme se trouvent dans les écrits de la communauté (juive) de Qumrân, qui se considérait comme seule pure et fidèle au dessein de Dieu. L'évangile de Matthieu participe donc à ces discussions passionnées, qui n'eurent plus lieu, bien sûr, après la destruction du Temple en 70.
Mais le plus important, pour nous, est ailleurs. Depuis l'Ancien Testament, la Parole de Dieu déplore l'infidélité de son propre peuple, celui qu'il a lui-même élu. Nous en trouvons l'écho dans la Sainte Cène : Jésus sera trahi par l'un de ceux qui mangent avec lui, du cercle étroit des Douze ! Dès lors, les accusations des évangiles doivent être interprétées à la lumière de la foi : à chaque fois que Dieu élit un peuple, celui-ci le trahit. Si nous sommes son peuple, nous aussi, nous le trahissons. D'ailleurs, qui d'entre nous pourrait prétendre faire mieux que les disciples, qui, tous, ont abandonné Jésus ? Il faut vraiment la grâce de Dieu et le pardon, donné sur la croix, pour nous libérer de notre péché et restaurer la communion avec Dieu. Le Christ souffre à cause de nous tous, à cause de ce que nous sommes, et parce qu'il n'a pas voulu nous abandonner à notre sort mais nous sauver.
A partir du moment où nous ne tombons plus dans le piège de l'antisémitisme chrétien, qui a fait tant de mal dans l'histoire, mais où nous nous confrontons au message authentique des Écritures, la parole de Jésus ressuscité prend tout son sens :
"Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait d'entre les morts le troisième jour et que la repentance en vue du pardon serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem." (Luc 24, 46-47)
Avec mes messages fraternels pour ce temps de Pâques, de l'Ascension et de Pentecôte !
Bettina Cottin
Extrait de "Traces vives" , Paroles liturgiques pour aujourd'hui. Genève, 1997.
A l'aube profonde
les femmes arrivent
pour l'embaumement,
comme on arrive
pour l'enterrement d'une espérance.
Dans leur cœur,
les souvenirs ont déjà goût de cendres.
On pense rarement au futur
dans les cimetières !
Mais voici
qu'au bord du tombeau,
la pierre du passé
a roulé loin de la mort !
Dans le roc de leurs larmes,
une faille s'ouvre
dont elles ne savent d'abord que faire.
Il faut du temps
pour apprivoiser la résurrection !
Et c'est alors
qu'au plus profond de leur nuit,
une parole neuve et claire les rejoint.
La fin devient un commencement.
La vie leur ouvre un demain !
Seigneur, toi qui te tiens
au seuil de nos tombeaux
où nous nous enfermons,
donne-nous de déposer à terre
les fioles de notre désespérance.
Que ta parole réveille en nous aujourd'hui
ce qui est retenu dans la mort.
Christ, Seigneur,
tu es le Vivant
et tu nous parles de vivre !
Francine Carillo,
Pâques, la protestation contre la mort
Editorial de Chemin Faisant, avril 2004
Nous sommes encore très marqués par les marches de protestation de millions d'Espagnols, suite aux attentats de Madrid. Ces rubans noirs, ces slogans qui affirmaient la révolte, qui clamaient le vide que laisse la disparition de ces victimes, ce "non" au terrorisme. Mais plus généralement, c'est un refus énergique de considérer la vie humaine comme quelque chose qui ne soit qu'un moyen pour atteindre un but (en ce cas : l'intimidation d'un peuple). Non, chaque personne a sa valeur en soi ; nous refusons qu'elle puisse être utilisée comme un moyen.
Quand nous lisons les récits de la Passion dans les Évangiles, nous nous rendons compte que la mort de Jésus avait été, elle aussi, instrumentalisée. D'un côté, l'adage "Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple" ; de l'autre, la politique d'intimidation des Romains qui crucifiaient des centaines de zélotes le long des routes (terroristes qui n'avaient que ce qu'ils méritaient selon les Romains, combattants pour la liberté selon le peuple juif). Or, Jésus, refusant la lutte armée mais mourant sur une croix comme un terroriste, brouille et renverse toutes les classifications politiques et toutes les catégories de la mort.
Au matin de Pâques, les femmes qui viennent au tombeau font à leur façon une marche de protestation. Elles marquent la place de Jésus dans leur vie, mais aussi dans celle de tout un peuple. Elles disent silencieusement l'injustice et l'arbitraire de la mort de Jésus, et il leur faut beaucoup de courage pour cela.
Mais la résurrection de Jésus dépasse encore de loin ce que peut donner la protestation humaine. Dieu lui-même proteste contre la mort en tant qu'instrument de pouvoir. Dieu lui-même s'est abaissé dans la mort et l'a vaincue par la résurrection.
Non seulement, il n'est pas permis d'instrumentaliser une vie humaine ; mais dorénavant, cela est impossible, du point de vue de Dieu. La résurrection dit la vie irréductible de toute personne que Dieu a créée et aimée. N'allons plus jamais croire autre chose au sujet de la volonté de Dieu !
Que la joie et la confiance de Pâques vous soient données !
Bettina Cottin
Prière d'intercession de la Journée Mondiale de Prière 2004 (Panama)
5 mars 2004
Nous prions pour les femmes qui ont des responsabilités au Panama et dans d'autres pays du monde, tout spécialement celles qui participent au gouvernement. Nous prions pour que la justice et l'égalité prévalent dans leurs décisions. Nous prions pour le monde entier : que l'amour du Christ se manifeste au sein de chaque lutte.
Seigneur, nous te prions pour les parents. Donne-leur la force et l'intelligence spirituelle nécessaires pour élever leurs enfants en vue de devenir des membres fidèles de leurs Églises et des citoyens responsables dans leurs pays.
Nous te prions pour les chômeurs, les mal logés, ceux qui ont faim. Nous prions pour ceux qui souffrent de solitude, de maladies mentales et physiques. Nous prions pour ceux qui sont injustement emprisonnés. Nous prions pour ceux qui s'engagent au service des souffrants. Qu'ensemble, ils puissent découvrir, dans leur quotidien, de nouvelles formes d'accompagnement et d'action.
Nous prions pour les différents groupes de prière qui, au Panama et dans le monde entier, intercèdent pour les personnes dans le besoin. Renforce notre foi, Seigneur, pour que nous puissions être les messagers de ta paix, de ton amour et de ta justice.
Nous prions pour les adolescents et les jeunes couples. Puisse la société reconnaître leur besoin d'avoir un bon métier et un travail épanouissant. Puissent-ils être conscients des méfaits de la drogue et savoir lui résister. Nous prions pour les femmes et les enfants. Que leur vie soit exempte de violences domestiques et sexuelles.
Nous prions aussi pour les personnes âgées. Que la société valorise leur contribution à la communauté et réponde dès maintenant à leurs besoins spécifiques.
Nous prions pour que les femmes soient des "personnes clés", qui libérent de la discrimination, tant dans le domaine de l'éducation et du travail qu'aux postes de responsabilité dans la société et dans les Églises.
Amen
"Le don, engagement pour l'avenir ?"
Editorial de Chemin Faisant, mars 2004
Notre culte d'offrande du 7 mars sera en même temps un culte des familles. Toutes les générations se retrouveront autour d'un thème biblique : la parabole des invités au grand festin. Tous pourront comprendre quelque chose du message de Jésus, du plus petit au plus grand.
Je crois qu'il est bon d'apporter notre offrande particulière au milieu des enfants et des jeunes. Par leur participation, mais aussi par leur simple présence – parfois bruyante, toujours tonique et pleine de surprises – ils nous rappellent que nous ne construisons pas l'Église pour nous, et que nous ne devons pas garder la Bonne Nouvelle pour nous.
La Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu se fane et meurt si nous la gardons enfermée dans nos mains, mais elle s'épanouit et vit si nous la passons à d'autres. L'Église doit la proclamer autour d'elle, et à l'intérieur de l'Église, nous devons l'offrir aux générations qui portent en eux l'avenir.
Donner au culte d'offrande, c'est nous engager au milieu et devant les yeux de la jeunesse pour que l'Église ait un avenir. Engageons-nous donc pour eux, et avec eux.
A bientôt !
Bettina Cottin
"Petite veille sur le monde"
Prière des diaconesses lors du culte du 11
janvier 2004,
Prier, c'est tenir ensemble la demande et la louange, le cri et le chant, c'est se faire proche de ceux qui sont loin, c'est apprendre à regarder et à aimer, c'est se laisser rejoindre dans ce qui nous dérange, c'est apprivoiser ce qui paraît étrange.
Prier, c'est poser dans la nuit des étoiles de lumière.
Prions donc pour le monde.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
2ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des femmes et des hommes, ils priaient, là-bas à Bouaké.
Terre d'Afrique, terre aux ethnies multiples,
terre de sang, terre de faim,
terre du manioc et de l'arbre à pain,
terre des palabres, terre de joie, terre du partage, terre de vie.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
3ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des enfants déposer leurs armes,
ils réapprenaient le chemin de l'école et du sourire,
là-bas à Lima. Terre des Andes, terre de feu,
terre des sans-terre, terre des disparus,
terre de riz, terre de drogue,
terre des poètes, terre de musique.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
2ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des hommes de pouvoir qui ne voulaient pas la guerre,
là-bas, à New York. Terre d'Amérique, terre du Nord,
terre mosaïque des peuples,
terre de tolérance, terre d'exclusion,
terre de démesure, terre de possible.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
3ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des Intouchables prendre la parole
et des femmes qui montraient leur visage,
là-bas, à Calcutta ou à Kaboul.
Terre d'Asie, terre de fracture, terre d'hospitalité,
terre des paroles interdites, terre de courage,
terre du geste, terre de violence,
terre de délicatesse, terre de sourire.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
2ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des hommes qui osaient encore la paix,
des deux côtés d'un mur en construction,
là-bas, à Tel-Aviv ou à Ramalla.
Terre d'Orient, terre de désert, terre de richesse,
terre de guerre, terre de prière,
terre d'histoire, terre d'avenir.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
3ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des femmes et des hommes qui, sans rancune envers ceux
qui avaient voulu leur en imposer une autre, redécouvraient
le trésor de leur culture, là-bas, à Papeete ou à Nouméa.
Terre d'Océanie, terre d'eau et de ciel,
terre de facilité, terre d'authenticité,
terre hostile, terre de beauté.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Tam-tam, et on pose sur l'arbre des feuilles d'or ; des bougies sont allumées.
1ère voix : Nuit … et puis silence ! (pause) Encore, toujours !
N'y aura-t-il donc pas de brèche dans nos ténèbres ? !
2ème voix : J'ai entendu – brèche dans la nuit ! –
des plus jeunes qui aidaient les anciens,
des femmes et des hommes qui choisissaient de bâtir,
là-bas, à Paris, à Tallinn ou à Moscou.
Terre d'Europe, terre de contrastes, terre aux multiples visages,
terre vieillie, terre de projet,
terre d'asile, terre de rejet, terre frileuse, terre sans frontière,
terre d'individualité, terre d'amitié.
Christ est né, Christ est là, paix sur la terre !
Ainsi, Seigneur, avec tous ceux qui, de par le monde, de toutes confessions, de toutes races, de tous âges, de toutes conditions, te prient, te supplient et te louent, nous unissons nos voix dans la prière que ton Fils Jésus-Christ nous a enseignée : Notre Père …
"Tout change – changerons-nous ?"
Editorial de Chemin Faisant, février 2004
Ces temps-ci, plusieurs activités de l’Église sont en train de changer, de prendre une forme différente. L’exemple le plus marquant en est la fête paroissiale. Pour commencer, elle a changé de nom, en devenant « Journées protestantes de rencontre ». Maintenant, elle change de formule. Au lieu d’un week-end, elle se répartira sur deux moments, un dimanche de vente (au printemps) et un repas du samedi soir (à l’automne). Tout en multipliant les occasions d’accueil et de rencontre, cette formule permettra aussi de répartir le «fardeau» sur plusieurs épaules et d’être ainsi moins lourd à porter.
D’autres activités bougent aussi.
La catéchèse, bien sûr, est sans cesse en mouvement, car les jeunes d’aujourd’hui évoluent vite, et il faut trouver de nouvelles méthodes pour communiquer avec eux autour de la Bonne Nouvelle.
Puisqu’on parle de communication, vous avez pu constater par vous-mêmes les changements intervenus dans la formule de Chemin Faisant, et puis, nous avons maintenant un site Internet. Dans la communication comme dans les autres secteurs d’engagement, nous travaillons de plus en plus en réseau avec d’autres paroisses et d’autres associations. La récente exposition biblique en est un exemple. Il y a moins de « patriotisme » de la paroisse locale. Les membres de nos Églises bougent aussi, et il faut s’adapter.
Ces changements peuvent nous stresser et parfois nous faire peur. Tout va très vite, et souvent, nous avons du mal à trouver de nouveaux repères. Et que devient notre foi, dans tout ça ? Changera-t-elle aussi ?
Oui et non. Non, parce que le fondement de la foi est toujours le même, l’amour éternel de Dieu. « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas », dit Jésus-Christ. Oui, parce que l’histoire est toujours en mouvement. En tant que chrétiens, nous n’avons pas à la subir simplement, mais au contraire, nous pouvons participer au changement, dans l’attente active du Royaume de Dieu, qui vient à nous et qui a déjà changé notre vie.
Jésus a d’ailleurs une façon bien à lui de nous entraîner dans la dynamique du Royaume de Dieu. Il raconte des paraboles, petites ou grandes histoires tirées de la vie quotidienne, simples mais surtout pas banales. Ces paraboles nous font découvrir des points essentiels, surprenants, du Royaume de Dieu. Elles nous apprennent le regard de Jésus sur nous, sur le monde et nous mettent en mouvement. Oui, le commencement du changement avec Jésus est d’apprendre par lui à changer notre regard sur le monde.
C’est ce que je nous souhaite à tous.
Bettina Cottin
Seigneur, je suis comme un arbre ...
Chemin Faisant, février 2004
Seigneur, je suis comme un arbre
et j’ai besoin de racines,
d’une patiente nourriture
et d’une longue persévérance
pour que ma vie porte des fruits.
Enracine-moi en toi, par la confiance et l’espérance.
Seigneur, je suis comme un arbre,
et je voudrais parfois être comme les oiseaux
qui vont et viennent, qui changent de nids,
qui se déplacent avec légèreté.
Aide-moi à accepter d’être celui que je suis,
là où je suis.
Seigneur, je suis comme un arbre,
et je trouve les hivers longs
et les automnes douloureux.
Je rêve seulement de printemps fleuris et de récoltes.
Aide-moi à accepter ma vie comme elle est
avec ses temps morts et ses temps forts.
Seigneur, je suis comme un arbre,
et j’ai peur des vents qui arrachent mes branches
et de la hache des bûcherons, cruelle et lourde.
Rassure-moi, reste avec moi quand j’ai peur
et quand j’ai mal.
Sans toi je deviens sec et dur.
C’est toi, Seigneur, qui m’as planté,
arrosé, protégé jusqu’ici.
Je te fais confiance pour aujourd’hui
et pour demain.
Antonio Césari et Gérard Pella
(Trouvé dans Hokhma, N° 56/1994)
"Prière pour l'unité des chrétiens : une conviction ? une lassitude ? une exaspération ?"
Editorial de Chemin Faisant, janvier 2004
Au niveau des institutions de l'Église Réformée et de la Fédération Protestante de France, nous sommes profondément impliqués dans le mouvement oecuménique, tant dans les relations entre protestants que dans les projets avec les chrétiens d'autres confessions. Nous affirmons d'ailleurs qu'aucune Église ne saurait prétendre représenter à elle seule l'Église de Jésus-Christ. C'est dire que nous avons besoin des autres, et que cette fraternité ouverte fait partie de notre identité.
Mais il n'est pas rare que des réactions du genre "A quoi bon ?", "Ce ne sont que des discours de façade", "Attention de ne pas galvauder notre identité", "Il y a bien des problèmes plus urgents", "Tout cela ne mène à rien", s'expriment, que ce soit à la base de l'Église, parmi les personnes engagées ou même parmi les pasteurs. Faut-il répéter ici que bien des espoirs placés dans le dialogue avec l'Église catholique ont été déçus ? qu'il est très laborieux de concevoir des projets avec des communautés orthodoxes ? que nous nous sentons parfois "dépassés sur la droite" par des communautés évangéliques toutes nouvelles aux méthodes désinvoltes ? Et nous n'avons pas encore parlé de la complexité de la situation des communautés ethno-linguistiques (africaines, haïtiennes …), avec lesquelles des relations plus suivies sont en train de
s'établir, surtout dans notre région parisienne.
Les consolations de nos frères catholiques de bonne volonté, "Pensez à tout le chemin qui a déjà été parcouru", n'opèrent qu'à moitié. Nous voudrions savoir si cette prière pour l'unité a un sens … et si elle est utile à quelque chose dans ce monde qui connaît, en effet, des problèmes bien plus urgents.
Le thème de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens (18 au 25 janvier) de cette année :
"Je vous donne ma paix" (Jean 14, 27) pourra nous mener plus loin. Souvent, on accuse les religions d'être à l'origine des violences. Raison de plus pour nous de nous pencher sur la Bible et d'apprendre ce qu'elle nous dit sur la paix, de le mettre en pratique ensuite, entre Églises et à l'intérieur même de nos Églises ! C'est peut-être entre "frères" qu'il est le plus difficile de se rendre compte de nos conflits et d'oser les aborder et de les résoudre. Cela passe souvent par les exigences de la demande de pardon, de la réconciliation, mais aussi
du renoncement à certains avantages que l'on pourrait garder pour soi, sans pour autant renier une vérité que nous avons reconnue comme juste. La foi devrait nous en rendre capables !
A bientôt, peut-être, lors d'une des prières pour la paix et l'unité des chrétiens !
Bettina Cottin
Pour commencer, ...
Chemin Faisant, janvier 2004
Pour commencer, nous allons faire de petites choses faciles.
Petit à petit, nous nous attaquerons aux grandes.
Et quand les grandes choses seront faites, nous entreprendrons les choses impossibles.
François d'Assise
Fais-moi un cœur paisible
Sans exigence,
Reconnaissant de peu.
Et si mon jardin doit être une herbe seulement,
Fais-moi aimer cette herbe,
Mon Dieu.
"Noël - cadeaux"
Editorial de Chemin Faisant, décembre 2003
La première image qui vient spontanément à l'esprit quand on évoque la fête de Noël, ce sont des enfants déballant fiévreusement leurs cadeaux. Malgré l'offensive commerciale lancée depuis début octobre, malgré la saturation par toutes les publicités, malgré notre conviction que le vrai message de Noël est ailleurs, la joie devant un cadeau s'exprime chaque année avec la même fraîcheur, la même ferveur. Nous, les adultes, n'avons d'ailleurs pas oublié combien un cadeau fait plaisir ! Quand il est bien choisi, il nous parle, il parle de ce que nous sommes, de ce que nous aimons, de la personne qui nous l'a offert, et de l'histoire qui nous lie.
Est-ce que nous recevons avec la même joie et la même ferveur le cadeau incomparable et personnalisé que Dieu nous fait ? A Noël, nous fêtons la naissance de Jésus comme le cadeau de la présence de Dieu parmi nous, étonnante dans sa simplicité et son audace. Vivre en homme parmi les hommes et, pour de vrai, établir la source de la grâce et de l'amour au cœur de nos vies - Dieu pouvait-il imaginer un cadeau plus beau ?
Mais alors, qu'attendons-nous pour le montrer autour de nous, avec joie et fierté, comme le font les enfants pour leurs cadeaux ? Comment se fait-il que le cadeau le plus important de toute notre vie rayonne si peu autour de nous ?
Un de mes collègues de Paris a demandé dernièrement dans son cours de catéchisme, quelle était la fête la plus importante des chrétiens. Première réponse : "Halloween". Devant le mécontentement du pasteur, deuxième essai de réponse : "Hanuka ?". Tiens, de toute évidence, il y en a qui communiquent mieux que nous !
Parents, que dites-vous à vos enfants à propos du plus beau cadeau de votre vie ? Amis, qu'en dites-vous à vos amis ? La foi chrétienne, la communauté avec Jésus-Christ et la vie en Église n'est pas d'abord une culture ou "des valeurs". C'est avant tout ce que nous vivons personnellement, authentiquement, dans toute notre vie. C'est avant tout un témoignage non interchangeable, une décision de vie que l'on peut questionner, un engagement que l'on peut envisager de partager.
A Noël, avez-vous envie de parler autour de vous du plus beau cadeau que l'on vous ait jamais fait ?
A Noël, parlons-en ensemble …
Bien fraternellement à vous
Bettina Cottin
"Dieu caché"
Chemin Faisant, décembre 2003
Vous qu'a séduits une étoile mouvante
A délaisser toute chose certaine
Pour l'incertain d'une quête lointaine
Par je ne sais quelle neigeuse entente,
Mages ! Voyez au plus bas de la plaine
Celle de qui toute étoile est servante,
Celle pour qui toute étoile est ardente :
Larme tombée et perle souveraine !
Voici de Dieu la puissance et la gloire,
Son règne aux vains royaumes de l'histoire !
Voici la clef de la création !
Le Créateur devenu créature,
Le Verbe chair, et notre chair impure
Le lieu très pur de la rédemption.
Edmond Jeanneret, Matin du monde
"Sais-tu ce qui vieillit le plus vite chez les humains ?"
Editorial de Chemin Faisant, novembre 2003
Pas si fou que cela ce Diogène …
On a beau nous raconter qu’il vivait une vie ascétique et cela dans un tonneau…
On a eu beau le surnommer «cynique» en référence à tous ces chiens errant dans les rues d’Athènes (kunos en grec ancien veut dire «le chien»), et cela parce que Diogène comme ces chiens quêtait sa nourriture et pour en avoir, il savait se rendre mordant…
Cependant, ce qui fait que son souvenir s’est perpétué jusqu’à nous (Diogène est mort en –323), c’est son sens de l’à-propos. Diogène mendiait, mordait certes, mais Diogène savait parler. Et il ne mâchait pas ses mots. Un étranger de passage s’avance et l’interpelle : « Eh toi, philosophe, sais-tu ce qui est le plus beau au monde ? – le franc-parler répond Diogène. –Et ce qui vieillit le plus vite chez les humains ? – La bienveillance. Et toi, tu me casses les pieds !» ajoute le cynique.
Mordant, mais pas si fou que cela, ce Diogène…
Sous les coups de butoir de l’existence, la bienveillance en nous a tendance à vieillir vite, à devenir toute ridée, fatiguée, usée. La méfiance quant-à-elle s’assure une belle jeunesse !
En relisant les évangiles, j’ai été surpris de voir le nombre de fois où on nous dit que Jésus a été «ému» face à une personne lui demandant une parole, un geste de guérison. Ce terme «être ému» a été traduit à certains endroits de la Nouvelle Bible Segond par l’expression «faire preuve d’une tendre bienveillance». Face à une bienveillance vieillie avant l’âge, Jésus nous
est présenté comme celui vivant une bienveillance tendre et fraîche comme une pluie d’été. En ce sens, Jésus n’a pas été cynique, mais christique. Sa bienveillance est restée tendre parce que, sa vie durant, il a su vivre en recevant chaque jour ses forces de cette pluie (la Grâce) tombant du Ciel. Il était bienveillant non pas parce que les autres l’ont été envers lui,
mais parce que Celui qu’il appelait Père l’était envers lui. Et cela seul lui importait …
Le 15 novembre prochain, nos deux conseils presbytéraux se réuniront pour partager ensemble un temps de bilan sur les activités menées en commun durant l’année écoulée, mais aussi pour prendre un temps d’approfondissement sur ce que peuvent être les missions de l’Eglise aujourd’hui (et par ricochet les missions d’un conseil presbytéral au sein de cette Eglise…). Or, pour lancer la réflexion, une des premières missions de l’Eglise n’est-ce pas de vivre en son sein l’évangile pour que cette bonne nouvelle vienne rajeunir et rafraîchir notre bienveillance, de manière que le cynique qui sommeille en nous se transforme en quelqu’un de christique !
Luc-Olivier Bosset, pasteur
"Aller vers ..."
Chemin Faisant, novembre 2003
Aller vers…
S’étonner, rencontrer
L’Autre
À travers
D’autres,
Et l’amitié.
Aller vers…
Échanger, partager
La joie.
À travers
Les joies
Se retrouver.
Aller vers…
Cœur en fête, s’amuser.
Le bonheur
Multiplie
Les bonheurs
Faites la fête !
L.B 2003
"Quelle distance y a-t-il entre la Bible et nous ?"
Editorial de Chemin Faisant, octobre 2003
Aucune ( pour la lecture croyante, la distance peut être abolie)? 2000 ans ( le temps qui nous sépare de la naissance de Jésus Christ? 4000 ans (c'est l'âge des éléments culturels les plus anciens auxquels se référe la tradition biblique)? 3000 kilomètres (la distance entre l'Europe occidentale et l:e Proche Orient)? La distance entre la vie campagnarde et la vie citadine … (la vie quotidienne de la Bible se passe essentiellement en contexte rural)?
Voilà un extrait d'un questionnaire du catéchisme sur le thème de la Bible. Mais on se pose la question à tous les âges, chacun à la lumière de son expérience, de son savoir, de sa force et de son espérance. De ce fait, il n'y a pas vraiment de "bonne réponse". Mais chaque réponse invite à réfléchir et à discuter !
Le titre de l'exposition biblique qui a lieu au mois d'octobre, Il était une fois … La Bible semble suggérer la distance plutôt que la proximité entre la Bible et nous. En fait, il s'agit tout simplement de prendre en compte la dimension historique et littéraire de la Bible. Il s'agit de la lire comme un grand document de l'Histoire. En tant que tel, la Bible est accessible à tout le monde, sans condition préalable, et c'est cela le but de l'exposition et de notre initiative. Une certaine distance, ou un certain recul, est nécessaire pour laisser la place aux autres, pour ouvrir l'accès à la Bible y compris à ceux qui ne sont pas croyants.
Par contre, le sentiment de proximité domine là où il s'agit de notre foi. Les auteurs de la Bible ne pouvaient pas savoir que nous les lirions des siècles plus tard … et pourtant, parfois, il nous semble qu'ils aient écrit spécialement pour nous. Un dialogue s'installe entre nous et la Bible, et dans ce dialogue, il y a la Parole de Dieu.
La Parole de Dieu dans la Bible, malgré toute la distance historique et culturelle entre ses textes et nous, c'est la voix de Celui qui se fait proche de nous. Il se déplace, part à notre recherche pour nous offrir sa proximité, son amour, son salut. Cette voix est aussi un appel à répondre à cette offre à travers toute notre vie.
Je vous souhaite une bonne inspiration pour la lecture de la Bible,
Bettina Cottin
Prière pour que la Bible s'ouvre Chemin Faisant, octobre 2003
Notre Dieu,
il arrive que nous connaissions trop
toutes tes paroles et toutes tes histoires.
Elles deviennent alors
en nous
des refrains sans saveur, des récits sans intrigue,
des conseils sans autorité.
Ta Bible devient une exposition trop de fois visitée
pour que nous ayons encore envie de suivre le guide
et de regarder les tableaux.
Ta parole vive se transforme en ressassement mort.
Mon Dieu,
je voudrais qu'il en soit autrement.
J'aimerais que l'ennui du ressassement
cède le pas aux délices de la répétition.
J'aimerais que, semblable à une musique
dont les variations s'appuient au long de la même mélodie,
ta Parole devienne et redevienne la tonalité profonde de ma vie,
si bien que mes variations infinies
s'inscrivent dans le rythme même de ta révélation.
Notre Dieu, nous ne savons pas comment peut avoir lieu
cette métamorphose.
Mais nous en souhaitons la venue.
Amen
Trouvé dans : André Dumas, "Cent prières possibles", Cana, 1982 (2ème édition) ; extraits des pp. 154-155
Baptême et Cène dans les Églises de la FPF Chemin Faisant, septembre 2003
Le résumé ci-dessous reprend une partie des discussions entre Églises de la Fédération Protestante de France et les Assemblées de Dieu, candidats potentiel à la FPF.
La Charte de la FPF stipule que les Églises membres accueillent mutuellement leurs membres à la Sainte Cène ; mais elle ne précise rien par rapport aux baptême. En effet, certaines Églises ne reconnaissent pas le baptême d'enfants et rebaptisent les chrétiens d'autres Églises qui les rejoignent, ce qui n'est plus le cas, par exemple, entre catholiques et protestants.
Baptême
Les Baptistes pratiquent le baptême d'adultes par immersion ; mais le plus important est la confession de foi du candidat. L'âge à partir duquel on estime qu'une personne est "adulte", peut répondre d'elle-même, est estimé à 13/14 ans. Une personne baptisée petit enfant dans une autre Église rejoignant l'Église baptiste serait rebaptisée.
Églises Libres : La confession personnelle de foi et le baptême font le membre de l'Église ; la pratique (immersion ou aspersion) est variable. L'âge du baptême est plus souple, mais la sensibilité a évolué depuis 50 ans vers le baptême d'adultes. Une personne baptisée petit enfant dans une autre Église rejoignant l'Église Libre peut être rebaptisée, si elle le demande ; mais ce n'est pas obligatoire.
Église luthérienne : Le baptême fait le membre de l'Église. L'âge du baptême est variable, le baptême d'enfants prévaut traditionnellement. Une personne baptisée venant d'une autre Église ne sera pas rebaptisée.
Église réformée : On devient membre de l'Église par la confession de foi personnelle. Le baptême peut se situer après ce moment. L'âge du baptême est variable, traditionnellement baptême d'enfants, mais le baptême des catéchumènes prend une place importante. Une personne baptisée venant d'une autre Église ne sera pas rebaptisée.
Cène
Église baptiste : Les communiants à la Cène doivent avoir une foi personnelle et engagée. Certains jeunes, en parcours catéchétique, peuvent communier, sous la responsabilité des parents, quelque temps avant leur baptême.
Églises Libres : Pour communier, il faut répondre personnellement de sa foi et être, en principe, baptisé. Il faut être membre de l'Église ; mais on accueille aussi des personnes extérieures.
Église luthérienne : Tout chrétien baptisé et en situation de responsabilité de sa foi (confirmé) est admis à la Cène. Pour communier avec Jésus-Christ, il faut avoir la foi, sinon, la Cène n'aurait pas de sens.
Église réformée : Sont invités à la Cène tous ceux qui croient en Jésus-Christ. Dans certains cas, des personnes, adultes ou jeunes, en parcours de catéchèse, peuvent communier à la Cène (les enfants, sous la responsabilité de leurs parents ou accompagnés par un adulte de référence) avant d'avoir été baptisés.
Assemblée de Dieu : On rappelle avant la communion que les baptisés seuls sont admis à la Cène. Les personnes se lèvent pour signifier qu'ils prennent leur responsabilité personnelle.
Les Églises dites évangéliques ont toutes une discipline d'Église qui lie la Cène à une vie chrétienne responsable. Mais faut-il réserver la Cène à des "saints" ?
Un visiteur occasionnel sera en principe accueilli. Nous encourageons justement les chrétiens de se rendre visite les uns les autres. Les Églises évangéliques sont prêtes à accueillir les visiteurs à la table du Seigneur. Pour cela, ils sont priés de se faire connaître à l'entrée du culte !
Lieux et horaires des cultes :
Église libre de Deuil (37 rue Haute) : 10 h
Église libre de Bouffémont (28 rue Louise Michel) : 10h30
Église baptiste d'Épinay (127 av. de la République) : 10 h
Église luthérienne de St.Denis (29 bd Carnot) : 10h
Assemblée de Dieu, p.ex. Sarcelles (24 rue Marius Delpech) : 10 h, St.Denis (100 rue Paul Vaillant Couturier) : 10 h.
Prière de Michel Quoist Chemin Faisant, septembre 2003
Ô donne-moi, Seigneur,
la grâce de respecter les visages.
De ne jamais dé-visager,
en cherchant à saisir pour moi,
les beautés passagères,
ou cueillir au bord de leur chair vivante,
les fruits qui pour d'autres mûrissent.
Donne-moi de ne jamais fermer les yeux
sur des visages aux couleurs étrangères,
sur des visages obscurs et pour moi repoussants.
Et dans mon cœur de ne jamais désespérer,
encore moins condamner,
quand l'orgueil,
l'égoïsme ou la haine,
ont fabriqué sur des visages
des masques grimaçants pour carnavals de mort.
Donne-moi au contraire SEIGNEUR, le courage,
de ne jamais m'arrêter sur les rivages des visages,
rives attirantes,
ou tristes terrains vagues,
mais pèlerin de l'au-delà,
franchissant les frontières du visible,
donne-moi de rejoindre
la claire Source de Vie,
là où dans le lac paisible des cœurs
Ton image, lentement, se dessine.
Ô donne-moi surtout SEIGNEUR,
de regarder ces visages
un peu comme Toi,
jadis, les regardais,
lorsque ton évangéliste disait de Toi
Il le regarda et il l'aima.
Michel Quoist
(Trouvé dans : Les plus belles prières de Michel Quoist, Les Éditions de l'Atelier / Les Éditions Ouvrières, Paris 1998)
"Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis,
pour la gloire de Dieu." (Romains 15,7)
Editorial de Chemin Faisant, septembre 2003
Sommes-nous une paroisse accueillante ?
Je dois avouer que cette question m'angoisse quelque part. Chaque fois que quelqu'un de nouveau se présente au temple, on se demande si on a su être aussi souriant, aussi prévenant et accueillant que possible, si on a su donner à cette personne ce qu'elle attendait de nous.
Mais subtilement, la question de l'accueil glisse vers une tonalité plus égocentrique : quelle image de l'Église avons-nous donnée ? Avons-nous bien su faire comprendre à l'autre que nous sommes des gens ouverts, chaleureux et accueillants ?
Je pense qu'il faut savoir débusquer ce glissement et se libérer du souci pour soi, pour l'image que l'on donne aux autres. Le seul souci qui compte est de savoir si nous avons su témoigner, ne serait-ce qu'un petit peu, de l'amour de Dieu donné en Christ. La préoccupation prioritaire de ce témoignage de l'amour de Dieu nous libérera de nos angoisses, mais elle nous donnera en contrepartie des soucis nouveaux.
Libérés de nos angoisses, nous rencontrons les autres d'une façon toute simple, ouverts à ce qu'ils sont, à leurs difficultés mais aussi leurs joies et espérances. Nous n'essaierons ni d'en faire des clients ni des adeptes, mais nous les encouragerons à choisir eux-mêmes la place qu'ils jugent juste, par rapport à Dieu, et dans l'Église. Les personnes que nous sommes amenés à aider matériellement (p.ex. dans la diaconat) ont droit à autant de respect que tous les autres.
Mais l'amour de Dieu nous charge aussi d'un souci supplémentaire. C'est le souci de ne pas passer à côté d'une souffrance, de savoir écouter ceux qui doutent, de rester fidèles à ceux qui sont fatigués et chargés.
"Sommes-nous une Église accueillante ?" Et si les termes même de la question étaient dépassées ? La vraie question étant plutôt : Sommes-nous une Église disciple du Christ ? Savons-nous discerner la présence de Jésus-Christ, son appel, au milieu de nous, ou à l'extérieur de notre communauté ? Cette présence dans "le plus petit de nos frères", cette présence de Jésus-Christ solidaire de tout ce qui est humain, qui renouvelle et qui ressuscite ?
Découvrir la présence du Christ qui nous appelle est une tâche pour toute l'Église, à travers toutes les manifestations de sa vie. Appliquée en particulier au domaine des visites, nous voulons les partager d'une manière plus coordonnée entre pasteur et membres d'Église. Un groupe de visiteurs se met en place dans notre paroisse, et nous espérons ainsi pouvoir mieux répondre aux appels de toutes sortes, pour devenir ensemble une Église accueillante - non à notre propre gloire, mais à la gloire de Dieu !
A bientôt, dans la joie de vous rencontrer lors de cette rentrée,
Bettina Cottin
L'été : vacances, repos et engagement Editorial de Chemin Faisant, juin 2003
Pour le citadin contemporain, l'été est synonyme de (rêve de) vacances, de repos, de changement d'idées. Mais à la campagne, il renvoie aux travaux des récoltes. C'est pourquoi nos vacances d'été sont si longues, et l'étaient encore plus autrefois. En principe, en été, notre organisme est au mieux de sa forme. Alors : vacances actives, ou farniente ?
Chacun répond selon son tempérament, mais aussi selon ses moyens. Dans le contexte de la vie paroissiale, et des contacts du diaconat, nous voyons toutes sortes de situations. Des familles qui ont une résidence secondaire (et qui fréquentent à cette occasion une deuxième paroisse) en passant par les vacances familiales, amicales, les retours au pays, mais aussi les colonies de vacances, les camps de scoutisme, jusqu'aux personnes qui ne peuvent pas se permettre de partir ou simplement d'interrompre leur travail, ou encore aux malades ou personnes très affaiblies … l'éventail est large.
Pour ce qui concerne les vacances actives et solidaires, vous trouvez dans ce numéro de Chemin Faisant les annonces des camps du scoutisme unioniste, du "groupe de jeunes super motivé", mais aussi le projet du diaconat de payer un ou plusieurs séjours de vacances à des enfants de familles modestes, et enfin le programme du CPCV du séjour de vacances pour personnes âgées. N'oublions pas non plus le soutien de "Y's Men" aux Unions chrétiennes de jeunes gens en Hongrie, pour la réhabilitation d'une colonie de vacances au bord du lac Balaton, où des chantiers de bénévoles auront lieu tout l'été.
Si le rythme de la paroisse tourne au ralenti, du moins en apparence, nous voulons rester proches les uns des autres. Si donc vous vous sentez seul(e) cet été … n'hésitez pas à prendre contact avec les autres, qui le sont peut-être aussi ! La paroisse est toujours là, à travers vous, et avec vous.
Enfin, je vous souhaite de trouver, cet été, aussi bien le repos et le ressourcement, que la joie de l'engagement aux côtés de ceux qui ont besoin de vous. Que ces versets du Psaume 23 nous guident à travers l'été :
"L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige vers les eaux paisibles. Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom."
Bettina Cottin."
Il y a la mer…...
Chemin Faisant, juin 2003
Il y a la mer…..
Il y a la mer.
Quand tu y plongeras,
tu sauras un peu ce que veut dire renaître.
Il y a le soleil.
Quand tu te brûleras le corps,
tu sauras un peu comment
Dieu te connaît et t'aime.
Il y a le vent.
Quand il te décoiffera,
tu sauras un peu que l'Esprit souffle où il veut.
Il y a le sel.
Quand tu le goûteras sur tes lèvres,
tu sauras un peu que ta vie a un goût
que tu ne soupçonnais pas.
Il y a le silence.
quand tu parviendras à l'écouter
en toi tu sauras un peu du secret du monde.
Il y a le sable.
Quand tu le laisseras couler entre tes doigts,
tu sauras un peu le temps qui passe
et la patience de Dieu.
Paroisse Saint Pierre, Le Grau du Roi.
Trouvé dans : Vie et Liturgie N° 51, juin 2002
Nous rencontrer malgré nos différences,ou grâce à elles ? Editorial de Chemin Faisant, mai 2003
En ce mois de mai, nous vous invitons à notre journée de secteur intitulée "Se rencontrer différents : quelles missions au sein de nos paroisses ?" A l'occasion de ce rassemblement des cinq paroisses de notre secteur, nous voudrions vraiment prendre en compte la diversité culturelle et ethnique de nos paroisses de la banlieue parisienne, en vue de mieux vivre ensemble sous le signe de la Bonne Nouvelle.
Car notre source et référence commune est cette Bonne Nouvelle (Évangile) de la grâce de Dieu qui nous est donnée en Jésus-Christ. A partir de cette référence centrale, chaque culture développe son interprétation particulière et typée. Un sondage de La Fédération Luthérienne Mondiale sur l'actualisation du message de Luther a donné des résultats intéressants dans les Églises du monde entier. Par exemple, en Europe, on souligne la nouvelle impulsion pour le mouvement œcuménique. Aux États-Unis, le rôle de la théologie de la croix comme correctif possible contre le tribalisme à l'intérieur et le triomphalisme à l'extérieur. En Corée du sud, l'interprétation fertile de la pensée de Luther dans le cadre de cette pensée asiatique structurée autour de deux pôles qui, ensemble, constituent l'harmonie recherchée. En Afrique, la proclamation de la libération du pouvoir du diable est significative, mais aussi la proximité entre le langage imagé de Luther et la richesse des histoires symboliques des traditions africaines. Au Japon, l'ouverture possible vers une vision créative et plus souple de la société, nécessaire depuis longtemps.
Une Bonne Nouvelle, une Réforme … et quelle richesse d'interprétation !
Au sein de nos paroisses, d'autres différences encore jouent, risquent de nous diviser mais appellent aussi à chercher des solutions. Par exemple, le décalage entre les générations, dans leur style de vie, leur culture, leur langage, leur mode vestimentaire ou musicale. Ou encore la difficulté de faire se rencontrer durablement les familles d'un niveau de vie aisé et les familles en situation précaire.
La Bonne Nouvelle et la Réforme ne sont pas acquises une fois pour toutes. Elles sont toujours devant nous, nous appelant en avant pour les interpréter concrètement dans notre actualité. Nos différences sont l'appel aujourd'hui à nous rapprocher les uns des autres, car la Bonne Nouvelle sera d'autant mieux entendue que nous la dirons ensemble !
Bettina Cottin
Fais Seigneur ... Chemin Faisant, mai 2003
Fais, Seigneur,
se joindre toutes les mains,
pour rendre plus humain
le sol où tu insufflas la vie
à un homme que tu modelas.
Que nous prenions ta main noire,
Seigneur, pour que la terre
porte les fruits de l'espoir.
Que nous prenions ta main jaune,
Seigneur, pour que le monde
reste jeune
et que chacun
gagne dignement son pain.
Que nous prenions ta main blanche,
Seigneur, pour que les bourgeons
qui portent joie et justice
éclosent sur toutes les branches.
Que nous prenions ta main rouge,
Seigneur, à la croisée des chemins,
pour que les hommes de l'Afrique,
de l'Asie, de l'Europe, de l'Amérique,
de tous les temps, de tous les cieux,
cultivent ensemble
sur tous les continents
des chemins de développement,
des champs de prière
et de dévouement.
Nabil Mouannès (Liban)
paru dans Terre nouvelle N° 72, mars 1993,
et Mission, N° 32, avril 1993.
La résurrection contrastée et contestée Editorial de Chemin Faisant, avril 2003
La silhouette de l'homme se dessine à contre-jour, noir sur blanc. La lumière éblouissante qui vient de devant éclaire à peine, dans le noir de la tombe, les contours de ses bras grands ouverts. Pendant un instant encore, l'obscurité domine le tableau. Puis, très vite, la lumière prendra le dessus. Le Ressuscité rappellera toujours à notre mémoire qu'il a été crucifié. Et c'est justement là la difficulté : tenir ensemble les deux éléments de notre foi : la mort de Jésus et sa résurrection.
L'évangile selon Matthieu, que nous lisons cette année, donne à l'événement de la résurrection la dimension d'un des grands faits de l'histoire du salut, comme l'Exode ou le don de la Loi au Sinaï : tremblement de terre, présence lumineuse et intervention active d'un ange, et une place pour adorer Jésus dans sa qualité divine. Seule, la résurrection elle-même n'est ni décrite, ni racontée ; si nous nous posons la question "Que s'est-il passé ?", nous ne recevons aucune réponse. Quiconque arrive près du tombeau arrive déjà trop tard : le crucifié n'est plus là, il est déjà ressuscité. L'événement de l'histoire du salut est de ce fait transformé en dépassement de l'histoire du salut, ou anticipation de la fin de notre temps humain. La résurrection de Jésus marque la fin de notre temps et le début de la création nouvelle.
Mais il est une chose qui ne prendra jamais fin : l'identification de Jésus avec notre humanité et notre mort. Le Ressuscité reste à jamais le crucifié.
Ceux qui ont eu foi en Jésus durant les années humaines, ceux qui l'ont suivi en tant que disciples, sont aussi capables, maintenant, de croire en lui et de reconnaître en lui la présence de Dieu. Mais ceux qui, dans le temps, ont tout fait pour faire taire l'homme, ne peuvent pas accepter maintenant la résurrection. Ils transforment l'événement en une sordide histoire de vol de cadavre et de corruption.
Jusqu'à nos jours, la question nous reste posée : qu'est-ce que nous faisons de la résurrection de Jésus ? Arriverons-nous à tenir ensemble la solidarité de Dieu en Jésus avec notre souffrance, notre mort, et la voie ouverte de la vie qu'aucune mort ne peut tuer ? Ou en faisons-nous une petite affaire à notre mesure, à la hauteur de ce que nous sommes capables d'expliquer ?
Jésus le ressuscité nous appelle à le croire et à le suivre, en compagnie de beaucoup d'autres. Ouvrons-nous à son appel, dans les limites de notre histoire et dans la perspective de la nouvelle création.
Je vous souhaite à tous de vivre la joie de Pâques.
Bettina Cottin
La Bible, «Ancien» et «Nouveau» Testament Editorial Chemin Faisant octobre 2002
Le protestantisme nourrit sa foi de la lecture de la Bible. Toute la Bible ?
Là est la difficulté. Si certains textes et livres bibliques nous paraissent évidents, essentiels, lumineux, parfois même universels (pensons à 1 Corinthiens 13), d'autres nous rebutent, nous ennuient ou nous choquent. II nous faut alors des spécialistes pour nous expliquer certains passages difficiles. Ainsi, nous comprenons mieux.
Mais nous aurons toujours, dans la Bible, nos passages préférés et d'autres, moins aimés.
C'est naturel.
Une chose, pourtant, m'inquiète. C'est quand j'entends dire que seul le Nouveau Testament compte et que l'Ancien Testament est secondaire. Cela peut être une question de sensibilité : L'Ancien Testament, étant enraciné dans l'histoire politique de son temps, a beaucoup plus de récits violents. Mais le Nouveau Testament connaît aussi des violences - avez-vous lu Actes 5, 1-11 ? On entend souvent : «Le Dieu de l'Ancien Testament, c'est le Dieu de la vengeance, le Dieu du Nouveau Testament est le Dieu de l'amour.» Êtes-vous sûrs d'avoir tout lu ?
Je crois que, étant protestants, nous nous devons de ne pas avoir de jugements sommaires. Mais avant tout, nous ne pouvons pas amputer la Bible ! Tout est écrit pour nous enseigner, nous interpeller (même au prix de nous choquer), nous mettre en marche et nous annoncer l'amour de Dieu. Même à travers des histoires sombres - notre histoire est-elle tellement plus reluisante ? Or, c'est pour des gens comme nous que Dieu a conçu le salut, depuis toujours, de multiples manières, enfin en s'incarnant en Jésus. Mais Jésus ne se comprend pas sans l'Ancien Testament, qui d'ailleurs était la Bible qu'il lisait et à laquelle il n'entendait rien ajouter. Il ne faudrait peut-être pas dire «Ancien Testament», mais par exemple «Bible hébraïque», car c'est bien ce texte que nous avons en commun avec les Juifs.
Lisons résolument La Bible, en faisant les allers-retours fréquents entre les Testaments.
Nos groupes bibliques peuvent et veulent vous y aider. Et 2003, ce sera l'Année de la Bible.
Bettina Cottin
"L'œil ne peut pas dire à la main : "Je n'ai pas besoin de toi",
ni la tête dire aux pieds : "Je n'ai pas besoin de vous."
(I Corinthiens 12, 21)Editorial Chemin Faisant février 2002
Qu'y a-t-il en commun entre quelqu'un qui, dans un sous-sol, remplit patiemment des dizaines de sachets d'un kg de riz, et quelqu'un d'autre qui, penché sur son bureau, étudie un texte en hébreu ? Qu'y a-t-il en commun entre une personne qui fait faire un dessin en couleurs vives à un groupe de tout-petits, et une autre personne qui échange des souvenirs du temps de la dernière guerre avec une dame âgée ? Entre deux enfants qui courent entre les tables d'un repas de fête, et un adulte qui fait entendre à un auditoire de connaisseurs une fugue de Bach ? Entre quelqu'un qui proclame, plein de joie, le message de la grâce de Dieu, et un autre qui, plutôt sceptique, ou même révolté, pose des questions critiques sur la foi ?
Vous me direz : "C'est la vie qu'ils ont en commun", et ensuite : "Mais tout cela, ça se passe dans l'Eglise. C'est la vie de l'Eglise." En effet, toutes ces situations, et beaucoup d'autres, appartiennent à la réalité vivante que nous appelons l'Eglise, et que l'apôtre Paul compare ici à un corps, dans toute la complexité de son fonctionnement.
Cette complexité nous échappe parfois. Ce n'est pas grave ; l'essentiel est que tout se fasse à cause de Jésus-Christ et grâce à lui. Y compris le plus humble service, y compris aussi les actes administratifs…
Justement, nous préparons, pour le mois de mars, trois assemblées générales : l'Eglise Réformée d'Enghien, Jeunesse et Amitiés Protestantes, et l'Entraide ou Diaconat. Chacune d'elles sera l'expression d'une des dimensions de la vie dans la foi. Nous vous invitons à en mesurer toute l'étendue, à travers une présentation administrative, certes, mais qui est entièrement au service de cette vie !
Mais cette vie, ce corps, ne sont pas achevés et ne se suffisent pas à eux-mêmes. Il leur reste toujours cette ouverture qui s'exprime sous forme de manque : "Avoir besoin de…". Dans un corps, chacun des membres a besoin des autres. Dans l'Eglise aussi, et même plus : nous ressentons le manque de ceux qui ne sont pas là. Au nom du Christ, nous n'avons pas honte de vous dire : "Nous avons besoin de vous."
Bettina Cottin
Dire Dieu
Quand je dis "Dieu",
qu'est-ce que cela éveille au fond de moi,
sans même que j'y prenne garde ?
Quand je dis "Dieu",
quels souvenirs, quels rêves,
quelles images viennent se glisser entre lui et moi ?
Quand je te dis "Dieu",
quand je crois te parler, Seigneur,
à qui est-ce que je parle, vraiment ?
A toi, en vérité ? A toi, tel que je voudrais que tu sois,
A moi-même, au fond ?
Peut-être. Peut-être pas. Je n'en sais rien.
Voilà pourquoi je te le demande :
Viens toi-même me rencontrer.
Viens me rencontrer,
à nouveau ou pour la première fois.
Je dépose devant toi ma vie, toute ma vie,
et même ce qui dans ma vie est pauvre,
infirme, aveugle et boiteux.
Je dépose devant toi toute ma vie, telle qu'elle est,
pour t'accueillir, tel que tu es.
Laurent Schlumberger
trouvé dans "Évangile et Liberté
n° 156 - Juin 2002
La danse du semeur
Ma foi, je ne peux pas la transmettre à d'autres comme un médecin injecte un sérum en piquant son patient.
Ma foi, je ne peux pas la transmettre à d'autres comme un pompiste remplit un réservoir au moyen d'un tuyau.
Ma foi, je ne peux pas la transmettre comme des débardeurs transbordent des colis en se servant d'une grue.
Je ne peux pas fabriquer une pilule qu'il suffirait d'avaler pour avoir la foi.
Je ne peux pas expliquer ma foi, comme un professeur explique à ses élèves un théorème de mathématiques.
Je ne peux pas démontrer ma foi, comme un sage avocat démontre à un juge sceptique l'innocence de son client.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en laissant le Christ guérir ma vie désordonnée et pécheresse.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en priant pour les autres comme le Christ a prié pour Pierre.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en agissant avec amour à l'égard des malades et des affamés.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en pardonnant et en oubliant le mal que l'on m'a fait, comme le Christ, en croix, a pardonné à Ses ennemis.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en étant prêt à souffrir pour les autres, comme le Christ a souffert pour l'humanité.
Je peux seulement témoigner de ma foi, en refusant de me laisser abattre par les échecs, comme le Christ a refusé de se laisser détourner de Sa voie par l'incrédulité des hommes.
Je peux seulement témoigner de ma foi, par la puissance de l'Esprit Saint que le Christ nous donne.
J. Gnanabaranam
S’engager à long terme ? Editorial Chemin Faisant septembre 2002
Traditionnellement, le recrutement des bénévoles dans l’Eglise se faisait selon le principe : vous tendiez le petit doigt - on vous prenait tout le bras ! Ensuite les bénévoles y ont mis le holà et les choses ne se passent plus ainsi. La contrepartie de cette plus grande liberté des membres de l’Eglise est que nous avons maintenant beaucoup moins de bénévoles engagés…
Ce n’est pas l’envie qui manque. Beaucoup de personnes aimeraient faire quelque chose. La difficulté est de savoir jusqu’à quel point.
Notre rythme de vie tend à être de plus en plus mouvant et de moins en moins prévisible. Du même coup, les engagements se veulent de plus en plus à court terme, ponctuels et non permanents. Même sans aller jusqu’à l’extrême qu’il m’ait été donné d’entendre un jour : « Contactez-moi 24 heures à l’avance, et je vous dirai si je suis disponible ou non. », il est évident qu’une paroisse ne peut pas vivre uniquement avec des engagements en pointillé. D’autant moins que le fonctionnement protestant s’appuie sur la responsabilité personnelle et l’autonomie des différents responsables. Nous travaillons selon un projet ; nous n’exécutons pas des ordres.
Quel intérêt peut-il y avoir à prendre un engagement durable et à redonner un peu plus de stabilité à son emploi du temps ? Je citerai aujourd’hui trois raisons : acquérir une compétence - développer les relations humaines - approfondir sa foi.
La compétence dans un domaine s’acquiert le mieux quand on allie l’action et la réflexion. C’est pourquoi nos activités paroissiales sont accompagnées d’une formation. Cela paraît le plus évident dans la catéchèse ou dans l’action humanitaire.
Mais permettez-moi ici de prendre l’exemple du chant choral. Quand on progresse régulièrement dans sa pratique et formation musicale (quel que soit le niveau de départ et quelle que soit la vitesse du progrès), on a bientôt la satisfaction de réaliser ensemble quelque chose de beau. Ce n’est pas possible quand on se contente de fredonner une petite mélodie de-ci, de -là.
Les relations humaines s’ouvrent à une plus grande confiance mutuelle, quand on travaille en équipe. On apprend à compter les uns sur les autres et on sait que l’on pourra aussi dire et entendre les difficultés de la vie. Cette confiance ne se construit pas quand on est toujours de passage quelque part.
L’approfondissement personnel de sa foi dure toute une vie. L’engagement lui donne du relief. Dans la joie (se savoir partie prenante du projet de Dieu) ou dans la peine (ona parfois l’impression qu’on ne fait rien bouger malgré tous ses efforts), c’est toujours de nouveau une rencontre avec le Christ, lui qui a engagé toute son existence pour nous, et pour tous.
Dans la joie de vous revoir lors de cette rentrée.
Bettina Cottin
Reconnaissance Editorial Chemin Faisant, juin 2002
Ce mois-ci, les échanges entre nos deux paroisses voisines s'intensifient. Pour commencer, un échange d'éditoriaux : vous trouvez ci-dessous le message de Luc-Olivier Bosset, tandis que Bettina Cottin a écrit pour le "Bulletin de liaison" d'Ermont-Taverny. Un échange de chaire aura lieu le dimanche 9 juin. Les conseils des deux paroisses se réunissent pour une séance de travail commune le 1er juin. Enfin, prenez note de l'invitation à la fête d'été d'Ermont-Taverny, le 16 juin !
De l'Église qui se réunit chaque dimanche à Ermont et à Taverny
A l'Église qui est à Enghien,
A vous chers frères et sœurs en Christ
Grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ.
Lors du 17 mars dernier, au cours du culte festif qui marquait les 80 ans de notre communauté, un parchemin nous a été transmis par les mains de votre président de Conseil presbytéral, Christian Mégrelis. Un parchemin stipulant que votre paroisse donne définitivement à la nôtre les titres de propriétés des biens immobiliers de Taverny et d’Ermont, biens dont jusqu’à ce jour nous n’avions que la jouissance et la charge. C’est avec beaucoup de reconnaissance et à l’unanimité que notre assemblée générale, réunie le 7 avril dernier, a accepté cette donation.
Vous nous avez offert un parchemin …, permettez à notre tour de vous répondre en reprenant à peu de choses près les mots des vieilles et belles salutations débutant les épîtres néotestamentaires.
Oui, à vous grâce et paix…comme pour vous dire notre reconnaissance, car dans ce geste, nous percevons une confiance qui nous stimule à prendre notre avenir à bras le corps.
La grâce et la paix, voilà ce que nous avons à vivre, à cultiver dans nos relations en Église. Le soleil de la grâce et la paix que procure la pluie lorsqu’elle vient irriguer une terre qui se craquelle, voilà ce que nous avons chaque jour à recevoir de Dieu pour continuer à construire des relations vraies, fécondes et fraternelles.
Puissent cette grâce et cette paix circuler entre nous et rayonner autour de nous !
Luc-Olivier Bosset
|
|
|
 |